Décollage imminent pour Aura Aero ! La société toulousaine, qui développe des avions de nouvelle génération, vient de boucler une série B de 50 millions d’euros avec Safran Corporate Ventures, le bras armé financier du géant français de l’aéronautique, de l’espace et de la défense, EDF, le Fonds du Conseil européen de l’innovation (EIC) de la Commission européenne, Innovacom, Florida Opportunity Fund, Bpifrance et Blast, le club d’investissement d’Anthony Bourbon. L'opération est complétée par 120 millions d'euros de subventions et 170 millions d'euros de dette pour construire des usines. Au total, ce sont donc 340 millions d'euros qui ont été sécurisés par Aura Aero.
Créée en 2018 par trois anciens ingénieurs d’Airbus (Jérémy Caussade, Fabien Raison et Wilfried Dufaud), la société toulousaine ambitionne de devenir un nouveau fleuron tricolore de l’aéronautique avec ses avions électriques conçus pour la formation et le transport régional de passagers. Aura Aero a ainsi développé l’Integral, un avion biplace destiné à la formation et à la voltige), et surtout l’ERA, son avion régional hybride-électrique de 19 places.
Premier en vol en 2027 pour son avion régional à propulsion hybride
L’appareil, doté d’une autonomie de 1 500 kilomètres, doit permettre à l’entreprise de partir à l’assaut du marché des court-courriers, qu’elle estime à 5 000 appareils dans le monde dans les 15 prochaines années. L’entreprise française assure que l’ERA réduit les émissions de CO2 jusqu’à 80 % par rapport aux avions thermiques dans sa catégorie.
Début mars, l’avionneur toulousain a annoncé la signature de la première commande ferme pour ce modèle, mais le carnet de commandes pourrait rapidement se garnir davantage. Et pour cause, près de 700 intentions de commandes émanant de 16 compagnies et opérateurs internationaux ont été formulées.
Pour viser une mise sur le marché de l’ERA d’ici 2030, Aura Aero doit encore franchir plusieurs étapes importantes, à commencer par un premier vol en 2027 et surtout l’obtention de la certification en 2028. Des essais avec un premier prototype doivent débuter d’ici la fin de l’année.
Des usines en France et aux États-Unis
En attendant, l’entreprise basé à l’aéroport de Toulouse-Francazal se dote de capacités industrielles pour lancer la production en série de ses avions. Une usine doit ainsi voir le jour à Cugnaux, sur le site de Francazal pour produire 150 aéronefs par an (50 Integral, 100 ERA). Un site, prévu pour être mis en service en 2028, qui nécessite un investissement supérieur à 100 millions d’euros.
De l’autre côté de l’Atlantique, un premier site a été inauguré en octobre 2025 à Daytona Beach (Floride), au sein du campus de l’université Embry-Riddle, pour l’assemblage final de l’Integral. Et ce n’est qu’un début puisqu’une nouvelle usine de 50 000 mètres carrés dédiée à ERA doit sortir de terre d’ici 2028.
Des avions, mais aussi des drones militaires
Cette série B doit ainsi permettre à Aura Aero d’accélérer le passage de l’entreprise, qui compte près de 250 salariés, à l’échelle industrielle. «Nous sommes en train de construire bien plus que des avions : nous construisons un nouvel acteur industriel européen. Cette étape nous donne les moyens de tenir nos ambitions technologiques et surtout de les produire à l’échelle», se réjouit Jérémy Caussade, co-fondateur et président d’Aura Aero. Dans le sillage d’Airbus, c’est peut-être un nouvel acteur majeur de l’aéronautique européenne qui est en train de prendre son envol du côté de Toulouse.
Outre ses avions, le constructeur toulousain a également créé une branche militaire, pilotée par le général Stéphane Mille, ex-chef d’état-major de l’armée de l’air, pour développer une gamme de drones à destination des armées françaises et à l’export. L’entreprise a d’ores et déjà présenté Enbata, son premier drone militaire de 17 mètres d'envergure. Un appareil qui pourrait avoir du succès en pleine course au réarmement en Europe face à la menace russe.