NeuroClues veut passer la vitesse supérieure à l’international. Pour cela, la société vient de réaliser une levée de fonds en série A de 10 millions d’euros menée par Teampact Ventures, le fonds qui réunit des sportifs comme Raphaël Varane, Nikola Karabatic, Aurélien Tchouaméni ou encore Ciryl Gane.
Le fonds belge White Fund, spécialisé dans la medtech, et le Fonds du Conseil européen de l’innovation (EIC) de la Commission européenne ont également participé à l’opération, tout comme les investisseurs existants, à savoir Invest BW, Leansquare et Wallonie Entreprendre. La précédente levée de fonds de NeuroClues remontait à avril 2024. Cette dernière lui avait permis de recevoir 5 millions d’euros.
7 pays européens
Fondée en 2020 par Antoine Pouppez, ancien cadre dans le groupe belge IBA (diagnostic et traitement du cancer), ainsi que Pierre Daye et Pierre Pouget, deux chercheurs de l’Institut du Cerveau, la medtech franco-belge développe une solution basée sur l’analyse du mouvement de l’œil afin de diagnostiquer des maladies neurodégénératives à un stade précoce. La solution prend la forme d’un casque, qui est capable d’enregistrer jusqu’à 800 images infra-rouges par œil et par seconde alors que le patient suit un point qui se déplace sur un écran.
De cette manière, ce dispositif permet d’analyser en quelques minutes les mouvements oculaires afin d’identifier des biomarqueurs précis, permettant de déterminer les troubles neurologiques (Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques…) plusieurs années avant l’apparition des symptômes cliniques comme la perte de mémoire ou les tremblements. Une solution que la jeune pousse présente volontiers comme un «stéthoscope du cerveau».
Le marquage CE en poche en janvier 2025, NeuroClues a pu déployer une trentaine d’appareils dans des établissements (hôpitaux universitaires, cabinets de neurologie privés, centres de recherche…) en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Pour affiner sa technologique, la medtech participe à plusieurs études, à l’image du projet «Iceberg» avec l’Institut du Cerveau à Paris pour étudier les facteurs prédictifs de l’apparition et de l’évolution de la maladie de Parkinson.
Un projet de base de données normative avec 25 000 participants
Désormais, la société prévoit de s’appuyer sur sa série A pour accélérer sa distribution commerciale en Europe et préparer le terrain pour se déployer aux États-Unis. Dans ce cadre, des recrutements sont en cours en France et des accords de distribution sont en train d’être signés dans la région EMEA. Pour impliquer les particuliers dans son développement, NeuroClues a décidé de compléter son tour de table avec une tranche limitée à 1,5 million d’euros sur LITA.
«Cette série A valide notre technologie et notre capacité d’exécution : certification CE en cinq mois, premiers déploiements commerciaux en quelques semaines et un projet de base de données normative avec 25 000 participants», se réjouit Antoine Pouppez, PDG de NeuroClues. Avant d’ajouter : «A mesure que notre ensemble de données s’enrichit, notre solution les aidera à identifier des pathologies spécifiques plus tôt et avec plus de précision que jamais. C’est là où nous nous dirigeons.» L’enjeu est de taille alors que les maladies neurodégénératives touchent 1 personne sur 3, mais restent difficiles à diagnostiquer. De plus, le nombre de personnes touchées par la maladie de Parkinson dans le monde devrait doubler pour atteindre 13 millions d’ici 2040.