Avec 407 millions d’euros levés, février recule d’environ 23 % par rapport à janvier 2026 (529,6 M€), un mois fortement concentré sur Pennylane et Harmattan AI. En revanche, le mois signe un rebond clair par rapport à décembre 2025 (313,1 M€), avec une hausse proche de 30 %.
Il y a un an, la French Tech avait levé 288,4 millions d’euros : février 2026 progresse donc d’environ 41 % en montants, malgré une volumétrie légèrement inférieure (36 opérations aujourd’hui contre 39 en février 2025). Le ticket moyen grimpe mécaniquement : autour de 11,3 M€ en février 2026, contre environ 7,4 M€ un an plus tôt. Le marché n’est donc pas plus “profond” en nombre de deals, mais il est plus consistant en taille de tickets, avec davantage de tours intermédiaires.
La répartition par stades confirme la prudence persistante des investisseurs. En février, 25 tours d’amorçage ont été recensés, contre 7 séries A, 3 séries B et 1 série C. L’early stage représente près de 70 % des opérations, ce qui reste dans la continuité de 2025.
Mais la comparaison avec février 2025 montre un petit changement de structure. L’an dernier, on comptait davantage d’amorçages (29) et moins de séries A (6), avec 4 séries B et aucune série C. Février 2026, lui, affiche moins de seed mais un peu plus de séries A et, surtout, une série C qui n’existait pas l’an dernier à la même période. Sans signaler un retournement de cycle, cela suggère un potentiel second souffle sur les stades intermédiaires, là où 2025 avait souvent été dominée par l’amorçage.
L’IA reste présente, mais loin des mois dopés par des méga-tours
Ce mois-ci, 8 startups ayant recours à l’intelligence artificielle ont levé un total de 107 millions d’euros, soit un peu plus d’un quart des montants levés en février (environ 26 %). On est loin des mois où l’IA s'est imposée au sommet à l'aide de méga-tours, mais la thématique reste structurante dans plusieurs verticales.
En première ligne, on retrouve Naboo, une plateforme IA d'achats d'événementiels qui boucle une série B de 60 millions d’euros et capte à elle seule plus de la moitié du total “IA”. Vizzia, qui utilise des technologies de computer vision et d'IA pour aider les collectivités à détecter les dépôts sauvages de déchets. suit avec une série B de 30 millions d’euros.
Le reste du classement se compose de tickets plus modestes : Linkup (8,5 M€), Rivage (2,6 M€), Getinside (2 M€), Solaya (1,7 M€), Presage (1,2 M€) et OOrion (1 M€). La dynamique est typique de la période post-2022 : un ou deux leaders captent l’essentiel, et le reste s'articule autour de petits tickets.
Voici les levées de fonds des startups ayant recours à l'IA ce mois-ci :
La greentech explose, la deeptech reste locomotive
L'an dernier, la deeptech a été l’un des piliers avec environ 769,2 millions d'euros levés, soit près de 12 % du total. Février 2026 se place au-dessus de son rythme moyen de 2025 (environ 64 M€ par mois), confirmant une traction durable de la verticale malgré le resserrement global du capital-risque. La greentech, en revanche, change d’échelle : sur l’ensemble de 2025, elle totalisait environ 77,4 millions d'euros (un peu plus de 1 % du marché). Ce mois-ci, elle lève 81,3 millions d'euros à elle seule, soit davantage que son cumul sur toute l’année précédente. Le contraste avec février 2025 est encore plus saisissant : la greentech n’y pesait que 1,6 million d'euros.
Autre signal fort, la verticale RH se hisse en troisième position avec 61,4 millions d'euros. Là aussi, la comparaison annuelle est frappante : en février 2025, les RH n’apparaissaient pratiquement pas dans la photographie sectorielle du mois. Après l’énorme tour de 120 millions d'euros de Gojob à l’automne 2025, la verticale RH prouve qu’elle reste capable de générer des tickets significatifs dans un contexte de tension durable sur les recrutements et de recherche de gains de productivité.
La biotech et la cybersécurité complètent le top 5 à 42 millions d'euros chacune. La biotech est globalement stable sur un an (44,4 M€ en février 2025), ce qui confirme qu’elle continue d’attirer des tickets significatifs même dans un cycle prudent. La cyber progresse nettement (31,3 M€ en février 2025), signe qu’elle reste une verticale défensive où les investisseurs continuent de se positionner, souvent avec une logique de consolidation et d’internationalisation.
Île-de-France toujours dominante
Sur le plan géographique, l’Île-de-France concentre 314,2 millions d’euros sur 20 opérations, soit environ 77 % des montants levés en février. La domination francilienne reste donc très forte, à un niveau comparable à celui observé sur de nombreux mois de 2025, même si le dealflow est un peu plus diffus qu’en janvier, où la région captait plus de 80 % des fonds.
Derrière, l’Auvergne-Rhône-Alpes se place en deuxième position avec 39,5 millions d’euros répartis sur 5 opérations, confirmant sa régularité en tant que deuxième pôle français, notamment sur les sujets deeptech et industrie. La Provence-Alpes-Côte d’Azur complète le podium avec 25,3 millions d’euros sur 3 tours, dans la continuité d’une région qui a su se rendre visible sur la santé ou encore l’énergie.
La Nouvelle-Aquitaine suit avec 12 millions d’euros avec 3 opérations, tandis que le Grand Est apparaît grâce à un unique tour de 10 millions. Les Pays de la Loire (3 M€), l’Occitanie (2,6 M€) et le Centre-Val de Loire (327 K€) complètent un mois où plusieurs régions sont présentes, mais sur des tickets nettement inférieurs aux montants franciliens.