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Finance

#MITUP ” La pire erreur, c’est d’estimer que la FinTech va tuer la banque “, Cédric Teissier

#MITUP : ” La pire erreur, c’est d’estimer que la FinTech va tuer la banque “, Cédric Teissier Crédits : Donatien Guillon
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Si les startups de la FinTech se multiplient aujourd’hui, le marché, en constante évolution, est bien plus complexe qu’il n’y parait. Quatre experts dans le domaine sont revenus sur ses enjeux lors du second M’IT up organisé par les équipes recrutement de BNP Paribas mardi 28 juin.

Comment le secteur des FinTech évolue ? De quelle manière les startups peuvent collaborer avec les banques pour faire évoluer leur business model ? Quelles sont les dernières innovations dans le secteur ? Autant de questions auxquels ont tenté de répondre Anais Raoux, Aude Fredouelle, Cédric Teissier et Yoann Jaffré, lors du second M’IT up organisé par les équipes recrutement de BNP Paribas.

La FinTech n’est pas un épiphénomène

Et c’est Anaïs Raoux, déléguée générale de France FinTech, qui a ouvert la marche en expliquant que le secteur est encore aujourd’hui trop considéré comme minime dans la finance. Selon elle, il faut regarder la FinTech et ses acteurs à 5, 10, ou même 20 ans pour envisager les premières retombées de cette petite révolution. 

De nombreux partenariats commencent aujourd’hui à se mettre en place entre startups et banques, entre lesquelles il existe une véritable complémentarité et non une compétition. Les services vont se désintermédier, et si l’on ne sait pas quels acteurs seront en tête du marché ces prochaines années, ce mouvement d’innovation offre un intérêt commun à la finance : la satisfaction des consommateurs français, dont 40% seraient désormais prêts à utiliser des services FinTech.   

On écrit la finance de demain et on redistribue les cartes

Anaïs Raoux

Un avis que partagent beaucoup d’acteurs français sur le marché de la finance, parmi lesquels BNP Paribas, qui lançait cette année son premier accélérateur de startups FinTech. 8 jeunes pousses ont intégré le programme d’open innovation du groupe afin de co-innover avec une entité métier du groupe BNP Paribas autour de problématiques aussi variées que la cyber-sécurité, l’expérience client, les risques et conformité, l’assurance, ou encore le paiement.

Avec 142 candidatures reçues, dont près d’un tiers internationales, on sait aujourd’hui que les FinTech sont complémentaires de notre business

Yoann Jaffré, Directeur de l’Open Innovation Lab de L’Atelier BNP Paribas

D’autres banques se sont également déjà positionnées sur le secteur des FinTech, comme par exemple Groupama, qui contribue désormais au financement des projets d’entreprises par l’intermédiaire d’Unilend, le leader français du « crowdlending », à hauteur de 100 millions d’euros sur les 4 prochaines années. Allianz, de son côté, annonçait il y a quelques semaines la création de InnovAllianz, un fonds de capital innovation dédié aux startups du marché de l’assurance.

Des marchés plus impactés que d’autres

Aude Fredouelle, journaliste au JDN, a quant à elle fait le point sur les différents axes sur lesquels la FinTech est déjà bien implantée. Si elle estime que le marché de la blockchain n’est pour le moment pas assez mature et dans lequel seulement certaines startups s’investissent, elle remarque que celui du crowdfunding vit actuellement une véritable révolution.

On compte ainsi 60 plateformes de prêt immatriculées cette année, et 9 millions d’euros de levés sur ce type de plateformes en mars 2016. Une évolution rapide qui permet même au marché d’amorçer une première phase de consolidation, avec notamment le rachat de Finsquare par Lendix.

Autres marchés émergents : la gestion du budget, avec l’arrivée en France des agrégateurs de comptes Bankin et Linxo, ou encore les robo-advisors comme Advize et WeSave, et les néobanques comme Morning.

Se lancer dans la FinTech ? Pas si simple…

Si l’on voit donc aujourd’hui se multiplier les nouvelles structures liées à la FinTech, il n’est pourtant pas si simple de se lancer dans le secteur. C’est ce qu’à voulu rappeler Cédric Teissier lors de son intervention, pendant laquelle il a délivré quelques conseils aux startupers de la FinTech.

Le sérial entrepreneur, confondateur de FinexKap, a ainsi expliqué qu’il est avant tout nécessaire de trouver des investisseurs qui soutiennent les ambitions de sa startup, mais également un binôme de qualité, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

C’est très complexe, vous allez rentrer dans des business modèles d’une complexité abyssale. Il faut donc savoir bien s’entourer, par exemple au niveau de la réglementation et de la technologie

Cédric Teissier

Autre point important : La FinTech, selon Cédric Teissier, est un business de volume et non business de marge. Il faut s’armer de patiente, respecter les procédures, et ne pas sous estimer la complexité du marché pour voir son entreprise grandir.  

La pire erreur, c’est d’estimer que la FinTech va tuer la banque

Cédric Teissier

Les startups de la FinTech répondent à des besoins dont le niveau d’agilité et d’économie d’échelle ne peuvent pas forcément être mis en place dans une banque, qui eux ont des problèmes de volume. Il faut ainsi voir la FinTech comme le trublion de la banque, qui crée de nouveaux services qui eux-mêmes se rapprochent des acteurs traditionnels. 

Et si Cédric Teissier déclare aujourd’hui avoir “identifié un trou dans la raquette”, qui lui a permis de réussir sur le marché, il avoue sans langue de bois que tout n’a pas toujours été facile au niveau des pouvoirs publics, qui estimaient que sa startup s’attaquait au monopole bancaire. 

 Ils ont été interloqués et le processus a pris beaucoup de temps. C’est légitime que ça ne soit pas réservé à tout le monde, c’est du risque, c’est de l’argent, c’est normal que ce soit réglementé

Aujourd’hui les pouvoirs publics semblent être beaucoup plus conciliants avec les startups de la FinTech. Le marché change très rapidement, et évolue dans le bon sens. Il faudra donc attendre désormais quelques années afin de pouvoir constater les véritables retombées de ce qui n’est pour le moment qu’une petite révolution.