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Innovation

#Tendance Face à l’obsolescence programmée, la résistance s’organise et le business fleurit

#Tendance : Face à l’obsolescence programmée, la résistance s’organise et le business fleurit
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Depuis l’adoption de la loi sur la transition énergétique cet été, l’obsolescence programmée, cette non-durabilité planifiée des appareils, est un délit. Désormais, on ne jette plus, on répare ! De quoi réjouir les Save, WeFix et autres startups qui ont fait de la réparation express leur promesse.


92% des Français sont convaincus que les produits électroménagers ou high-tech sont intentionnellement conçus pour ne pas durer démontre un sondage du magazine 60 millions de consommateurs. Pour ne pas brider la consommation des ménages, ce serait dommage, les grands industriels livrent leurs produits avec une date de péremption bien plus courte qu’auparavant. Mais depuis cet été, et l’adoption définitive par le Parlement de la loi sur la transition énergétique, cette fin de vie prématurée est sanctionnée. L’obsolescence programmée est désormais passible d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende.

Ainsi, tous les consommables, comme la batterie etc. doivent pouvoir être facilement changés, afin de donner un second souffle aux appareils. N’en déplaise au champion de l’obsolescence programmée, Apple, qui a crée des téléphones et des tablettes qui dissuadent tout quidam de se lancer dans l’aventure de la réparation chez eux. Avec un avertissement tout d’abord, prévenant que le fait d’ouvrir son téléphone annule la garantie et avec des procédés qui nécessitent de démonter tout l’appareil avant de pouvoir accéder à un consommable. Mais de nouveaux tiers de confiance ont vu le jour, ils s’appellent Save ou encore WeFix et proposent de réparer smartphones, tablettes et désormais objets connectés en quelques minutes. Et ça fonctionne.

Save et WeFix, les réparateurs 3.0

En septembre dernier, la startup Save my smartphone, rebaptisée Save, levait 15 millions d’euros pour conquérir de nouveaux marchés, et surtout s’attaquer à de nouveaux secteurs. Spécialistes de la réparation minute d’écrans cassés et autres joies telles que les boutons d’accueil, la startup a annoncé vouloir désormais s’attaquer à la réparation de tous types d’appareils, à commencer par les objets connectés. « Nous construisons une entreprise qui résistera aux iPhone et aux ordinateurs portables, avançait alors Damien Morin, fondateur de Save, demain le client nous sollicitera pour qu’on répare sa machine à laver. Notre but est de pouvoir sauver n’importe qui, n’importe où dans le monde, quel que soit son appareil. »

wefix

Allo Smartphone a suivi le même chemin et s’est rebaptisé WeFix. Objectif : devenir le réflexe réparation et ne certainement pas se borner qu’aux smartphones. 5 ans après son lancement, la société embauche 36 personnes par mois et les fondateurs de WeFix, Gaspard Konrad et Edouard Menantaud  ont même créé une école qui a formé plus de 150 personnes en 2015. Cette année, la startup entend s’étendre hors des frontières françaises avec des ouvertures en Belgique, en Espagne en Allemagne, en Angleterre et en Italie, de quoi satisfaire la demande grandissante pour la réparation. 

Mais les consommateurs savent aussi se débrouiller tous seuls et la bidouille a le vent en poupe. Les outils ne s’achètent plus mais se louent pour les menues réparations et des lieux, comme la REcyclerie à Paris, permettent même de réparer collectivement ses objets ou de les laisser aux bons soins du maître de l’atelier, René.

REne

Seb s’engage à réparer ses produits pendant 10 ans

Des grands groupes se sont eux-mêmes pliés à cette nouvelle manière de consommer, ou de ne pas consommer justement, à l’instar de Seb  pour qui réparer est tout aussi important que vendre. Le groupe d’électroménager français s’engage en effet à réparer tous ses appareils pendant 10 ans, une promesse qui nécessite l’achat supplémentaire et le stockage de pièces détachées pendant toutes ces années. “Quand un de nos produits présentait un défaut et qu’il n’était pas réparable, le consommateur rachetait du neuf mais pas forcément chez SEB. En lui garantissant la réparabilité de son produit sur 10 ans, on fait le pari qu’il achètera à terme plus spontanément un appareil d’une de nos marques” expliquait Alain Pautrot, directeur de la satisfaction client et de l’après-vente pour le groupe SEB à BFM Business il y a quelques jours. De quoi redonner une nouvelle jeunesse aux magasins de pièces détachées comme NPM. Implanté à Lille depuis 29 ans, cet antre de la bidouille profite de l’engouement médiatique pour cette évolution des habitudes de consommation pour communiquer sur son activité, pourtant pas si jeune.

Et vous, êtes-vous une victime de l’obsolescence programmée ? Faites le test avec HOP, l’association qui lutte contre l’obsolescence programmée.

obsolescence programmee

Crédit photo : Shutterstock
  • Sylvain Pro

    Toutes ces initiatives vont dans le bon sens. Pour que ça fonctionne il est nécessaire que les fabricants, à l’image de SEB pour les appareils électroménager, facilitent la réparation.