Nouveau client et pas des moindres pour Orasio. En effet, la startup française, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la vidéo, annonce la livraison de ses solutions d’analyse d’image à l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (Amiad), entité du ministère des Armées et des Anciens combattants. Cette dernière a été créée en mai 2024 sous l’impulsion de Sébastien Lecornu, alors ministre de la Défense, pour accélérer le déploiement de l'IA au sein du ministère et s’en servir de levier pour gagner les guerres de demain.

Si l’Amiad développe ses propres innovations autour de l’IA pour équiper les différents corps de l’Armée française, elle fait appel aussi à des startups de la défense comme Mistral AI, avec qui un accord-cadre a été signé en janvier, ou encore Orasio. Pour cette startup tricolore lancée l’an passé, c’est une belle reconnaissance pour son expertise et un levier pour passer la vitesse supérieure dans son développement. «Dans un domaine aussi stratégique que l’analyse d’image par intelligence artificielle, il est essentiel que les armées françaises puissent s’appuyer sur des solutions souveraines, dont le code, les modèles et l’architecture sont pleinement maîtrisés en Europe. Contribuer à ces capacités critiques engage pour Orasio une responsabilité industrielle majeure : la performance technologique doit aller de pair avec la sécurité, la traçabilité et l’indépendance stratégique», estime Florian Fournier, co-fondateur et CEO d’Orasio.

Un fondateur de PayFit à la tête d’Orasio

L’entrepreneur, qui est aussi l’un des fondateurs de PayFit, a lancé Orasio en 2025 avec Arnaud Delaunay, ex-Polytechnicien comme lui, et Fabio Gennari, ex-HEC et ex-ENA. Pour mettre leur startup sur les rails, le trico a bouclé l’an passé une levée de fonds de 16 millions d’euros. Le tour de table a été mené par le fonds français Frst, spécialiste de l’amorçage.

Avec cette société, l’objectif est de mettre au point des solutions d’intelligence artificielle permettant d’analyser et de détecter en temps réel des situations critiques dans des flux vidéo. Ainsi, la startup aide les militaires, les collectivités territoriales et les grandes entreprises à analyser automatiquement leurs images vidéo pour les alerter et les assister en cas d'événement anormal.

Plus précisément, il s’agit de travailler avec les entreprises qui exploitent les stades, les ports, les aéroports ou les gares, les services de police et de gendarmerie, et bien sûr les collectivités territoriales comme les villes ou les régions. Sur un théâtre de conflit, l’approche d’Orasio peut être utile pour identifier des comportements suspects dans une foule ou repérer une activité anormale autour d’un site sensible.

La défense montre les crocs dans la French Tech

La startup a vu le jour dans un contexte favorable pour son terrain de jeu. Alors que la défense était encore il y a quelques temps un sujet tabou dans la tech, la guerre en Ukraine a rebattu les cartes et obligé l’Europe à revoir sa stratégie militaire face à une menace russe de plus en plus forte. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, l’État muscle sa stratégie de souveraineté et de défense. Pour la French Tech, ce nouveau cadre redéfinit les opportunités de financement, d’industrialisation et d'accès aux marchés.

En France, l’écosystème tech a donné naissance à plusieurs startups prometteuses dans le secteur, à l’image de l’entreprise Harmattan AI, qui est devenue une licorne en janvier à la faveur d’un tour de table de 200 millions de dollars mené par Dassault Aviation. Un exemple qui devrait donner envie à Orasio de suivre cette perspective.