Revolut veut accélérer son ancrage en France. À l’occasion du sommet Choose France, organisé ce lundi à Versailles par l’Élysée, la fintech britannique va procéder à un nouvel investissement dans l’Hexagone. Selon nos informations, Revolut va injecter 100 millions d’euros supplémentaires en France d’ici 2030, au-delà de l’enveloppe de plus d’un milliard d’euros annoncée lors de la précédente édition de Choose France.

L’an passé, la banque numérique avait notamment fait part de son intention d’investir massivement dans le pays afin de disposer des fonds propres supplémentaires nécessaires à l’obtention d’un agrément bancaire français. Ce dossier serait en bonne voie, selon nos informations. Ce nouvel investissement doit permettre à Revolut de créer 200 emplois supplémentaires, principalement dans les domaines de la lutte contre la fraude financière et du développement commercial. Ces recrutements porteront ses effectifs en France à 650 salariés.

Pour la fintech britannique, l’Hexagone représente désormais son premier marché européen, avec plus de 7 millions de clients. Revolut espère même franchir le cap des 10 millions de clients en France dès cette année. Une ambition qui illustre le poids grandissant du marché français dans la stratégie internationale du groupe.

Paris, nouveau centre de gravité européen de Revolut

Cette montée en puissance s’incarne aussi dans l’ouverture prochaine de son nouveau siège parisien. Revolut doit s’installer l’année prochaine dans un espace de 2 400 mètres carrés, situé rue Réaumur, dans le 2e arrondissement de Paris, au cœur du “Silicon Sentier”. Cette antenne doit devenir son hub central pour l’Europe de l’Ouest.

Depuis Paris, Revolut pilotera notamment la France, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Irlande et le Portugal, soit un bassin de plus de 25 millions de clients. “Avec plus de 25 millions de clients, l’Europe de l’Ouest est désormais la région la plus importante de Revolut mais aussi celle qui connaît la croissance la plus rapide, et elle recèle encore un potentiel considérable inexploité. La France est au cœur de cette dynamique positive, c’est pourquoi nous avons choisi Paris pour y installer notre siège régional”, indiquait il y a quelques semaines Antoine Le Nel, directeur de la croissance et du marketing chez Revolut.

Avant de s’offrir ce siège en plein cœur de Paris, Revolut avait déjà commencé à structurer son antenne française. La banque britannique a notamment recruté Frédéric Oudéa, ancien directeur général de Société Générale, au poste de président pour l’Europe de l’Ouest. Il épaule Béatrice Cossa-Dumurgier, passée par BNP Paribas et par le conseil d'administration de Société Générale, nommée l’an passé à la direction générale de cette branche.

Un objectif mondial de 100 millions de clients

Pour Revolut, dirigée par Nikolay Storonsky, tous les voyants semblent au vert. La banque britannique profite d’une forte dynamique commerciale, alors que l’un de ses principaux rivaux européens, N26, a vu sa gouvernance bouleversée l’an passé avec la mise en retrait de son patron historique.

Au niveau financier, Revolut a passé la barre des 5 milliards d’euros de revenus en 2025, contre 3,7 milliards en 2024. Elle est désormais valorisée 75 milliards de dollars. À l’échelle mondiale, la banque britannique veut désormais franchir la barre symbolique des 100 millions de clients dans les prochaines années.