Le dixième anniversaire du plus grand salon européen d’innovations technologique coïncidait avec le centenaire de l'ITA, l'agence gouvernementale qui soutient le développement commercial des entreprises italiennes à l'étranger et promeut l'attraction des investissements étrangers en Italie, sous la direction du Ministère des Affaires Étrangères. À cette occasion, le pavillon national, installé à Paris Expo Porte de Versailles, affichait un stand plus imposant avec 44 startups et 5 partenaires institutionnels : Invitalia, Netval (le réseau des startups issues des universités et des laboratoires de recherche), les agences de développement régional de Emilia Romagna et du Friuli Venezia Giulia et l’agence de promotion de la ville de Milan, Yes Milano.
« L'espace était plus grand que l'année dernière — un village startup d'un côté, et de l'autre une partie entièrement dédiée aux pitchs et aux panels », témoigne Giacinto Ferrero, chargé de l’innovation au bureau parisien de l'ITA. Le centenaire de l'agence, lui, s'est glissé en filigrane : un logo anniversaire discret dans l'Arena, sans que la célébration ne prenne le dessus. L'essentiel était ailleurs : créer du lien, provoquer des rencontres et donner à voir le meilleur de la tech italienne aux visiteurs. Jusqu'à quatre délégations corporate par jour avaient placé le stand comme étape clé de leur visite guidée.
Tissu industriel et souveraineté numérique, les deux fils conducteurs
La pluralité des 44 startups — de la collecte de déchets marins (Ogyre, lauréate du Global Startup Program 2025 de ITA) aux puces IA ultra-basse consommation (Neuronova), en passant par les réseaux 5G déployables sur le terrain (Apeiroon, avec une démonstration live de flotte robotique) — affichait une lisibilité assumée, alignée sur les grandes tendances du salon.
Deux axes ont particulièrement résonné. Le premier : la spécificité du tissu industriel italien, diffus et résilient, que des régions comme l'Emilia-Romagna (un des partenaires institutionnels du Pavillon Italien) incarnent. «En Italie, le tissu industriel couvre toutes les échelles, de la multinationale à la TPE. Cette décentralisation est une force : le système encaisse les chocs et se réinvente sans avoir à tout reconstruire. », analyse le chargé de l’innovation au bureau parisien de l'ITA, en contraste direct avec le modèle français plus concentré autour de grandes entreprises.
Le second : la souveraineté numérique. Un panel dans la Sovereignty Arena de VivaTech — réunissant le ministère des affaires étrangères italien et la startup Domyn — a exploré les voies d'émancipation technologique vis-à-vis des États-Unis, un sujet que l'ITA travaille tout au long de l'année, notamment depuis sa première participation au Forum Incyber à Lille en mars 2026.
Une relation franco-italienne qui se construit dans la durée
Mais la question que tout le monde se pose est : VivaTech a-t-il généré des deals pour l’écosystème transalpin ? Giacinto Ferrero est franc : « Les partenariats, ça se construit dans le temps. Mais j'ai senti de la part des VC français venus nous voir de l'intérêt et de la curiosité. De temps en temps, des investisseurs reviennent des mois plus tard pour nous confirmer qu'ils ont investi dans une startup italienne rencontrée lors des salons auxquels nous participons. »
C'est dans cette logique de temps long que s'est également inscrite la journée du samedi, consacrée au programme YEP — Young Entrepreneurs Programme France-Italie, initiative bilatérale du Traité du Quirinal portée avec l'Institut Français Italia, PNICube et Pépite France. Dix jeunes fondateurs italiens, chercheurs et doctorants ont présenté leurs projets dans un format délibérément distinct du flux B2B habituel. Pour l'ITA, clore VivaTech sur cette note relevait d'une conviction : « Investir et faire circuler les talents entre l’Italie et la France est essentiel pour penser dans la longue durée. C'est ça qui, finalement, va créer de la vraie innovation importante. »
Ce que le pavillon 2026 aura surtout démontré, c'est une capacité à fédérer : « Nous avons fait la démonstration d’un écosystème cohérent, organisé, structuré, avec plusieurs acteurs institutionnels, sous l’impulsion du Ministère des Affaires Étrangères. Nous avons montré à l’occasion de cette nouvelle édition la cohérence d'un écosystème intégré. » Une image que l'ITA, présente à VivaTech depuis sept ans, entend bien consolider en 2027.