C'est parti pour VivaTech ! Le salon a ouvert ses portes mercredi à Paris pour une dixième édition, toujours centrée sur l'intelligence artificielle (IA) et ses applications, avec la question des dépendances technologiques de l'Europe en toile de fond.

La sécurisation de l'IA est aussi au cœur des conversations au dernier jour du sommet du G7 à Evian, en présence du président américain Donald Trump et de dirigeants de la tech mondiale. L'administration Trump a ordonné la semaine dernière à la startup américaine d'IA Anthropic de suspendre à «tout ressortissant étranger» l'accès à ses deux modèles les plus puissants, Claude Fable 5 et Mythos 5, invoquant la «sécurité nationale». Une injonction, qui a provoqué en France une prise de conscience brutale de la vulnérabilité du pays, et une volonté de renforcer la souveraineté technologique européenne.

Peu après l'ouverture, la France et l'Allemagne, pays invité du salon, ont publié une position commune affirmant «leur vision partagée pour renforcer la souveraineté numérique de l'Europe». Les deux pays ont annoncé la relance du Forum franco-allemand pour l'avenir, avec notamment pour objectif l'élaboration d'un catalogue commun de solutions numériques souveraines.

Lescure à la rencontre de ChapsVision

Plus important événement européen du secteur, régulièrement fréquenté par les grands noms de la tech, le salon accueillera jusqu'à samedi d'autres figures dans les allées du Parc des expositions à Paris, où près de 15 000 startups exposeront leurs produits et services. Le chercheur français spécialisé en IA Yann LeCun, qui a lancé en début d'année une nouvelle société (AMI Labs), le dirigeant du géant néerlandais ASML, ou encore le créateur de l'outil de création d'agents IA Peter Steinberger sont attendus.

Le ministre de l'Économie Roland Lescure déambulera lui aussi dans les allées à la rencontre d'entreprises françaises, et notamment la startup ChapsVision. Dans le souci, encore, de limiter la dépendance européenne, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé en début de semaine que la DGSI (les services secrets français, ndlr) devrait abandonner les services de l'entreprise américaine Palantir, qu'elle utilise depuis une dizaine d'années, au profit de cette entreprise française spécialisée dans l'analyse de données. «Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique», a justifié Sébastien Lecornu.

De son côté, Palantir a réagi dans un communiqué en assurant que son contrat avec la DGSI, renouvelé en décembre pour une durée de trois ans, restait à ce jour «pleinement en vigueur». L'exécutif n'a pas détaillé le calendrier de la migration. Sébastien Lecornu, qui a souligné la volonté du gouvernement français de poursuivre sa «stratégie de souveraineté technologique», a aussi annoncé mardi que le programme France 2030 consacrerait 655 millions d'euros supplémentaires au développement de l'IA.

Une fourmilière où se croisent fondateurs, investisseurs, représentants sectoriels et délégations

Côté politique, le président français Emmanuel Macron est annoncé jeudi, en compagnie du Premier ministre indien Narendra Modi. Le salon est aussi une fourmilière où se croisent fondateurs, investisseurs, représentants sectoriels et délégations. «Il devrait y avoir des annonces de partenariats, peut-être des levées de fonds, c'est assez classique», a anticipé auprès de l'AFP Jean-Christophe Liaubet, associé au sein du cabinet EY.

Pour sa dixième édition, VivaTech pousse les murs : le salon passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés et espère dépasser l'affluence record de l'édition précédente, qui avait attiré 180 000 visiteurs. Après un parcours d'exposition organisé dimanche sur les Champs-Elysées, une première depuis la création du salon, VivaTech programme mercredi plusieurs démonstrations de robots sur l'une de ses scènes. Les robots humanoïdes des entreprises chinoises Unitree et Agibot promettent d'émerveiller les spectateurs avec des prouesses en matière de déplacement, tandis que les startups européennes de robotique comme Genesis, Botiful ou Pal Robotics présenteront elles aussi leurs dernières nouveautés.