Deux concurrents historiques du marché français de la location de terminaux technologiques (smartphone, tablette, ordinateur...) ont décidé d’unir leurs forces. Next Mobiles et Mobile.club annoncent leur fusion, donnant naissance à un nouvel ensemble qui revendique plus de 30 millions d’euros de revenus annuels récurrents (ARR), plus de 70 000 abonnements actifs et 60 collaborateurs.
L’opération, finalisée début 2026, prend la forme d’une fusion avec échange de titres. «C’est une fusion entre deux concurrents de longue date, avec un échange capitalistique. Nous sommes désormais tous actionnaires de la nouvelle entité», explique Damien Morin, fondateur de Mobile.club, nommé CEO du groupe issu du rapprochement.
Les deux sociétés avaient déjà un Ebitda positif avant l’opération. Le groupe entend désormais changer d’échelle sur le marché encore marginal de la location de smartphones, largement dominé par l’achat, la subvention opérateur ou le paiement fractionné.
Une stratégie multi-marques héritée d’une première acquisition
À court terme, le groupe conservera une organisation multi-marques. Next Mobiles et Mobile.club continueront d’opérer sur le marché grand public, tandis que Cleaq restera la marque dédiée aux entreprises. Cette structuration s’inscrit dans la continuité de la stratégie de Mobile.club, qui avait acquis Cleaq pour 8 millions d’euros en 2024.
Une convergence des marques B2C est toutefois prévue courant 2026. «L’objectif est de réunir Next Mobiles et Mobile.club sous une seule marque grand public. Cleaq restera la marque B2B», précise Damien Morin. Au-delà du smartphone, le groupe adresse déjà un spectre plus large de produits, notamment les ordinateurs portables, objets connectés, accessoires et équipements de bureau. Le nom de la nouvelle marque devrait mieux refléter cela.
Une intégration soutenue par la dette
Sur le plan opérationnel, l’intégration ne fait que commencer. Les équipes ne sont pas encore réunies dans les mêmes bureaux, mais un rapprochement physique est prévu à court terme. Le groupe insiste sur une logique de développement plutôt que de restructuration. À ce stade, aucune suppression de postes n’est planifiée et des objectifs d’embauche sont évoqués à l'horizon 2030.
Pour accompagner cette trajectoire, le groupe annonce une levée de 31 millions d’euros en dette auprès de Smart Lenders Asset Management. Un financement destiné à soutenir le parc d’actifs en location. «C’est le mode de financement classique de notre métier. Nous finançons des actifs et des contrats, avec une dette collatéralisée», souligne Damien Morin.
Présent aujourd’hui en France, en Belgique et au Luxembourg, le groupe prévoit une expansion européenne, avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne comme premières cibles. Une croissance principalement organique, complétée par de possibles opérations de croissance externe dans le secteur de la location d’actifs technologiques. Damien Morin et ses équipes ambitionnent d’atteindre 100 millions d’euros de revenus annuels récurrents d’ici 2030 et de structurer durablement le marché européen de la location tech.