Dans un monde ultra-connecté et mondialisé, la moindre information négative peut faire dérailler le cours bousier d’une entreprise, voire durablement écorner son image. Pour éviter une telle déconvenue, la startup Omniscient vient tout de sortir du bois.

Pour se mettre sur orbite, la jeune pousse annonce une levée de fonds de pré-amorçage de 4,1 millions de dollars menée par Seedcamp. Les fonds Drysdale Ventures, Plug and Play, MS&AD, Raise et Anamcara ont également participé à l’opération, tout comme Bpifrance et xdeck, un consortium international allant de la France au Japon en passant par les États-Unis.

3 failles majeures à corriger

Fondée en 2024 par Arnaud d'Estienne et Mehdi Benseghir, la société a vocation à devenir la vigie des dirigeants pour anticiper un bad buzz ou un avantage décisif pour un concurrent. Pour cela, elle scanne tout le «bruit» autour des entreprises pour identifier les marqueurs de réputation majeurs. L’enjeu est de taille puisque la société rappelle que la réputation représente en moyenne 30 % de la capitalisation boursière des multinationales.

Pour concevoir leur plateforme d’intelligence décisionnelle, les deux fondateurs ont pu s’appuyer sur leur expérience au sein de McKinsey, durant laquelle ils ont identifié trois lacunes majeures : la prolifération d’outils et de sources de données, des workflows trop réactifs et des processus limités par les capacités humaines. «Au fil de dizaines de missions chez McKinsey, le même constat s’imposait. Les organisations croulaient sous les données et peinaient à les traduire en décisions rapides et éclairées. Le coût est colossal : signaux manqués, opportunités perdues, réputation ternie et gestion réactive», souligne Arnaud d'Estienne, co-fondateur et PDG d'Omniscient.

Détecter les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent critiques

Omniscient vise donc à remédier à cette situation. Pour cela, la plateforme repose sur une architecture propriétaire d’agents IA spécialisés (réglementation, supply chain, intelligence concurrentielle…) qui synthétisent en temps réel les informations clés dans un tableau de bord. Pour mener à bien sa mission, la solution de la startup tricolore collecte et contextualise en temps réel des données issues de plus de 100 000 sources (médias, réseaux sociaux, web, audio, vidéo, canaux internes…). Objectif : détecter les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent critiques et n’entachent la réputation d’une entreprise ou de ses dirigeants. «Nous offrons aux dirigeants des clés de prise de décision et redonnons du temps aux équipes opérationnelles pour se concentrer sur l’essentiel. Les dirigeants ne peuvent plus se contenter des nouvelles d’hier», résume Arnaud d'Estienne.

La société, qui compte déjà Renault parmi ses clients, entend s’appuyer sur cette première levée de fonds pour étoffer ses effectifs, notamment en recrutant des ingénieurs. Elle prévoit également d’accélérer la cadence au niveau commercial et d’enrichir sa plateforme avec de nouvelles fonctionnalités pour proposer une aide à la décision encore plus poussée aux dirigeants, de manière à avoir toujours un coup d’avance par rapport à ce qu’il se dit sur eux ou la concurrence.