Troisième écosystème tech mondial derrière les États-Unis et la Chine, le Royaume-Uni n'est pas seulement un voisin géographique de la France. Pour les scale-ups françaises en pleine croissance, il représente une opportunité stratégique majeure. Avec une valorisation de 1 200 milliards de dollars, 185 licornes créées et plus de 16,2 milliards de dollars levés en 2024, le marché britannique affiche une attractivité qui ne se dément pas.
Londres, première étape de l'expansion internationale
Pour Ekimetrics, entreprise française spécialisée dans la data et l’IA au service de la décision commerciale et de la compétitivité des entreprises, le choix de Londres comme première implantation internationale en 2013 n'avait rien d'un hasard. "Le Royaume-Uni est un hub économique qu'aucune entreprise européenne ne peut ignorer si elle veut avoir un impact, tant en Europe qu'à l'international", explique Thierry Elmalem, General Manager et Senior Advisor d'Ekimetrics UK.
Un constat partagé par Pigment, scale-up française spécialisée dans les solutions de planification stratégique basées sur l'IA. Pour Rachel Phillips, Head of United Kingdom & Ireland chez Pigment, "Londres est un hub tech majeur qui se connecte facilement à Paris, où Pigment a son siège. C'était donc l'endroit naturel pour ouvrir notre premier bureau hors de France".
Le pari des deux entreprises s'est vite révélé payant. Ekimetrics affiche aujourd'hui 12 années consécutives de croissance à deux chiffres au Royaume-Uni, tandis que Pigment décrit le marché britannique comme "l'un de nos marchés à la croissance la plus rapide".

Le Royaume-Uni a l’ambition d’être un “AI Maker”
Le Royaume-Uni ne séduit pas uniquement par la taille de son marché. Son écosystème d'innovation et ses investissements massifs dans l'intelligence artificielle en font un terrain de jeu privilégié pour les entreprises technologiques. Avec plus de 44 milliards de livres d'investissements privés injectés dans le secteur de l'IA depuis 2024 et un “AI Opportunities Action Plan” doté de plus de 2 milliards de livres, le pays affiche de fortes ambitions, avec l’objectif de devenir un “AI Maker”.
Mistral AI, le champion européen de l'IA générative, n'a pas tardé à saisir cette opportunité. "Le Royaume-Uni a toujours été un objectif stratégique pour nous", confirme Audrey Herblin-Stoop, Vice-Présidente des Affaires publiques mondiales et de la Communication chez Mistral AI. "Dès nos débuts, nous avons recruté trois scientifiques britanniques hautement qualifiés, attirés par les universités de classe mondiale et le vivier de talents du pays".
Cette stratégie porte aujourd'hui ses fruits, avec des partenariats signés notamment avec HSBC, Tesco et King’s College London. "Notre partenariat avec HSBC, lancé en décembre 2025, illustre parfaitement comment l'IA peut transformer le secteur financier", explique Audrey Herblin-Stoop. Mistral AI déploie ses solutions d'IA d'entreprise pour améliorer les workflows et les services de la banque, tout en garantissant à HSBC la pleine propriété et le contrôle de ses données.

Le vivier de talents britannique, atout majeur
Au-delà des opportunités commerciales, c'est la qualité du bassin de talents qui séduit particulièrement les entreprises françaises. Le Royaume-Uni forme chaque année plus de 52 700 diplômés qualifiés en IA, le chiffre le plus élevé d'Europe.
"D'un point de vue recrutement, il y a des talents incroyables au Royaume-Uni, ce qui nous permet de constituer une équipe hautement performante pour mener la prochaine phase de croissance de l'entreprise", souligne Rachel Phillips de Pigment.
Cette qualité de talents s'accompagne d'une maturité du marché reconnue. "Les entreprises britanniques ont depuis longtemps démontré une forte maturité en matière de MMM (Marketing Mix Modeling), d'efficacité marketing et commerciale, et de data science", observe Thierry Elmalem d'Ekimetrics. Cette expertise britannique a même permis à l'entreprise française de se préparer à l'ouverture de son bureau américain en 2015.
Des ambitions de croissance soutenues
Les trois scale-ups françaises ne comptent pas s'arrêter là. Ekimetrics vise à faire du Royaume-Uni "l'un de ses marchés les plus stratégiques à l'échelle mondiale, non seulement en termes de taille, mais aussi d'influence". L'entreprise a passé en 2025 un cap majeur : 50% de son chiffre d'affaires mondial provient désormais de l'international, le Royaume-Uni étant un contributeur significatif.
Pour Mistral AI, les ambitions se concentrent sur le soutien à l'autonomie stratégique et l'accélération du parcours IA des organisations britanniques. "L'engagement du Royaume-Uni à faire progresser l'IA, notamment à travers des initiatives comme l'AI Opportunities Action Plan, crée des bases solides pour la collaboration", souligne Audrey Herblin-Stoop.
Pigment, de son côté, continue d'élargir ses équipes britanniques, avec des recrutements dans les ventes, le customer success et les partenariats. "Nous voyons une opportunité significative de tirer parti de la prospérité des grandes entreprises ici, particulièrement dans nos secteurs verticaux principaux : services financiers, retail, télécoms, sciences de la vie et médias", précise Rachel Phillips.
Vers une coopération franco-britannique renforcée
Au-delà des succès individuels, ces trois entreprises partagent une vision commune : celle d'une collaboration accrue entre les écosystèmes technologiques français et britannique. Leurs dirigeants ont d'ailleurs tous trois participé au Sommet UK-France de juillet 2025, signe de l'importance stratégique de cette relation bilatérale.
"Le succès continu dépend de notre capacité à nous aligner derrière une vision partagée pour construire des entreprises de classe mondiale capables de rivaliser à l'échelle planétaire", estime Rachel Phillips. "Cela nécessite d'aller plus vite en investissant dans des infrastructures partagées, en supprimant les frictions entre les marchés et en équilibrant soigneusement régulation et innovation."
Pour Jean-Baptiste Bouzige, CEO d'Ekimetrics, le partenariat avec les acteurs britanniques et européens de l'IA pourrait s'avérer déterminant. "D'un point de vue souveraineté, cela permettrait à l'Europe de se différencier sur la scène mondiale grâce à une expertise reconnue et à grande échelle dans les applications IA développées pour les métiers", estime-t-il.
Mistral AI partage cette vision d'autonomie stratégique, avec son initiative "Mistral AI for Citizens", conçue pour aider les gouvernements à exploiter stratégiquement l'IA au service de leurs citoyens. Une approche qui s'aligne parfaitement avec l'objectif britannique de favoriser les innovations locales.
Un écosystème britannique qui continue d'investir
Cette dynamique de croissance des entreprises françaises s'inscrit dans un contexte plus large d'investissements massifs du gouvernement britannique dans la tech et l'innovation. Avec 22,6 milliards de livres de financement public en R&D prévu chaque année d'ici 2029/2030, le Royaume-Uni envoie un signal fort aux investisseurs internationaux.
Les mesures de soutien se multiplient, avec notamment la création d'”AI Growth Zones” pour accélérer le développement des infrastructures IA, “National AI Research Resource” pour multiplier par 20 les capacités de calcul d'ici 2030, et un nouveau “Sovereign AI Unit” doté de 500 millions de livres.
"Le Royaume-Uni est l'un des marchés les plus avancés et les plus exigeants en matière de marketing, de données et d'IA. Cela en fait un environnement parfait pour ce qu'Ekimetrics fait le mieux : aider les dirigeants à prendre des décisions stratégiques meilleures et plus rapides", résume Thierry Elmalem.
La London Tech Week, qui se tiendra du 8 au 12 juin 2026, rassemblera d’ailleurs l'ensemble des acteurs de l'innovation britannique et internationale autour de tous ces enjeux liés à l'IA, à la cybersécurité et aux technologies émergentes.
Le service commercial de l’Ambassade du Royaume-Uni à Paris accompagne les entreprises françaises dans leur projet d’implantation. Cliquez ici pour en savoir plus.