Vers une préférence européenne dans la tech. Bruxelles a proposé aujourd'hui de réserver aux fournisseurs européens les contrats publics en matière d'intelligence artificielle et d'informatique à distance (cloud) dans les domaines les plus sensibles, dans le cadre d'un plan sur la "souveraineté technologique" européenne.

"Dans certains cas bien précis, dans des secteurs très critiques, il est très important que ce soient des prestataires européens qui fournissent les services", a expliqué à des journalistes la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen. Mais cela ne concernera qu'un nombre limité de contrats, a-t-elle souligné.

"Dans la plupart des cas", les prestations de services numériques dans la sphère publique resteront accessibles aux entreprises non-européennes, a-t-elle souligné. Selon les propositions de Bruxelles, les Etats devront exiger des fournisseurs d'IA et de Cloud, pour les contrats publics, des garanties en matière de souveraineté.

Un "kill switch"

Échelonnées sur quatre niveaux, elles iront d'une obligation générale de conserver les données en Europe, à des exigences renforcées dans les domaines les plus sensibles, comme la sécurité et la défense. "Nous voulons être sûrs que dans les domaines critiques, nous serons toujours en mesure de contrôler les services et de conserver les données en Europe. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où quelqu'un disposerait d'un "kill switch" pour débrancher nos services", a notamment fait valoir Mme Virkkunen.

Un "kill switch", ou interrupteur d'urgence, est un dispositif technique permettant à un fournisseur de désactiver sans crier gare l'accès à un service. Les Européens craignent que les prestataires de certains pays n'aient recours à de tels dispositifs, en cas de crise géopolitique par exemple, d'où l'idée de réduire la dépendance à des fournisseurs étrangers dans les secteurs les plus sensibles.