Elles n’étaient encore que peu nombreuses l’année dernière. Elles sont une quarantaine cette année. Pour la 26e édition des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, souvent présentées comme le “Davos français”, les startups et scale-up françaises ont davantage répondu présent.

L’événement, qui se tient jusqu’à samedi, réunit plusieurs centaines d’intervenants venus d’une cinquantaine de pays autour du thème “Naviguer dans un monde sans repères”. Pendant trois jours, grands patrons, économistes, responsables politiques, universitaires, investisseurs et représentants de la société civile se succèdent pour échanger sur l’intelligence artificielle, la montée du populisme, le risque climatique ou encore le rôle social des entreprises.

Comme chaque année, plusieurs dirigeants de grands groupes ont fait le déplacement, parmi lesquels Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Alexandre Bompard (Carrefour), Benoit Bazin (Saint-Gobain), Estelle Brachlianoff (Veolia) ou Thomas Buberl (Axa). À l’approche de la prochaine présidentielle, plusieurs figures politiques sont également présentes à Aix-en-Provence, comme Gabriel Attal, Édouard Philippe, Marine Tondelier ou François Hollande.

Mais cette année, l’écosystème tech français entend lui aussi occuper davantage le terrain. Sous l’impulsion de Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, une délégation de startups et scale-up françaises a été constituée pour participer à ce rendez-vous historiquement fréquenté par les grands groupes, les institutions et les décideurs publics.

“Les Rencontres économiques d’Aix, c’est un rendez-vous où se discute l’avenir économique du pays, et la French Tech doit faire partie de ces débats. Nos entreprises contribuent directement à la souveraineté et à la compétitivité de la France et de l’Europe, et c’est ici que ces discussions doivent avoir lieu”, souligne Julie Huguet.

La liste des startups et scales-up

Parmi les entreprises présentes figurent notamment Aqemia, Back Market, Biomemory, Bioptimus, BlaBlaCar, ChapsVision, Contentsquare, Descartes Underwriting, Doctolib, Ekimetrics, Ekwateur, Electra, Flying Whales, Foodles, Glimps, Gradium, GravitHy, Greenly, H Company, IADYS, Loft Orbital, Memority, Mirakl, Miratlas, Mistertemp’, NW, OVHcloud, Qair, Qonto, Red Alert Labs, Renaissance Fusion, Sekoia, Skynopy, Swile, Ternwaves, Verkor, Voltalis, Welinq ou encore XXI.

Cette délégation couvre un large spectre de l’innovation française : intelligence artificielle, santé, cybersécurité, cloud, énergie, industrie, climat, spatial, mobilité, quantique ou encore services financiers. Plusieurs fonds d’investissement ont également fait le déplacement, à l’image de Revaia, Ring Capital ou encore Daphni, présent pour la première fois.

Pour les dirigeants de startups et de scale-up réunis à Aix-en-Provence, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de rencontrer de grands groupes pour construire des partenariats, ouvrir des discussions commerciales ou renforcer des relations existantes. Mais aussi de porter les messages de la French Tech auprès des responsables politiques, alors que les questions de financement, d’exits, de commande publique, de souveraineté et de passage à l’échelle restent centrales pour l’écosystème. Certains dirigeants, comme Aurélien de Meaux, cofondateur d’Electra, ou des représentants de l’écosystème comme Maya Noël, directrice générale de France Digitale, doivent ainsi s’entretenir avec des candidats à la présidentielle pour les sensibiliser aux grands enjeux de la tech française.

Les Rencontres d’Aix réunissent les décideurs économiques au plus haut niveau. En quelques jours, nos entrepreneurs peuvent avoir des échanges de fond avec des interlocuteurs que leurs agendas respectifs ne leur permettent pas de croiser aussi souvent qu’ils le voudraient. C’est une opportunité concrète de construire des partenariats et des relations commerciales”, insiste Julie Huguet.

Cette présence renforcée aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence dit aussi quelque chose de l’évolution de la French Tech. Après avoir longtemps été associée à ses levées de fonds, à ses licornes et à ses grands événements spécialisés, l’écosystème cherche désormais à se rendre plus visible dans les lieux où se discutent les grandes orientations économiques du pays. “Le Next 40, dans lequel nous sommes, porte bien son nom. Notre vocation est un jour d’intégrer le CAC 40”, précise Aurélien de Meaux. Si la French Tech n’est pas encore au centre du jeu à Aix-en-Provence, elle y prend davantage sa place.