«C’est la conférence IA qui connaît la plus forte croissance en Europe, voire dans l’histoire.» Ces mots très forts sont ceux d’Eric Schmidt, l’ancien patron de Google, et cette conférence qui le fascine, c’est le Raise Summit. En à peine deux éditions, l’événement s’est imposé comme une référence dans le monde de la tech sur le segment de l’IA ô combien saturé ces dernières années.
Avec une bonne dose de panache, pour ne pas dire de culot, Hadrien de Cournon et Henri Delahaye ont réussi à créer un format qui séduit les têtes pensantes de l’IA aux quatre coins du monde. Dans un marché de l’événementiel B2B où la concurrence fait rage, ce pari gagnant de ces deux amis d’enfance impressionne. Et les deux compères n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin. D’autant plus qu’ils ont eu droit à de sacrés honneurs ces derniers mois, surtout à New York.
Hadrien de Cournon et Henri Delahaye, les loups de Wall Street
Et pour cause, Wall Street a célébré les fondateurs du Raise Summit le 30 avril dernier. Sur l’estrade où les entreprises les plus prestigieuses célèbrent leur entrée en Bourse dans la capitale mondiale de la finance, Hadrien de Cournon et Henri Delahaye ont fait sonner la cloche de clôture de la session du jour. Un honneur suffisamment rare pour des Français pour être souligné, et encore plus pour deux jeunes loups qui ont créé une conférence il y a seulement dix ans.
Hadrien de Cournon, tout sourire au moment de sonner cette cloche légendaire, se pince encore pour y croire deux mois plus tard. «Après la première édition, le New York Stock Exchange (NYSE) est venu nous voir. Ils appréciaient notre travail. Brian Bauman (fondateur de NYSE Wired, ndlr), et John Furrier (co-fondateur du média SiliconANGLE, ndlr) étaient partants pour venir à notre événement et réaliser des interviews sur place. Ils ont apprécié l’expérience et nous avons discuté avec eux à plusieurs reprises par la suite. Il y avait l’envie d’être partenaires sur le long terme et on voulait donc quelque chose de plus ambitieux pour 2026», raconte le co-fondateur du Raise Summit.
30 avril, jour de gloire dans le temple de la finance mondiale
Finalement, c’est à la mi-avril que cette improbable virée américaine à Wall Street s’est concrétisée. «Après des mois d’échanges, nous avons reçu un message de Brian disant que nous pouvions sonner la cloche à la clôture de la session du 30 avril au New York Stock Exchange. C’était un peu last minute, mais évidemment qu’on était disponible !», confie Hadrien de Cournon.
Deux semaines plus tard, il était donc dans l’avion avec son associé et quelques membres de son équipe. Une fois sur le sol américain, ce fut le début de 24 heures dans une autre dimension. «On a atterri vers 20h la veille à New York. Et là, Brian me demande où sont les 200 invitations pour demain. Mais on était à peine quatre ! Brian me dit alors que ça va être exceptionnel et qu’il faut un maximum de gens. Du coup, on a envoyé des invitations à tout notre réseau, notamment nos amis et partenaires qui sont à New York», indique-t-il.
«Le lendemain de notre venue, c’était au tour de l’équipage d’Artemis II !»
Ce 30 avril, voilà donc Hadrien de Cournon et Henri Delahaye dans le saint des saints de la finance mondiale. «C’était une journée exceptionnelle mais je ne comprenais rien à ce qui nous arrivait avec le jet lag. Il y a tout un cérémonial à suivre. On m’a demandé de prononcer un discours avant d’aller sonner la cloche mais je n’avais rien préparé. Il fallait aussi signer le livre où figurent les personnes qui ouvrent et ferment le New York Stock Exchange. Le lendemain de notre venue, c’était au tour de l’équipage d’Artemis II !», lâche avec un grand sourire Hadrien de Cournon. «A 16h, on tape 3 fois sur la cloche avec Henri devant notre petit groupe et les personnes du trading desk. C’était assez fou ! Puis il y a eu un dîner avec l’équipe du NYSE et nos partenaires à New York. C’était le dernier moment de plaisir avant le rush final vers le Raise Summit», ajoute-t-il.
Cette journée hors du temps s’accompagne de quelques bonus, puisque les fondateurs du Raise Summit disposent désormais d’une adresse email NYSE et des mêmes avantages que les entreprises qui réalisent leur IPO à Wall Street. Les deux entrepreneurs tricolores peuvent ainsi réserver des salles de réunion ou organiser des événements au cœur du symbole de la finance américaine. «C’est un bon moyen de célébrer des étapes majeures pour notre conférence. Brian et John veulent qu’on le refasse l’année prochaine pour Machina. Ce serait super !», lance Hadrien de Cournon.
Machina, une nouvelle conférence dédiée à la robotique
Machina, c’est le nom du tout nouvel événement des fondateurs du Raise Summit, qui se tiendra à la veille de la conférence le 7 juillet à Station F, après un week-end de hackathon chez La Maison de Motier Ventures. Ce nouveau rendez-vous sera dédié à l’IA physique. Comprenez plutôt : les robots ! Ces derniers, largement mis en avant cette au CES de Las Vegas et à VivaTech, commencent très sérieusement à se démocratiser. S’ils envahissent déjà les usines dans leur version industrielle, les robots humanoïdes pourraient bien débarquer à notre domicile dans quelques années.
Dans ce contexte, le lancement de Machina vise à compléter le spectre du Raise Summit pour faire la jonction entre le software et le hardware dans l’IA. «Machina, c’est le point de convergence entre l’IA généraliste et l’IA robotique. A mes yeux, c’est une rampe de lancement idéale pour le Raise Summit. L’événement dépasse déjà toutes nos attentes, avec plus de 1 000 participants qui ont validé leur inscription. Il y aura vraiment le Top de l’IA physique et robotique, avec notamment des pointures de Google DeepMind et Boston Dynamics. On veut vraiment proposer le panorama le plus représentatif de l’IA physique», explique Hadrien de Cournon. «Créer un nouvel événement demande une attention considérable et un travail très important», ajoute-t-il.
Dîner de prestige au Château de Versailles
Ce sommet dans le sommet laissera la place le soir venu à dîner de gala dans le cadre prestigieux de L’Orangerie du Château de Versailles. Près de 800 personnes y sont attendues. «On aura la crème de la crème de notre confiance, avec nos speakers, des investisseurs, des personnalités politiques, des corporates… Il y aura même un feu d’artifice à la fin», sourit Hadrien de Cournon.
Le Château de Versailles, c’était déjà le lieu choisi par la Paris Blockchain Week pour organiser son dîner VIP en avril dernier, où était d’ailleurs présent Adam Back, un informaticien britannique désigné dans une enquête du New York Times comme étant le véritable créateur du bitcoin, qui se cache depuis le début sous la dénomination Satoshi Nakamoto. Rien d’étonnant à ce que les deux conférences aient choisi le Château de Versailles. Et pour cause, les fondateurs du Raise Summit collaborent avec Michael Amar, fondateur de la Paris Blockchain Week.
Une dernière édition au Carrousel du Louvre avant de déménager au Palais des Congrès
Après ce dîner dans l’antre de Louis XIV, c’est au Carrousel du Louvre que le gratin mondial de l’IA se retrouvera pour une 3e édition à laquelle 9 000 personnes doivent participer, contre près de 2 000 lors de l'édition inaugurale en avril 2024. Le milliardaire Mark Cuban, Yann LeCun (AMI Labs), Charlie Kawwas (Broadcom), Mark Hura (Oracle), Arthur Mensch (Mistral AI), Scott Wu (Cognition), Lin Qiao (Fireworks AI), Sachin Katti (OpenAI), Guillaume Princen (Anthropic), Amin Vahdat (Google) ou encore Anton Osika (Lovable) figurent parmi les speakers prévus pour livrer leur regard sur les derniers développements autour de l’IA et se projeter vers les prochaines étapes de cette révolution technologique.
Il s’agira de la deuxième et dernière édition au Carrousel du Louvre. En effet, l’équipe du Raise Summit a décidé de déménager au Palais des Congrès, Porte Maillot, pour l’édition 2027. «On adore le Louvre, mais on a besoin de plus de scènes pour donner plus de créneaux à tous les speakers que l’on souhaite. On commence à être à l’étroit. Au Palais des Congrès, il y aura plus de place. Machina sera aussi là-bas», explique Hadrien de Cournon. Avant d’ajouter : «Sur le plan commercial, on a tout vendu depuis mars. Il y a beaucoup d’acteurs que nous sommes contraints de laisser sur le côté.» Un déménagement devenait donc indispensable.
En revanche, l’exigence ne changera pas : «On a envie de proposer la qualité d’intervention la plus élevée dans l’IA.» Et dans ce cadre, le co-fondateur du Raise Summit, qui a déjà accueilli de très beaux noms de l’IA, a quelques idées pour l’avenir. J’adorerais avoir Jensen Huang car Nvidia est le nœud central de toutes les discussions autour de l’IA. Il est très lucide, pédagogue et électrisant. J’aimerais aussi faire venir Sam Altman (PDG d’OpenAI, ndlr) et Dario Amodei (PDG d’Anthropic, ndlr). Ce serait génial d’avoir les deux !»
Ça vaudrait bien de sonner une nouvelle fois la cloche à Wall Street l’an prochain.