Dans un secteur de l’intelligence artificielle particulièrement gourmand en cash, Mistral AI multiplie les annonces financières pour se donner les moyens de ses ambitions. Après avoir révélé en février un investissement de 1,2 milliard d’euros pour se doter de centres de données en Suède, la première décacorne française annonce aujourd’hui avoir finalisé son premier emprunt. Celui-ci a été souscrit auprès de Bpifrance, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, HSBC, La Banque Postale, MUFG et Natixis CIB.

Cette opération permet à Mistral AI de lever 830 millions de dollars en dette pour financer l’exploitation de son premier centre de données sur le sol français. Annoncé en marge du Sommet pour l’Action sur l’IA l’an passé, celui-ci sera situé à Bruyères-le-Châtel, dans l’Essonne, à une trentaine de kilomètres de Paris.

Une capacité totale de 200 mégawatts attendue fin 2027

Ce centre de de données doit être mis en service au cours du deuxième trimestre 2026. Ce dernier vise à offrir un terrain de jeu idéal pour l’entraînement des modèles (LLM) de Mistral AI et de ses clients. Reposant sur une infrastructure composée de 13 800 GPU Nvidia GB300, il devrait être doté d’une capacité de calcul de 44 mégawatts (MW). Une puissance complétée en 2027 par les centre de données suédois, qui doivent permettre d’offrir une capacité supplémentaire de 23 MW. Au total, Mistral AI entend sécuriser une capacité de 200 MW à travers l'Europe d'ici fin 2027.

Face à la concurrence des géants américains de l’IA, OpenAI et Anthropic en tête, l’entreprise tricolore mise sur son ADN européen et le segment B2B pour tirer son épingle du jeu. «Le développement de notre infrastructure en Europe est essentiel pour accompagner nos clients et garantir que l’innovation et l’autonomie en matière d’IA restent au cœur de l’Europe. Nous continuerons d’investir dans ce domaine, compte tenu de la demande croissante et soutenue des gouvernements, des entreprises et des instituts de recherche qui souhaitent construire leur propre environnement d’IA personnalisé, plutôt que de dépendre de fournisseurs de cloud tiers», indique Arthur Mensch, co-fondateur et PDG de Mistral AI.

En février, la décacorne tricolore a également annoncé sa toute première acquisition : la startup Koyeb, qui développe un fournisseur de cloud sans serveur. Un levier pour Mistral AI afin de constituer une sorte de «cloud IA». L’entreprise espère franchir le cap du milliard d’euros de revenus cette année.