Un nouvel acteur émerge dans le sillage d’Owkin. La startup parisienne Waiv annonce une levée de 33 millions de dollars pour accélérer le développement de ses tests diagnostiques en oncologie reposant sur l’intelligence artificielle. Le tour de table est mené par OTB Ventures et Alpha Intelligence Capital, avec la participation de Serena Data Ventures, Karista, Sista Fund et plusieurs investisseurs stratégiques. Le financement est composé majoritairement d’equity, à environ 85 %, complété par des financements non dilutifs.
Dirigée par Meriem Sefta, ancienne Chief Diagnostic Officer d’Owkin, la société développe des algorithmes capables d’analyser des images microscopiques de tumeurs pour mieux caractériser les cancers. « Avec l’IA appliquée aux images de pathologie, on peut aller beaucoup plus loin dans la caractérisation des tumeurs et mieux orienter les patients vers les thérapies qui leur sont adaptées », explique Meriem Sefta, CEO de Waiv.
Un spin-out qui illustre l’émergence d’une « mafia Owkin »
Avant de devenir une startup indépendante, Waiv était développée sous le nom d’Owkin DX au sein d’Owkin, la startup française valorisée aujourd’hui à près d’un milliard d’euros. L’activité fonctionnait alors comme une business unit dédiée aux diagnostics en oncologie. Au fil des années, cette entité a pris de l’ampleur. « Au début, nous étions quelques personnes à travailler sur ce projet. Aujourd’hui, nous sommes 47 et nous avons nos propres équipes d’ingénierie, de data science, de médical et de commercial », explique Meriem Sefta.
Cette évolution a conduit à la création de Waiv sous la forme d’un spin-out. Contrairement à un spin-off, où la nouvelle société est généralement créée avec le soutien et l’actionnariat de la structure d’origine, un spin-out correspond à une activité qui quitte une organisation pour devenir une entreprise autonome.
Dans le cas de Waiv, Owkin reste actionnaire minoritaire mais n’intervient pas dans la gouvernance opérationnelle. « On peut voir cela comme une incubation. Nous avons développé l’activité au sein d’Owkin pendant plusieurs années, puis l’oisillon a eu besoin de quitter le nid », résume la dirigeante. La séparation répond aussi à des logiques industrielles. « Nos cycles de développement et nos perspectives d’exit ne sont pas les mêmes que ceux d’Owkin », poursuit-elle.
Après la création de Bioptimus en 2024, également issue de l’écosystème Owkin, ce nouveau spin-out renforce l’impression d’une « mafia Owkin » qui commence à structurer. Comme dans d’autres grandes entreprises technologiques, l’entreprise commence à voir émerger autour d’elle une nouvelle génération d’entrepreneurs issus de ses équipes.
Diffuser les premiers tests et accélérer les collaborations pharmaceutiques
Les fonds levés doivent permettre à Waiv d’accélérer sur deux priorités. La première consiste à étendre l’adoption de ses premiers produits. La startup développe des tests capables d’identifier certains biomarqueurs directement à partir d’images de pathologie numérique, afin d’améliorer la stratification des patients atteints de cancer. « Nous avons déjà des solutions utilisées dans des laboratoires. L’enjeu est maintenant de générer davantage de preuves médicales et de programmes d’adoption pour les déployer à plus grande échelle », explique Meriem Sefta.
La seconde priorité concerne les partenariats avec l’industrie pharmaceutique. Waiv collabore déjà avec plusieurs grands groupes, notamment Merck et AstraZeneca, pour identifier de nouveaux biomarqueurs et améliorer les essais cliniques grâce à l’analyse de données médicales. « Une partie de notre activité repose sur ces collaborations avec les laboratoires pharmaceutiques. L’objectif est de continuer à étendre ces partenariats et de développer de nouveaux produits avec eux », précise la CEO.
Dès sa création, Waiv s’est positionné sur un marché international. « Nous ne pensons pas notre stratégie à l’échelle française. Les marchés clés pour nous sont les États-Unis et l’Europe », conclut Meriem Sefta.