«On parle beaucoup de sécurité et de défense en ce moment, mais pas assez de santé.» C’est en dressant ce constat que Roxanne Varza, la directrice de Station F, s’est réjouie du partenariat du campus parisien de startups avec Sanofi. Il s’agit du tout premier programme dédié à la santé lancé au sein de l’incubateur initié par Xavier Niel, présent ce mardi matin pour célébrer cette alliance avec le géant pharmaceutique français.

Ce programme, qui vise à rapprocher le monde de la tech de celui des sciences de la vie, doit permettre d’accompagner une quinzaine de startups pendant six mois avec l’ambition d’accélérer le développement de nouveaux traitements. Ce sont donc deux batchs qui sont prévus chaque année pour transformer Station F en fabrique à champions européens de la santé. Les entrepreneurs de la healthtech et de la biotech intéressés peuvent dès à présent postuler, et ce jusqu’au 3 mai prochain.

Vers un modèle numérique du système immunitaire humain

La première sélection devrait prendre ses quartiers à Station F à la mi-mai ou début juin. Pour ce batch inaugural, l’accent sera mis sur la découverte de traitements assistée par l’IA, l’analyse de données de santé de nouvelle génération et la modélisation numérique des systèmes biologiques. A l’avenir, l’objectif est de développer un modèle numérique du système immunitaire humain afin d’améliorer la compréhension et le traitement des maladies. «L’intelligence artificielle et les sciences computationnelles deviennent centrales dans notre compréhension de la biologie des maladies et dans la découverte de nouveaux traitements. La prochaine génération d’innovations thérapeutiques reposera sur la convergence entre sciences de la vie et technologies de pointe», estime Houman Ashrafian, qui dirige la R&D de Sanofi.

Pour progresser rapidement dans la découverte de nouveaux médicaments et vaccins, les startups accompagnées pourront s’appuyer directement sur les équipes scientifiques et digitales de Sanofi pour tester leurs technologies dans des conditions réelles. Les experts du groupe pharmaceutique pourront notamment se révéler utile pour l’analyse de données biologiques à grande échelle, la modélisation des mécanismes du système immunitaire ou encore le développement d’outils prédictifs pour la recherche sur les maladies. Cette collaboration étroite avec les équipes de Sanofi doit permettre d’aboutir à cinq preuves de concept durant le premier batch.

«La recherche n’est plus à l’échelle d’une entreprise, mais à celle d’un écosystème»

Présent pour dévoiler ce partenariat avec Station F ce mardi matin, Olivier Charmeil, le patron par intérim de Sanofi, estime qu’il était logique pour son groupe de s’allier à un acteur de la trempe de Station F. «Maintenant, la recherche n’est plus à l’échelle d’une entreprise, mais à celle d’un écosystème», a-t-il souligné aux côtés de Xavier Niel.

Cette arrivée dans le temple de l’entrepreneuriat n’est cependant pas la première incursion du groupe pharmaceutique dans la French Tech. En effet, ce dernier a misé sur plusieurs biotechs tricolores, à l’image d’Owkin. En 2021, Sanofi avait ainsi investi 180 millions de dollars dans l’entreprise de Thomas Clozel pour instaurer une collaboration stratégique autour de programmes de R&D sur quatre formes de cancer (poumon, sein, myélome multiple et mésothéliome).

La pandémie de Covid-19 ayant mis en lumière l’impact de la tech pour accélérer la découverte de traitements, les secteurs de la healtech et de la biotech sont en ébullition. Surtout en pleine révolution de l’intelligence artificielle et des balbutiements de l’informatique quantique qui ouvrent un nouveau champ des possibles.