L’intelligence artificielle et la cybersécurité ont le vent en poupe. Alors quand les deux secteurs se rencontrent pour ne former qu’un seul et même univers, les investisseurs sont aux aguets. Ce n’est pas Qevlar AI qui dira le contraire.

La société, qui développe une plateforme d’agents IA autonomes pour la cybersécurité, annonce en effet une nouvelle levée de fonds de 30 millions de dollars menée par Partech et Forgepoint Capital International. EQT Ventures a également participé à l’opération. Les deux derniers fonds cités a avaient déjà été à la baguette du précédent tour de table de 14 millions de dollars en avril 2025.

Venir au secours d’équipes SOC saturées

Fondée en 2023 par Ahmed Achchak et Hamza Sayah, la cybertech tricolore développe des outils d’IA à destination des SOC (Security Operations Center) des grands groupes ou des prestataires de cybersécurité. «Aujourd’hui, la réussite des SOC est souvent mesurée au nombre d’alertes traitées et à la vitesse de résolution. Mais c’est une approche purement réactive qui ne dit rien de la posture de sécurité. La seule manière de la comprendre est d’identifier les tendances et les schémas sous-jacents, ce qui demande une approche totalement nouvelle», explique Ahmed Achchak, co‑fondateur et CEO de Qevlar AI. Un impératif alors que les équipes SOC sont saturées, avec plus de 4 000 alertes à traiter par jour en moyenne.

Avec les agents IA de l’entreprise française, l’objectif est ainsi d’alléger le quotidien des équipes des SOC pour que celles-ci puissent se concentrer sur des tâches plus stratégiques et proactives, comme la détection avancée (Threat Hunting), la préparation à la réponse aux incidents et l’amélioration de la posture de sécurité. Pour ce faire, Qevlar AI s’attèle à automatiser l’ensemble du processus d’investigation : enrichissement des données, identification des schémas d’alertes ou encore génération de rapports. «Nous éteignons l’incendie et identifions son origine pour éviter qu’il ne se reproduise», résume Ahmed Achchak.

Sortir du mode réactif

Avec cette approche, la jeune pousse française a séduit des grands groupes, comme Mercedes-Benz, Sodexo, ainsi que des prestataire de services de sécurité managés (MSSP), à l’image d’Atos et d’Orange Cyberdefense. Pour ces acteurs, la société revendique un temps d’investigation divisé par 10, ramené à 3 minutes par alerte.

Qevlar AI entend s’appuyer sur cette nouvelle levée de fonds pour continuer à étoffer sa plateforme et ainsi en faire un véritable copilote cyber pour les équipes des SOC. L’IA représente en effet une opportunité pour passer d’un mode réactif à une posture proactive afin de déjouer avec plus d’efficacité les menaces numériques.