Créée en 2021 par Julien Rouzé et Jérémie Veg, deux anciens de Capgemini, Sopht vient de lever 7,5 millions d’euros auprès de Ternel, Axeleo Capital, Wind Capital et un nouvel entrant, FDJ United Ventures. L’opération comprend 5 millions d’euros en fonds propres. La startup, qui compte une quarantaine de collaborateurs, développe une plateforme destinée à optimiser les coûts et l’empreinte environnementale des infrastructures IT. Elle revendique une cinquantaine de clients, parmi lesquels LVMH, BNP Paribas, E.ON ou encore la NHS britannique.
Avant de lancer l’entreprise, les deux fondateurs travaillaient chez Capgemini sur les collaborations avec les startups. « En travaillant chez Capgemini, on a rapidement identifié le Green IT comme un sujet stratégique. Cela faisait converger des ambitions entrepreneuriales et des convictions personnelles autour de l'écologie et du numérique », explique Julien Rouzé, cofondateur et CPO de Sopht. Les deux associés se positionnent alors comme « le bras armé de l’efficience environnementale et financière des systèmes d’information ».
L’IA remet la facture IT sous pression
Le contexte a changé depuis la première levée de 3,3 millions d’euros réalisée en 2024. Entre tensions géopolitiques et ruée vers l’IA, les directions des systèmes d’information se retrouvent confrontées à des injonctions parfois contradictoires. « Beaucoup de DSI portaient des convictions environnementales fortes. Puis l’IA est arrivée avec des injonctions venant de l’externe et du top management. Ils se sont retrouvés à concentrer leurs investissements d’innovation sur ces sujets », observe Julien Rouzé.
Pour la startup, cette nouvelle donne renforce encore plus la nécessité de mieux piloter les infrastructures numériques. Selon Gartner, les dépenses IT mondiales devraient atteindre 6 310 milliards de dollars en 2026. Dans le même temps, près de 29 % des dépenses cloud seraient gaspillées. La plateforme consolide les données issues du cloud, des datacenters ou encore des postes de travail afin d’identifier les gisements d’économies et les leviers de réduction d’impact. « Nous sommes un data product. Nous avons automatisé toute la chaîne, de la collecte des données jusqu’aux recommandations », commente le cofondateur.
Cap sur l’Allemagne et le Royaume-Uni
Au-delà des enjeux financiers et environnementaux, Sopht estime que la question de la résilience des infrastructures devient stratégique. L’explosion des besoins liés à l’IA accentue la pression sur certaines matières premières, notamment les terres rares, dont une grande partie du raffinage est aujourd’hui concentrée en Chine. « On entre dans une phase de résilience. Nous travaillons avec des clients qui sont heurtés par des chocs géopolitiques et des problématiques d’approvisionnement », souligne Julien Rouzé.
Les fonds levés serviront notamment à enrichir la plateforme et à accélérer l’expansion internationale. « Nous souhaitons nous développer fortement en Europe », affirme le cofondateur. La société revendique également une première référence aux États-Unis et entend s’appuyer sur ses partenaires intégrateurs pour poursuivre son développement à l’international sans avoir à investir directement dans des équipes locales.