Ils viennent de toutes les régions de France et se sont emparés des sujets les plus ambitieux : les six lauréats du prix Next Innov 2026, organisé depuis neuf ans par Banque Populaire, en partenariat avec Maddyness, luttent contre le mal de dos (SC Medica - FFX), les intolérances alimentaires (Tolergyx), les PFAS (Treewater), les accidents maritimes (SEA.AI), le cancer (One Biosciences) et les maladies chroniques instables des personnes âgées (Epoca)
Ces entrepreneurs, qui ont tous déjà bouclé des essais cliniques ou convaincu leurs premiers clients, ont pitché jeudi 11 juin au 38ème étage de la tour BPCE, devant un parterre de personnalités de l’écosystème tech : la ministre Anne Le Hénanff, Maya Noël (France Digitale), Laurence Petit (CEA), Marie Geneste (Sista), Charlotte Corbaz (Bpifrance), Jérôme Billé (France Innovation), Nathalie Mercier-Perrin (Cluster Maritime français), Caroline Neyron (Mouvement Impact France) ou encore Armand Thiberge, le président du jury cette année, CEO fondateur de la licorne Brevo.
La vue depuis la tour de Jean Nouvel avait de quoi donner le vertige, mais les objectifs des finalistes aussi ! Un exemple avec Bruno Cedat (Treewater) qui a « mis au point un procédé d’électro-oxydation qui détruit 99,9 % de PFAS dans les effluents industriels, sans produire de déchets et en consommant trois fois moins d’énergie ». Bruno n’envisage rien de moins que de devenir leader mondial. « On a un cru exceptionnel », a souligné Anthony Clément, directeur du développement Entreprises et professionnels Banque Populaire de BPCE.
Les six vainqueurs ont remporté les prix de la Mention internationale, prix Healthtech, prix Agir pour l’Eau, prix Croissance, Coup de cœur du public et Grand Prix. Ils repartent avec une dotation partagée de 80 000 euros, l’accès à des plans médias et à des réseaux spécialisés et pour certains d’un accompagnement d’experts pour accélérer leur croissance.
On a parlé d’IA, bien sûr. « L’IA fera forcément du mal, mais si elle peut aussi nous servir pour faire du bien, il faut y aller ! a lancé Solenn Gouerou (SEA.AI), très applaudie. Sa solution permet de sauver des vies en mer, grâce à des IA entraînées pour distinguer débris flottants, bouées, bateaux, mammifères marins…
« On voit de l’IA dans beaucoup de ces projets, on entend des craintes aujourd’hui, mais l’IA rend aussi possibles de nombreux cas d’usage, permet d’aller plus vite et de lancer de nouveaux projets », a renchéri Armand Thiberge. Qui a souligné le critère le plus important à ses yeux, lorsqu’il s’agit d’attribuer un prix : « Je regarde le ou les entrepreneurs qui portent le projet. Car il faut beaucoup d’énergie pour vendre, pour être un leader et pour convaincre des investisseurs. »
Derrière les entrepreneurs, un collectif solide
Sur les douze finalistes, on comptait quatre projets de santé. « Un nouveau médicament, c’est 10-15 ans et 2 milliards pour arriver jusqu’au patient, a souligné Catherine Martre (France Biotech) : les entrepreneurs ont besoin d’être soutenus. »
Marianne Vergnes, à l’initiative et pilote du concours, mais aussi Responsable du marché des entreprises de croissance pour les 12 Banques Populaires régionales, a rappelé à quel point le collectif est important pour aider les entreprises innovantes à se développer : « Nous travaillons depuis dix ans avec l’écosystème, pas seuls dans notre coin et encore moins contre les autres ! Pour mettre en visibilité les startups, pour infuser cette pensée d’innovation, nous mobilisons tous les acteurs, comme on peut le voir ce soir. Les startups sont porteuses de solutions, : elle font du bien au moral et au pays ! » Et quand on regarde le French Tech Next40/120, c’est une entreprise sur deux qui est accompagnée par Banque Populaire a rappelé le groupe.
Elisabeth Moreau, DG de Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, l’a confirmé : « On fait ce métier pour ça : découvrir des aventures entrepreneuriales qui émergent et les accompagner. La Banque populaire est née de la jonction de chefs d’entreprise qui ont créé une coopérative il y a plus de 100 ans. » Le groupe organise aussi des prix régionaux, 600 candidats, 80 finalistes et une trentaine de lauréats.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique, est restée pour assister aux pitchs : les finalistes étaient déjà « passés sur gril » l’après-midi, mais ils sont tous remontés sur scène pour présenter leur projet en une minute chrono. La ministre a salué l’engagement de Banque Populaire et de ses partenaires, estimant que « ce que notre pays produit de plus précieux, ce sont des femmes et hommes qui transforment une idée en entreprise et une ambition en création de valeur ».
Pendant longtemps, a-t-elle rappelé, « on a parlé de la French Tech comme d’une promesse mais on est très loin d’une promesse, on est dans l’action. Les startups aujourd’hui, ce sont 20 000 entreprises et 500 000 emplois en France. Elles créent des emplois. Vous êtes la preuve que la France peut faire émerger des technologies très pointues, en prenant en compte l’environnement et les aspects sociaux : ce sont des avantages concurrentiels. »
L’enjeu est désormais « de passer à l’échelle dans la compétition mondiale, pour créer des champions et des leaders mondiaux - tout en affirmant nos valeurs qui, je l’assume, ne sont ni celles des Chinois, ni celles des Américains. »
Le palmarès complet :
Epoca, Grand Prix Next Innov
Epoca veut permettre aux personnes âgées de vieillir sereinement à domicile. Sa plateforme de télésurveillance s’appuie sur des dispositifs connectés et une équipe spécialisée en gériatrie disponible 24/7, afin d’anticiper les décompensations et sécuriser le maintien à domicile.
Tolergyx, Prix Healthtech
Fondée en 2025, Tolergyx s’attaque aux allergies alimentaires grâce à sa plateforme d’immunothérapie digestive GIDOIT®. Ce programme, issu de quatorze années de recherche académique, vise à induire une tolérance durable en agissant directement dans le tube digestif. Son premier programme vise l’allergie à l’arachide, un marché à fort besoin médical.
Treewater, prix Agir pour l’eau !
Entreprise issue du CNRS, Treewater a conçu Electrotate pour lutter contre les PFAS, les « polluants éternels ». Son dispositif d’oxydation électrochimique rotative combine électrocoagulation et électro-oxydation pour détruire définitivement les polluants dans les effluents industriels, sans ajout de réactif et avec une consommation d’énergie divisée par 3.
SEA.ai, prix Croissance
SEA.AI rend la navigation plus sûre grâce à des caméras et une IA embarquée capables de détecter, de jour comme de nuit, des objets que ni l’œil humain ni le radar ne détectent : débris, bouées, bateaux, personnes à la mer ou encore mammifères. 1200 systèmes sont déjà déployés dans le monde.
SC Medica FFX, Mention Internationale
Basée à Strasbourg, SC Medica FFX est spécialisée dans la chirurgie du rachis et FFX®, un dispositif permettant un implant ultra mini-invasif pour soulager la douleur dorsale.
One Biosciences, Coup de cœur du public
One Biosciences veut démocratiser l’oncologie de précision grâce à l’analyse de biopsies à l’échelle de la cellule, associée à l’intelligence artificielle. Les équipes transforment des prélèvements de routine en rapports détaillés pour orienter les décisions médicales en moins de deux semaines, permettant à chaque patient de recevoir le traitement le plus adapté..
En savoir plus sur le prix : Prix Next Innov - Prix Next Innov 2026