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Innovation

#TheBridge2017 Une transatlantique pour fixer les nouveaux caps de l’entreprise de demain

#TheBridge2017 : Une transatlantique pour fixer les nouveaux caps de l’entreprise de demain
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The Bridge, événement multidimensionnel mêlant sport, histoire, business et musique a été pendant cinq jours l’occasion d’un huis-clos entrepreneurial unique. À bord du Queen Mary 2 pour une traversée transatlantique, PME, ETI et startuppers se sont rencontrés pour échanger et dessiner ensemble le business de demain.

Le Queen Mary 2 est arrivé à bon port samedi 1er juillet au petit matin. Après cinq jours de traversée, le majestueux paquebot est passé sous le pont Verrazano de New York sous les applaudissements des centaines de passagers réunis en masse sur les ponts. Devant nous, la ville qui ne dort jamais se dessinait dans les premières lueurs du soleil.

Un tableau inoubliable qui a clos une semaine qui se le voulait tout autant, riche en débats et en rencontres, en ateliers et en conférences pour tenter de faire émerger de nouvelles directions et créer des synergies entre les participants. The Bridge, mis sur pied par l’ancien skipper Damien Grimont, c’est à la fois une manière de célébrer le centenaire du débarquement américain en France, et ainsi de « faire le pont » entre nos deux pays, mais aussi une course nautique, une manifestation culturelle de haut niveau (Nathalie Dessay, Paul Lay, projections des films de Luc Jacquet en sa présence etc.) et une volonté d’élever le débat avec des conférences sur la géopolitique ou encore le climat.

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 Fixer une mission claire et impossible”. C’est par ces quelques mots que Dirk Alborn, le CEO d’Hyperloop, répondait à mon interrogation sur les résultats mitigés que produisent souvent les programmes d’open innovation. The Bridge est l’un de ces projets “moonshot”  

Arnaud Chaigneau, chief opportunities officer  de l’accélérateur parisien Numa

La mission de The Bridge ? Imaginer le monde de demain. Avec une assemblée qui manquait malheureusement de diversité mais qui était foncièrement motivée et ouverte à la rencontre et à la remise en question. Et c’est sur la force entrepreneuriale que l’événement comptait le plus pour faire bouger les lignes. Pour faire battre le coeur de l’entreprise de demain, et permettre de financer le coût exorbitant de l’opération (16 millions d’euros dont plus de la moitié pour affréter le bateau de la Cunard), The Bridge a ainsi donné naissance au Club des 100, pour 100 entreprises de toutes tailles (en réalité 170 ont répondu à l’appel), qui ont pris leur place à bord pour échanger et rencontrer leurs pairs, mais aussi leurs clients et de potentiels futurs partenaires.

« Avant de monter sur ce bateau, le Club des 100 c’était une addition d’entreprises individuelles et isolées, aujourd’hui on peut dire que c’est devenu un tout cohérent », se réjouit Maximilien Rouer, le copilote du Club des 100 à qui a notamment été confiée la programmation. Fort d’un carnet de contacts au moins aussi épais que la coque du mythique bateau, il a soigneusement sélectionné 50 experts, notamment sur le critère de l’ouverture à l’autre, pour intervenir sur 4 thématiques : l’environnement, la géopolitique, la technologie et le rapport à soi et aux autres.

Une programmation au service de la connexion

Coupés du reste du monde à la faveur d’une connexion satellitaire hors de prix, les participants n’ont en effet eu d’autre choix que de prendre pleinement part à la programmation dense qui leur était proposée, hormis pour les rares oiseaux qui ont préféré profiter des 10 piscines et jacuzzis du vaisseau. Speed-datings, déjeuners et dîners thématiques ont permis d’approfondir des sujets on ne peut plus variés en petit comité. Et du premier rendez-vous yoga du matin aux conversations vespérales sur le zinc du G32, le « club » du Queen Mary 2, les moments plus informels furent légion pour tisser des liens et approfondir les conversations.

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Une masse de rendez-vous (près de 12h de programmation par jour) qui aurait pu être indigeste si la qualité de la programmation n’avait pas été au rendez-vous. Les sujets abordés n’avaient d’ailleurs rien de ce que l’on peut trouver communément dans les événements d’entrepreneurs. Nous avons par exemple dîné tout en sirotant la réflexion du philosophe Vincent Cespedes sur la passion ; déjeuné, interloqués, en prenant connaissances des capacités de l’intelligence artificielle Mileva à bâtir des scénarios prédictifs on ne peut plus justes ; et débattu à une heure avancée de la nuit sur l’état de l’investissement en Europe.

Julien Chevalier, fondateur de Teester, une jeune pousse invitée à participer à l’aventure par CIC, le plus gros sponsor de l’événement, a lui profité de la traversée pour « assister à des conférences de haut niveau et développer notre réseau pour trouver de nouveaux clients et partenaires. L’objectif était également de prendre de la hauteur et du recul sur notre activité. Nous sommes en hyper-croissance et nous devons faire les bons choix pour notre développement donc avoir l’occasion de réfléchir pendant une semaine avec des experts a été une immense opportunité.»

Une expérience humaine créatrice de synergies

« Il s’est créé un phénomène génial où ce qui semblait incohérent s’est aligné, estime Arnaud Chaigneau. Le choix du véhicule, vestige d’un temps ancien, peut faire hurler à la schizophrénie. Réfléchir au monde de demain dans ce contexte victorien est en vérité stupéfiant. Des vérités se croisent sur le Queen Mary II et c’est certainement le plus grand génie de cet évènement : créer la contradiction, forcer l’isolement, pour provoquer le partage. »

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La déconnexion a véritablement créé plus de connexion et au-delà de la programmation, c’est bien le souvenir des rencontres humaines qui perdurera. « Que ce soit une learning expedition à l’étranger, un séminaire ou un événement comme The Bridge, ce qui me fascine c’est que l’essentiel ne se situe pas principalement dans les apprentissages des conférences ou des visites, mais avant tout dans les rencontres que l’on fait durant ces voyages, explique Vincent Roux, fondateur de la startup Fifty Truck. C’est un formidable accélérateur d’écosystème ! La confiance et la complicité se créent et permettent d’envisager des collaborations nouvelles, des synergies, des amitiés, sources de créativité. Et souvent, le plus riche est à venir dans les projets qui en découlent. » S’il est impossible de tracker le volume des échanges entretenus entre les participants, suivre le nombre de projets dont la graine fut plantée sur ce bateau pourrait bien apporter son lot d’enseignement sur les bénéfices d’un tel huis-clos.

Rendez-vous est ainsi donné à J+100 pour faire un premier bilan et donner au Club des 100 une autre dimension, qui doit dépasser celle de l’événement fondateur que fut The Bridge.  « On sort tous de cette traversée avec une envie de contribuer à faire ensemble extrêmement forte et sur laquelle il va falloir être au rendez-vous », rappelle Maximilien Rouer. Pour que toutes les entreprises jouent le jeu, d’échanger et de soutenir d’autres membres, le capitaine du Club des 100 réfléchit d’ailleurs à créer un « indice du reste à contribuer ».

Mais il est une autre contribution qui dépasse largement celle du Club des 100 : réduire l’empreinte carbone d’une telle traversée car  le monde de demain ne se bâtira pas sur nos modes de vies énergivores. Une initiative a ainsi été amorcée par une dizaine d’entrepreneurs pour offrir la possibilité à chaque passager de compenser l’empreinte de leur voyage par la plantation d’un arbre.

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À gauche : Damien Grimont, cofondateur de The Bridge. À droite : Yves Gillet cofondateur de The Bridge et président du Club des 100

Mots clés : entreprneeurs, Numa, The Bridge