Bionyra Pharma développe des biothérapies destinées aux maladies inflammatoires à médiation immunitaire, en priorité la dermatite atopique, plus connue sous le nom d'eczéma sévère, et les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), qui regroupent notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
La Biotech officialise ce lundi 22 juin sa création, plusieurs mois après son immatriculation, sans avoir communiqué sur son existence jusqu'ici. La société, basée à Paris, annonce dans le même temps une levée de fonds de série A sursouscrite de 140 millions d'euros. L'opération est menée conjointement par Jeito Capital et Sofinnova Partners, avec la participation d'Arkin Bio, Sanofi Ventures, Sixty Degree Capital, Vives Partners et Apollo Health Ventures.
Sur le succès de la levée, sursouscrite, Frédéric Marrache, CEO de Bionyra, reste discret sur l'objectif initial mais détaille les raisons avancées. « Le succès tient à un projet solide scientifiquement, porté par une équipe crédible », estime-t-il, évoquant aussi le rôle des investisseurs initiaux. « Un syndicat d'investisseurs initiaux a rapporté énormément de crédibilité au projet », ajoute le dirigeant, qui mentionne notamment Sofinnova Partners. « C'est la plus grosse levée de fonds jamais réalisée pour une série A en France dans la biotechnologie, et la plus importante en Europe depuis le début de l'année », avance Frédéric Marrache.
Un constat médical à l'origine du projet
Frédéric Marrache est gastro-entérologue de formation. Il a complété son parcours par une période dédiée à la recherche en partie aux Etats-Unis, puis par un MBA, avant de rejoindre Sanofi où il a passé une dizaine d'années au sein du département développement clinique, sur le segment des maladies immunologiques et inflammatoires.
C'est de ce passage chez Sanofi que vient le constat de départ. « Pour les formes les plus sévères de ces maladies immunologiques ou inflammatoires, la réponse des patients aux médicaments existants ne dépasse pas 50% », explique Frédéric Marrache. Pour ces patients, le besoin de nouvelles molécules reste donc important.
L'entreprise a été fondée avec Sofinnova Partners, qui a financé l'amorçage du projet. « Avec Sofinnova, nous partagions le même constat sur ce besoin médical. On a construit ce projet ensemble, depuis la sélection des molécules jusqu'à la structuration de l'équipe », résume Frédéric Marrache.
Le dirigeant situe cette levée dans un mouvement plus large du secteur. « Il y a une accélération dans la découverte de nouveaux candidats médicaments à travers le monde », estime-t-il, citant les progrès scientifiques sur les modalités thérapeutiques et des capitaux plus importants dans le secteur pharmaceutique. Il mentionne aussi l'émergence de nouvelles régions comme la Chine. Sur l'intelligence artificielle, il reste mesuré. « Le développement de l'intelligence artificielle apporte des bénéfices incrémentaux. Ce n'est pas encore le grand bouleversement qu'on espère, mais on voit déjà les progrès permis », nuance-t-il.
Trois molécules en développement clinique
Les fonds levés serviront essentiellement à financer les études cliniques des trois molécules du portefeuille de Bionyra. « Faire des études cliniques est extrêmement coûteux », rappelle Frédéric Marrache. « Il faut fabriquer le médicament, puis organiser des études d’abord avec des volontaires sains, ce qui est déjà en cours, puis avec des patients », détaille-t-il.
Le calendrier reste long. Le dirigeant évoque un horizon moyen de six à huit ans entre l'entrée d'une molécule dans des essais chez l'humain et sa mise sur le marché, en distinguant les trois phases cliniques classiques : la phase 1 qui vérifie l'absence de risque chez des volontaires sains, la phase 2 qui évalue l'efficacité et la dose chez les patients, et la phase 3, plus longue, qui permet d'enregistrer le médicament auprès des autorités de santé.
Bionyra compte aujourd'hui une vingtaine de salariés et prévoit d'atteindre 25 à 30 personnes d'ici la fin de l'année.