Davantage de commandes publiques, des visas simplifiés et une préférence européenne dans les marchés : Mistral AI avance une série de 22 propositions pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle en Europe. La startup française, devenue en quelques mois l’un des principaux porte-étendards européens de l’IA générative, alerte sur un “fossé technologique grandissant” avec les États-Unis et la Chine.
"L'Europe est confrontée à un fossé technologique grandissant, qui rend ses citoyens, ses entreprises et ses gouvernements de plus en plus dépendants d'une domination étrangère", a déclaré le patron de l'entreprise, Arthur Mensch, cité dans ce document. "La concurrence des États-Unis et de la Chine est féroce, mais l'Europe n'est pas un marché à dominer", a-t-il ajouté.
Parmi les mesures proposées, Mistral AI plaide pour la création d’une “AI blue card”, un titre de séjour simplifié pour attirer les talents internationaux, sur le modèle de la carte bleue européenne. En vigueur depuis 2009, cette carte bleue européenne, délivrée aux travailleurs hautement qualifiés dans les secteurs pouvant manquer de personnel, reste peu utilisée en dehors de l'Allemagne.
Privilégier des infrastructures locales
L’entreprise appelle également à intégrer une préférence européenne dans les marchés publics liés à l’IA et au cloud, ainsi qu’à instaurer des incitations fiscales pour encourager l’utilisation d’infrastructures locales. Autre axe clé : la donnée. Mistral propose la création d’une base européenne centralisant les œuvres tombées dans le domaine public afin de faciliter l’entraînement des modèles.
Au-delà de ces mesures, la startup esquisse une ligne politique claire : faire émerger une IA européenne moins dépendante des technologies étrangères, en s’appuyant davantage sur la commande publique et des infrastructures locales.
Valorisée 11,7 milliards d’euros, Mistral AI a récemment levé 830 millions de dollars de dette pour financer la construction d’un centre de données en France. L’entreprise vise désormais plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2026.