Quelques mois après sa création, Recupere Metals, startup française spécialisée dans le cuivre recyclé, annonce une levée de fonds de 5 millions d'euros. Le tour de table est mené par le fonds français de capital-investissement SistaFund, avec la participation de plusieurs investisseurs européens dont Endgame Capital , Ring Capital ou encore Triple Impact Ventures. Plusieurs business angels ont étalement pris part à l'opération, dont l'homme d'affaire hollandais Sake Bosch.
Ce financement doit permettre à la startup de passer d'une phase de recherche à une phase de production. Les fonds serviront notamment à développer les capacités de production et à adapter le procédé aux besoins des industriels.
Une future pénurie de cuivre d'ici 2035
Fondée en mars 2025, Recupere Metals s’inscrit dans un contexte d'une forte hausse de la demande mondiale en cuivre, puisque ce métal est au coeur de la transition écologique. Il est en effet largement utilisé dans pour fabriquer les équipements et véhicules électriques, des énergies renouvelables et de l'intelligence artificielle. Selon plusieurs estimations, la demande progresse plus rapidement que les capacités de production, créant un déséquilibre durable. L’Agence internationale de l'énergie (AIE) alerte sur une pénurie d’approvisionnement en cuivre qui pourrait atteindre les 30 %, d’ici 2035.
L’Europe est particulièrement exposée à cette situation. Le continent dispose de peu de capacités d’extraction, de transformation du cuivre et dépend fortement des importations. Les étapes traditionnelles de production, comme l’extraction minière et le raffinage, sont très consommatrices d’énergie.
Face à ce constat, Recupere Metals propose une alternative fondée sur le recyclage. La startup a développé un procédé mécanique breveté permettant de transformer directement des déchets de cuivre en fils électriques utilisables par les industriels. Cette approche évite les étapes de fusion et de raffinage, réduisant ainsi la consommation énergétique du processus.
Plus précisément, la startup se concentre dans un premier temps sur la production de fils de cuivre destinés à des usages industriels spécifiques, notamment pour les moteurs électriques, les centres de données et d’autres infrastructures numériques. Des phases de tests sont en cours avec des clients afin d’adapter les volumes et les caractéristiques techniques aux besoins du marché. Sans plus de précisions sur les contrats ni même les noms.
Recupere Metals se rémunère par la vente de ces fils de cuivre aux industriels. L’entreprise indique viser un coût de production comparable à celui du cuivre issu des filières traditionnelles, tout en s’appuyant exclusivement sur des matières recyclées.
Vers l’industrialisation
« Le cuivre est indispensable à l’électrification, mais l’Europe est aujourd’hui fortement exposée aux chocs d’approvisionnement mondiaux », explique Katie Marsh, fondatrice et directrice générale de Recupere Metals. « Notre technologie permet de transformer localement des déchets de cuivre en fils de haute performance, afin de créer une filière d’approvisionnement en cuivre plus propre et plus robuste pour l’Europe », ajoute-t-elle.
Avant de créer sa startup, Katie Marsh, a travaillé pour banque d’investissement américaine J.P. Morgan, ainsi que chez Field, une entreprise britannique spécialisée dans le développement de projets d’énergies renouvelables. À ses côtés, elle s'est associée à Julien Vaïssette, docteur en ingénierie et diplômé de l’INSA Toulouse.
À court terme, la priorité de Recupere Metals reste la mise en place d’unités de production capables de répondre aux premières commandes. À plus long terme, la startup entend contribuer au développement d’une filière européenne de recyclage du cuivre, afin de limiter le recours aux importations et d’accompagner la transition énergétique. Elle vise une production annuelle de 6000 tonnes de fils de cuivre d'ici 2028.