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« La pire chose qui peut arriver sur un marché, c’est l’inertie », Jean de La Rochebrochard

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Par Iris Maignan - 08 juin 2016 / 00H00 - mis à jour le 09 mars 2018

Entrepreneurs et financeurs de la France entière se réuniront demain à Talence près de Bordeaux pour la sixième édition de l’Innovaday, une journée de rencontres dédiée au financement des startups et à l’innovation. Jean de La Rochebrochard, partner chez Kima Ventures, a répondu aux questions de la rédaction sur les tendances qui bousculent le secteur de l’investissement.

L’Innovaday 2016qui attend environ 600 participants, ambitionne de permettre aux entrepreneurs, financeurs et partenaires de l’innovation présents d’échanger autour du secteur, mais également de déceler des pépites prometteuses grâce notamment au Forum national d’Investissement (sélection de 33 entreprises françaises selon leur potentiel de croissance et leur caractère innovant). L’occasion pour Maddyness de faire le point sur le système d’investissement français avec Jean de La Rochebrochard, partner chez Kima Ventures. 

Les business angels s’imposent

Premier constat : les business angels mettent désormais de plus gros tickets sur les startups. Il y a quelques années, il était encore difficile de boucler un tour de financement seulement avec des business angels, mais aujourd’hui le système évolue et cela deviendrait presque commun.

«  C’est la conséquence d’un écosystème qui devient de plus en plus mature et qui se démocratise, auquel de plus en plus de gens s’essayent « 

Jean de La Rochebrochard

C’est par exemple le cas de la jeune pousse Wingly, qui vient de boucler une première levée de fonds auprès d’experts aéronautiques et d’entrepreneurs tels que Thibaud Elzière (Fotolia), Felix Haas (Amiando, IDNow, Bits & Bretzels) ou encore Charles Cabillic. United Motion Ideas, de son côté, a levé 700 000 euros la semaine dernière auprès de l’investisseur Thomas Schmider, cofondateur d’Infogrames-Atari et fondateur de Prozone.

D’un autre côté, les fonds de capital-risque ont tous levé des fonds ces dernières années, et ont pas conséquent recruté de nouveaux collaborateurs. Une évolution qui a permis à plusieurs jeunes investisseurs d’entrer sur le marché, aux profils plus proches des entrepreneurs.

«  Les nouveaux VC ont un profil plus entrepreneur alors que les anciens VC ont un profil plus financier « 

Jean de La Rochebrochard

Les véhicules d’investissement se multiplient

Ensuite, on voit de plus en plus de véhicules d’investissement émerger, créés à l’occasion d’opérations. Le principe est simple : un acteur français investit dans une startup et crée un véhicule dans lequel entrent plusieurs business angels. Un « syndicat » qui permet de n’avoir qu’une seule ligne sur sa table de capitalisation et une seule personne qui gère l’investissement. Celle-ci ne prend aucun frais sur l’opération mais se rémunère à la performance sur chacun des deals.

En résumé, le marché français de l’investissement se porte plutôt bien. Jean de La Rochebrochard nous explique que celui-ci était encore, il y a quelques temps, très structuré et réglementé, dans lequel il n’y avait pas de place pour les outsiders. Aujourd’hui le système évolue : les règles s’assouplissent, de plus en plus d’entrepreneurs investissent, et le marché devient de plus en plus compétitif. De nouvelles initiatives de financement et d’accompagnement voient alors le jour. Si ces dernières ne sont pas nécessairement là pour financer, elles aident l’écosystème financier à avancer.

Jean de La Rochebrochard insiste enfin sur l’importance de la fluidité de l’écosystème des business angels, qui crée une véritable compétition sur le marché, qui elle-même crée finalement l’innovation.

«  La pire chose qui peut arriver sur un marché, c’est l’inertie. Dès qu’on commence à casser le confort d’un marché, ça crée du mouvement et donc de l’innovation « 

Jean de La Rochebrochard

Par

Iris Maignan

08 juin 2016 / 00H00
mis à jour le 09 mars 2018
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