Le métier d’operating partner a le vent en poupe. Depuis 2019, leur nombre en France a été multiplié par 170 selon les données du livre blanc Deloitte x I&S Adviser intitulé « L’operating partner en 2026 : un pilier au cœur de la réussite des stratégies de transformation et de performance » et paru en avril 2026. Connu principalement pour le moment dans la sphère entrepreneuriale et financière, il est en train de devenir un maillon clé de la création de valeur économique en France. Derrière plusieurs succès d’entreprises se cachent de plus en plus ces hommes de l’ombre. Ils œuvrent aux côtés des dirigeants à la manière des sparring partners aux côtés des sportifs de haut niveau.

Un tel engouement vaut au métier de nombreux prétendants parmi les professionnels en quête d’un nouveau projet et élan. Mais le temps où l’on pouvait s’autodéclarer operating partner est révolu et ce pour plusieurs raisons. Gagnant ses lettres de noblesse, le métier se structure, comme il en a été par le passé pour les coachs, managers de transition et consultants. Simultanément, les chefs d’entreprise qui réfléchissent à se faire accompagner ainsi que les gérants de fonds demandent désormais des garanties sur les compétences et la légitimité des operating partners. Enfin, face à un environnement économique dont les règles bougent avec la fin de la suprématie de l’ingénierie financière au profit d’une construction de valeur par l’excellence opérationnelle, ce métier ne peut plus être une fonction d’opportunité, il requiert un profil, des compétences et une posture spécifiques.

L’operating partner, nouveau pilier de la création de valeur

De quoi parle-t-on ici ? En premier lieu, cela signifie que, pour devenir operating partner, il est nécessaire d’avoir soi-même dirigé une entreprise et piloté son développement, avec ses hauts et ses bas. Ce métier correspond tout particulièrement à des chefs d’entreprise qui ont assumé le risque économique et financier et partagent ce vécu et ce type d'expérience avec le dirigeant accompagné.

Un métier qui exige expérience, posture et résultats

Ensuite, un operating partner a non seulement une vision et une approche globale de l’entreprise, mais maîtrise aussi les sujets relevant de la gestion et du management. Surtout, il a une culture de l’engagement sur résultats. La création de valeur étant la finalité de son intervention, il n’hésite pas à définir des indicateurs chiffrés avec le dirigeant pour dire si oui ou non son intervention atteint l’objectif visé (augmentation du chiffre d’affaires ou de l’EBITDA, finalisation d’une levée de fonds, acquisition d’une entreprise, cession d’une activité ou d’un site, etc).

La posture est le troisième critère regardé. Un operating partner ne gère jamais l’entreprise à la place du dirigeant, il guide son action en se basant sur ses connaissances et retours d’expérience dans le but d’atteindre l’excellence opérationnelle et d’atteindre les objectifs. Il est donc fondamental quand on devient operating partner d’accepter de jouer un rôle secondaire et de ne plus être aux commandes – ce qui est loin d’être évident quand on a soi-même été à la tête d’une entreprise. Développer son humilité et sa capacité d’écoute est essentiel.

L’operating partner s’impose comme un partenaire stratégique durable

En fin de compte, qu’il soit indépendant ou qu’il travaille au sein d’un fonds d’investissement, la vocation de l’operating partner est claire : il épaule un dirigeant de PME ou d’ETI dans le but de sécuriser la création de valeur et d’assurer un développement pérenne à l’entreprise. S’éloignant de l’effet de mode, l’operating partner s’impose en tant que partenaire stratégique de long terme pour la résilience et la croissance durable. C’est pourquoi il devient particulièrement nécessaire de formaliser les compétences, les méthodes et les standards qui permettront de créer durablement de la valeur mesurable et alignée avec les attentes croissantes des dirigeants, des fonds et des LPs.