25 mai 2022
25 mai 2022
Temps de lecture : 4 minutes
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Ouihelp agrège les services pour maintenir les personnes dépendantes à domicile

Ouihelp, qui propose une solution technologique pour soulager le quotidien des personnes dépendantes et de leurs proches, lève 30 millions d’euros pour accompagner le maintien à domicile des plus âgés. La SilverTech prévoit se déployer massivement sur le territoire français et se fixe pour mission de permettre aux auxiliaires de vie de mieux se rémunérer.
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L’actu

C’est un important refinancement. Ouihelp, à l’origine d’une solution visant à améliorer le quotidien des personnes âgées en perte d’autonomie ainsi que celui de leurs proches, lève 30 millions d’euros auprès de Creadev, Future Positive Capital et XAnge. La startup revendique, pour l’occasion, "le premier tour de table de cette ampleur au sein de la silver économie" . Pierre-Emmanuel Bercegeay, co-fondateur, estime auprès de Maddyness que "le marché de l’aide à domicile est énorme" et donne à son entreprise "tout le loisir de se développer" . L’objectif de cette dernière est double : si elle souhaite permettre aux anciens de mieux vivre à domicile, elle entend aussi offrir de meilleures conditions de travail aux auxiliaires de vie qui les suivent. "Ces professionnels restent mal payés, alors même qu’ils jouent un rôle de plus en plus important du fait du vieillissement de la population" , pointe Pierre-Emmanuel Bercegeay, rappelant que Ouihelp avait jusqu’ici levé 8 millions d’euros.

Le contexte

Ouihelp est le fruit de l’expérience personnelle de deux des co-fondateurs. "Victor [Sebag] avait pour ambition de faciliter le maintien à domicile de sa grand-mère. J’avais, pour ma part, été sensibilisé à ces questions par mes parents, tous deux médecins généralistes" , raconte ainsi Pierre-Emmanuel Bercegeay. Encouragés par le fait que la SilverTech soit en vogue, ils fondent Ouihelp en 2016 avec Bastien Gandouet. "Le marché pèse 10 milliards d’euros en France, pays qui compte 2 millions de personnes âgées et/ou dépendantes" , relève le co-fondateur, arguant qu’"un doublement à 4 millions est attendu d’ici à 2050" . La volonté des dirigeants est de mettre l’accent sur la technologie, de façon à associer à une personne âgée le professionnel de la dépendance le plus adapté à sa propre situation. "Le but : offrir une meilleure qualité de service, tout en optimisant le planning des auxiliaires."

Pour ce faire, les collaborateurs d’Ouihelp sondent les familles qui ont recours à son outil afin de recueillir leurs besoins. "Si monsieur Dupont chute dans la rue et ne peut rentrer à son domicile seul, ses proches peuvent trouver l’aide dont il a besoin dans son secteur" , illustre Pierre-Emmanuel Bercegeay, revendiquant un réseau de "1 000 auxiliaires de vie au service de 2 000 familles dans une trentaine de villes françaises" . La solution de la startup permet aussi aux familles de suivre l’accompagnement de leur proche dépendant en temps réel, avec un registre des horaires d’arrivée et de départ du domicile. Lorsqu’ils sont dépêchés par Ouihelp, les auxiliaires de vie se voient rétrocéder une partie du prix de la prestation. "De quoi dégager une meilleure marge à chaque déplacement" , assure ainsi le co-fondateur, voulant "intégrer pleinement ces travailleurs à la chaîne du médico-social" .

Ce à quoi va servir cette série A

Ayant réalisé un volume d’affaires de 25 millions d’euros en 2021, Ouihelp ambitionne de développer "une offre 360" pour couvrir l’ensemble des services auxquels des personnes dépendantes peuvent avoir recours. "Nous commençons à nouer des partenariats en vue de l’intervention d’experts de l’aménagement pour adapter les logements qui doivent l’être, mais aussi avec du portage de repas" , avance Pierre-Emmanuel Bercegeay, soulignant la nécessité pour la société de connaître les acteurs locaux dans chaque ville où elle opère. Le tour de table annoncé ce jour permettra, dans cette visée, à l’entreprise de continuer à étoffer ses effectifs – ils sont passés de 30 à 190 collaborateurs en trois ans –, qui auront à cœur de soutenir les auxiliaires de vie qui évoluent dans le privé. "Le Ségur de la santé a permis d’augmenter ceux qui évoluent en association, pas les 300 000 autres" , regrette Pierre-Emmanuel Bercegeay, jugeant que ces derniers ont "été laissés sur le carreau" .

"En matière technologique, il nous faudra investir dans la data afin de pouvoir tendre vers un accompagnement prédictif de nos clients" , fixe aussi pour cap le dirigeant, qui affirme qu’il "faudra toujours un filtre humain : les experts rassurent les familles" . L’automatisation concernera donc "davantage le suivi, notamment de santé, de la personne dépendante à domicile que le diagnostic initial" . Ouihelp espère ainsi pouvoir établir un faisceau d’alertes pour faciliter l’intervention à domicile, si besoin. Dernier axe stratégique pour la startup : l’expansion géographique. Si elle affirme ne pas encore avoir acté une internationalisation, elle s’est donné pour objectif d’être présente dans 200 villes françaises d’ici à 2025 – soit près de six fois plus qu’aujourd’hui. La marche est donc haute pour l’entreprise qui martèle que les Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont "remplis de personnes dont le niveau d’autonomie est suffisant pour vivre à leur domicile" .

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