Il ne s'agit pas d'un départ contraint. Gojob, la scale-up aixoise de recrutement et d'intérim par IA, a choisi de se retirer du Next40 à l'initiative de son fondateur, à quelques jours de la révélation de la nouvelle promotion. Un geste d'autant plus significatif que Pascal Lorne est lui-même l'un des artisans de ces programmes : co-fondateur de la French Tech nationale et fondateur de la French Tech région Sud, il compte parmi ceux qui ont porté le FT120 et le Next40 auprès du ministère, il y a une dizaine d'années. « C'était une démarche très militante de ma part de rentrer dans le FT120, puis le Next40 », reconnaît Pascal Lorne, CEO de Gojob.
Ce que ces programmes ont apporté, Pascal Lorne le résume sans détour. La visibilité auprès des investisseurs français et étrangers, d'abord. « Dans la foulée de chacune des annonces de nouvelles promotions, on reçoit des dizaines d'appels spontanés de fonds, français comme étrangers », dit-il. L'attractivité pour recruter des talents, ensuite. Deux leviers qui ont accompagné la trajectoire de Gojob, d'une jeune pousse peu connue à une scale-up présente sur trois continents, avec un chiffre d'affaires de 220 millions d’euros qui devrait encore presque doubler cette année selon le fondateur.
Une nouvelle phase, une nouvelle posture
La sortie du Next40 s'inscrit dans un changement de cap plus large. Fin 2024, Gojob est devenu rentable. Dans la foulée, le management s'est renforcé au capital et a fait entrer Persol, holding d'investissement japonaise et deuxième acteur de l'intérim au Japon avec 9 milliards d'euros de chiffre d'affaires, pour 120 millions d'euros. Les investisseurs historiques, dont Breega, Kois ou Alter Equity, ont cédé leurs parts à cette occasion. Persol est devenu le premier actionnaire, avec plus de 50% des parts, Pascal Lorne reste le deuxième actionnaire, quant à la gouvernance, elle n'a pas bougé.
« Nous sommes dans une phase industrielle maintenant, celle d'une boîte mature », résume Pascal Lorne. Le projet demeure identique : appliquer l'IA au marché du travail pour réduire les frictions du recrutement et élargir l'accès à l'emploi. La plateforme revendique plus de 3 millions de candidatures traitées en 2025.
Laisser la place, et peut-être investir
La sortie volontaire du Next40 n'est pas sans précédent. Mirakl a fait un choix similaire, estimant que d'autres entreprises en avaient davantage besoin. Gojob s'inscrit dans la même logique. Pascal Lorne indique réfléchir à investir dans de jeunes pousses du secteur RH pour « alimenter l'écosystème ». Une façon, pour un fondateur qui a contribué à bâtir ces programmes autant qu'il en a bénéficié, de faire tourner la machine dans l'autre sens.