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#Transport Captain Train racheté par son concurrent britannique pour créer un géant européen

#Transport : Captain Train racheté par son concurrent britannique pour créer un géant européen
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La pépite française Captain Train fusionne avec son concurrent britannique Trainline pour créer un géant européen de la réservation de trains. 


En septembre, Capitaine Train abandonnait deux lettres de son nom pour devenir Captain Train. Une manière de se mettre sur des rails plus internationaux pour la société française qui avait déjà signé des accords internationaux avec la Deutsche Bahn, Eurostar, Thello, Trenitalia, NTV et plus récemment HKX.

Aujourd’hui, la société créée en 2009 par Jean-Daniel Guyot, Martin Ottenwaelter et Valentin Surrel se donne les moyens de son ambition européenne et annonce sa fusion avec Trainline, son concurrent britannique qui opère également sur l’achat de billets de train auprès de multiples compagnies mais au Royaume-Uni uniquement. Créée en 1997 et rachetée début 2015 par un fonds d’investissement américain, KKR, pour 500 millions de livres, la société britannique vend aujourd’hui plus de 2,1 milliards d’euros de billets de train chaque année au Royaume-Uni. Mais Captain Train n’a pas à rougir, en 2015, la société enregistrait un volume d’affaires de 72 millions d’euros, soit plus du double par rapport à 2014. Avec cet rachat, d’un montant évalué entre 160 et 170 millions d’euros, Captain Train voit sa valorisation grimper à 200 millions d’euros selon les estimations.

“Le marché du ferroviaire est énorme en Europe mais il n’est pas si important en termes d’acteurs, explique Jean-Daniel Guyot. Nous connaissions donc Trainline, qui est une société comme la nôtre, à ceci près qu’elle a démarré avant nous et qu’elle se concentre sur le marché britannique. Lorsque KKR a racheté Trainline, l’équipe dirigeante a changé et ils se sont interrogés sur leur stratégie. Avec l’idée de créer un acteur pan-européen ils n’avaient que deux choix : soit racheter un acteur qui fait déjà ce travail à l’échelle européenne, soit se lancer eux-mêmes sur ce marché. Cette expertise de l’Europe continentale, nous l’avons et nous avons un moteur d’itinéraire capable de comparer les offres dans 19 pays. C’est une technologie intéressante pour Trainline, de leur côté ils ont les moyens financiers et une expertise marketing que nous n’avons pas. Avec notre ambition commune on s’est dit que nous pourrions créer un ensemble cohérent.”

Un marché qui pèse 57 milliards d’euros

Cette opération permettrait donc de créer un seul groupe, les deux marques conservant leurs noms, basé à la fois au Royaume-Uni et en France où Captain Train conservera ses locaux. Cette fusion pourrait donner lieu à la création d’une plateforme unique qui permettra aux internautes d’acheter leurs billets de train dans 22 pays, auprès de 36 compagnies. De quoi devenir leader sur un marché européen qui pèse 57 milliards d’euros. Clare Gilmartin, PDG de Trainline prend les fonctions de PDG du nouveau groupe ; Jean-Daniel Guyot reste président de Captain Train et devient directeur de Trainline International. Daniel Beutler, actuel directeur général de Captain Train conserve ses fonctions et devient directeur du Business Development de Trainline International. 

Si la startup n’a pas facilement trouvé de personnes à son écoute à ses débuts, ceux qui lui ont fait confiance peuvent aujourd’hui se frotter les mains d’avoir eu le nez fin. La startup comptait à son capital les investisseurs Jeremy Uzan (Alven Capital), Jean de la Rochebrochard (The Family), Xavier Niel (Iliad/Free), Pierre Bonelli (fondateur et ancien CEO de liligo.com), ainsi que Index Ventures et CM-CIC Capital Privé.

On a l’impression que c’est un succès overnight, commente Jean-Daniel, mais c’est surtout le fruit de sept ans de travail et de la confiance de certaines personnes, qui, alors qu’on ne connaissait rien du tout à ce marché et qu’on vivait avec les aides de Pôle emploi se sont dit qu’il fallait nous soutenir. Je pense notamment à notre banquier du CIC qui est allé au siège défendre notre dossier alors que j’étais passé par 25 banques avant juste pour ouvrir un compte sécurisé sur lequel nous devions déposer 100 000 euros (une obligation légale lorsque l’on crée son agence de voyage). Je pense aussi à notre assureur chez MMA qui nous a vraiment aidé à démarrer. Sans eux on n’aurait pas pu commencer notre activité” .