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Innovation

#MaddyWorld La Réunion : sous les tropiques, le numérique

#MaddyWorld : La Réunion : sous les tropiques, le numérique Photo de Mikael Cho
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Cadre idyllique, positionnement géographique stratégique, politique de développement et de structuration volontariste, l’île française de l’océan Indien s’est créée ces vingt dernières années un écosystème digital séduisant, couronné l’an dernier par l’obtention du label French Tech. Objectif : devenir un hub du numérique entre Afrique, Europe et Asie.

Ce qui était un handicap pour La Réunion, à savoir son éloignement avec la métropole française (10h d’avion), tend à s’effacer à l’ère du numérique. Outre un cadre de vie mêlant climat tropical, mer turquoise et montagnes verdoyantes, l’île a aujourd’hui des atouts indéniables économiquement parlant, du fait de sa proximité avec l’Afrique (Johannesburg, principal hub d’Afrique, est à 4h de vol) et d’un faible décalage horaire avec Paris (3 heures max). « Le premier fossé à combler, c’était la connectivité. Or, aujourd’hui, nous sommes reliés à deux câbles sous-marins, la fibre est en plein déploiement et l’île fait partie du plan THB (très haut débit) comme la métropole » rappelle Philippe Arnaud, président de Digital Réunion. Cette association affiliée au Syntec Numérique regroupe une centaine d’entreprises représentant 85 % du chiffre d’affaires et des salariés du numérique réunionnais, depuis les opérateurs internet et mobiles aux startups les plus diverses. En vingt ans, elle a soutenu et accompagné le développement de la filière dans ce département d’outre-mer de 800 000 habitants.

Une croissance chouchoutée

Un secteur qui compte aujourd’hui 540 entreprises et emploie plus de 4600 salariés, pour un chiffre d’affaires avoisinant les 1,5 milliard d’euros. Et qui ne demande encore qu’à se développer, comme en témoignent plusieurs dispositifs forts apportés au soutien des projets innovants. Dans le cadre de la LODEOM (loi pour le développement économique des Outre-Mer, La Réunion bénéficie notamment d’un allègement de charges pour les salariés du numérique jusqu’à 2,6 SMIC. Quant aux crédit impôts recherche (CIR) et crédit impôt innovation (CII), ils sont supérieurs de 10 points à la métropole (50 % pour le CIR, 40 % pour le CII). « Un cadre favorable à la croissance », estime Philippe Arnaud, et un apport à « la compétitivité des entreprises réunionnaises sur du service à forte valeur ajoutée, notamment vis à vis d’une concurrence régionale à bas-coût comme celle de l’île Maurice ou de l’Afrique du Sud. » La Réunion a aussi intégré avec l’aide du Syntec le programme national « 5 000 startups », qui fournit accompagnement juridique et social aux nouveaux entrepreneurs.

Une filière structurée

Collectivités locales (conseil régional, communautés de communes) et associations d’entrepreneurs ont mis la main à la pâte pour bâtir un écosystème solide et dynamique. Technopoles (dans le Nord et le Sud), incubateurs, accélérateurs, espaces de co-working, fablabs ont poussé comme champignon, et d’autre tiers-lieux sont encore en projet. La Réunion développe également ses compétences localement, grâce à divers cursus en numérique et ingénierie jusqu’à bac +5 : L’Université, l’IUT ou l’école Supinfo sortent 300 Bac + 3 et 80 ingénieurs chaque année. Et une école d’ingénieurs Epitech ouvrira ses portes à la rentrée prochaine…

Un label French Tech en e-santé

Tout cela a accompagné la candidature de La Réunion au label French Tech, couronnée de succès il y a tout juste un an. La thématique retenue, la e-santé, s’est imposée naturellement. « La Réunion était déjà un pôle santé fort dans l’océan Indien, avec son CHU ou encore le Cyclotron. L’île fait aussi partie du programme d’expérimentation national Parcours de soins numérique, ce qui correspond au niveau avancé requis pour la French Tech », rappelle Philippe Arnaud. L’objectif de créer vingt startups dans les deux ans est déjà pratiquement atteint : 19 ont vu le jour en un an à peine. L’une d’elles, Logipren, présentait il y a peu à Futur en Seine son service d’assistance à la prescription médicale pour les nourrissons déjà largement utilisé dans les hôpitaux de France.

Quelques success stories

Si aucune licorne n’a encore émergée de la Réunion, quelques startups ont bien tiré leur épingle du jeu et rayonnent à l’international. C’est le cas de Cirrus, créateur de logiciel back-office pour les compagnies aériennes. Ou d’Orika, spécialisé dans la gestion de lignes de caisse et la gestion commerciale pour les moyennes et grandes surfaces. On évoquera aussi Isodom, conseil en organisation et service qualité, ou Exodata, experts en infogérance… 

Une ouverture au monde

La French Tech exigeant un événement d’envergure chaque année, le Business Forum NXSE (prononcer Nexsie) a vu le jour l’an dernier à Saint-Denis de la Réunion. Près de 300 investisseurs et entrepreneurs venus d’Afrique et de l’océan Indien s’y sont rencontrés sous les bons auspices des French Tech d’Abidjan, Cape Town et du Pays Basque. Résultat : 50 accords, contrats et partenariats divers signés en l’espace de trois jours. Et quatre nouveaux investisseurs pour la Réunion. La prochaine édition de NXSE aura lieu les 3, 4 et 5 octobre prochains. L’objectif est fixé : faire de La Réunion le nouveau hub français du numérique dans cette partie du monde.

nxse

Mots clés : la réunion, MaddyWorld, nxse
  • Matthieu Bacquin

    Oui le CIR et le CII sont beaucoup plus généreux à La Réunion. Et oui, le numérique abolit les distances, y compris l’accès aux meilleures expertises : DO-IT-YOURSELF et conseils d’experts à distance avec des LegalTech comme Legalstart.fr et désormais des ConsulTech comme http://www.self-and-innov.fr, dédiée à la fiscalité de l’innovation.