La question, depuis l’essor de l’IA générative, est sur toutes les lèvres : combien d’emplois l’intelligence artificielle va-t-elle détruire dans les années à venir ? ManpowerGroup, qui est bien placé pour observer les évolutions du monde du travail en accompagnant à la fois des entreprises, leurs employés et toute personne en recherche d’emploi, défendra cette année à Vivatech une autre vision du sujet. 

Pour Valérie Beaulieu-James, Chief Growth & Innovation Officer, la peur de la disparition des emplois tend en effet souvent à masquer un phénomène bien plus concret et observable. “On est très souvent binaire lorsqu'on parle de l'IA par rapport à l'emploi, constate-t-elle. On agite en permanence ce chiffon rouge, et je pense que c'est une façon simpliste de poser le problème. La question actuellement, ce n'est pas ‘est-ce que l'IA détruit l'emploi’, mais comment transforme-t-elle déjà en profondeur le monde du travail.”

Une transformation en profondeur pour les entreprises 

Cette mutation, en effet, n’a plus rien de théorique. En France, plus de six salariés sur dix utilisent déjà l’IA plusieurs fois par semaine dans leur activité professionnelle, selon le Boston Consulting Group. L’outil est entré dans les pratiques quotidiennes, et ce, bien au-delà des seuls métiers techniques. 

Du côté des entreprises, fini, la phase “de frénésie” désordonnée où l’on voulait “faire de l’IA” à tout va, sans trop y réfléchir en amont. Nous serions entrés dans une nouvelle étape, celle de la maturité. “Les organisations cherchent désormais à comprendre ce qu’elles peuvent réellement en attendre, et surtout, quels sont les cas d’usage sur lesquels l’IA va apporter une valeur ajoutée claire”, souligne à ce sujet Valérie Beaulieu-James.

Les dirigeants auraient compris qu’il ne s’agit “pas seulement d’une transformation technologique, mais aussi organisationnelle.”

Certaines activités sont simplement automatisées, notamment les tâches répétitives. D’autres sont accélérées, comme l’analyse de données ou la production de synthèses. D’autres encore évoluent dans leur nature même, en combinant intervention humaine et assistance algorithmique. “Nous proposons aujourd’hui, et grâce en partie à l’IA, des cartographies aux entreprises pour qu’elles puissent définir quelles tâches entrent dans telle ou telle catégorie, quelles seraient les compétences à développer dans leurs équipes, ou sur quels postes ils auront des besoins de recrutement à l’avenir”, illustre la Chief Growth & Innovation Officer.

L’IA vient bouleverser jusqu’aux processus de recrutement

Dans ce contexte global de transformation des entreprises, ManpowerGroup martèle ce message : “Human first, digital always.” La technologie ne serait pas une fin en soi, mais plutôt un outil au service de l’humain qui, sans ce dernier, “n’aurait pas de valeur intrinsèque”. 

Paradoxalement, l’IA vient d’ailleurs parfois même contribuer à ré-humaniser certaines tâches et procédés. Prenons l’exemple des ressources humaines et de ses nouveaux “recruteurs augmentés”, comme on les surnomme.

“Quand on reçoit 200 emails pour une même fiche de poste, c’est difficile de prendre le temps de répondre : cela dépasse les capacités humaines classiques. Grâce à l’intelligence artificielle, on peut prévoir un email qui confirme la bonne réception d’une candidature : ça ne paraît pas être grand chose, mais c’est agréable de savoir que tout est bien envoyé et reçu, c’est rassurant”, raconte Valérie Beaulieu-James.

Autre exemple développé par le groupe : des formulaires automatisés ou des formats conversationnels, conçus sur-mesure, pour apprendre à connaître les candidats au-delà de leur seul CV. On dépasse ainsi le simple “résumé des compétences”, pour identifier les réels atouts d’un profil, et donner sa chance, peut-être, à des candidats qu’on n’aurait pas retenus autrement.

Démos, job dating, pitchs de startups… le programme de ManpowerGroup à Vivatech

Partenaire de Vivatech depuis les débuts de l’événement, ManpowerGroup viendra y présenter cette année des démos très concrètes de ces applications IA dans le monde du travail. Sur son stand, on découvrira des outils mis au point par le groupe, mais aussi des startups innovantes du secteur. Sélectionnées parmi les 200 et quelques candidatures reçues pour le Startup Challenge, ces dernières viendront pitcher leurs solutions centrées sur l’IA appliquée au travail, au recrutement et à l’expérience candidat.

Plusieurs temps d’échange avec des clients et partenaires sont également prévus sur place, sur les différentes scènes de VivaTech ou sur le stand ManpowerGroup, autour des problématiques d’inclusion, de diversité, d’orientation et d’accompagnement.

Et après s’être adressés aux entreprises et aux acteurs de l’innovation, le groupe s’attachera le samedi à dialoguer avec une autre audience : le grand public. Une journée dédiée aux conseils pratiques pour rédiger son CV, réussir ses entretiens, réfléchir à une reconversion, et également un “job dating”, conçu comme un speed dating amoureux, mais 100% professionnel cette fois, viendra ainsi clôturer l’édition 2026 de Vivatech pour ManpowerGroup.