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Que font les fonds ? Le portrait de XAnge

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Que font les fonds ? Le portrait de XAnge

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Par Iris Maignan - 15 mai 2018 / 18H00

Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et surfer sur une bonne occasion de communiquer, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds français pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour de XAnge !

Si le nombre de fonds d’investissement français a considérablement augmenté ces huit dernières années, XAnge peut aujourd’hui se targuer de faire partie des plus incontournables du marché français. Et pour cause : fondé en juillet 2004 sous l’impulsion du groupe La Poste et d’ABN-Amro, celui-ci a accumulé 14 années d’expérience et a de belles opérations à son actif : Chauffeur Privé, Lydia, Ledger, Evaneos, La Ruche Qui Dit Oui, ou encore Neolane.

Une présence et une notoriété que le fonds n’aurait peut être pas aujourd’hui, s’il n’avait pas pris la décision de se réinventer en 2015, au moment même où la pression concurrentielle monte entre les différents acteurs du marché. À cette époque, XAnge, considéré à raison comme un Corporate Venture, rencontre des difficultés pour lever des fonds. Le coût en fonds propres des 69 participations de la société se révèle trop lourd. La solution est rapidement trouvée : La Banque Postale, qui détient alors 90% de XAnge, sort intégralement du capital, tandis que le groupe La Poste prend une participation directe de 20%. Le reste est alors cédé à un fonds de LBO, Siparex, qui compte alors 1,2 milliard d’euros sous gestion et plus de 900 entreprises financées depuis sa création.

Ce dernier, intégralement détenu par son management, fera profiter à XAnge de son indépendance. Les deux marques décident alors d’évoluer séparément : Siparex pour l’investissement sur les segments midmarket et régional et XAnge pour le capital innovation. Le fonds, qui depuis ses débuts est spécialisé dans les investissements numériques, va alors peu à peu s’ouvrir à de nouveaux domaines : les deeptech, et les startups à impact social.

Il y avait une vraie sensibilité dans l’équipe pour les deeptech, on a conceptualisé cette intuition et on se rend de plus en plus compte que c’était un bon choix – Cyril Bertrand, membre du directoire de XAnge

Avec 400 millions d’euros sous gestion pour un ticket moyen allant de 0,5 à 5 millions d’euros, XAnge compte, à ce jour, 70 entreprises actives dans son portefeuille. Des entreprises qui rejoignent le fonds, notamment, pour sa capacité à les accompagner dans la durée : « Le principal stress de l’entrepreneur, c’est le cash. Un bon VC doit pouvoir apporter aux startups une garantie de refinancement si besoin. Pour cela il faut être soi-même très discipliné avec ses propres finances, très prévoyant… Ce qui veut dire garder beaucoup d’argent non utilisé en prévision du futur. les investisseurs qui produisent cette garantie prouvent aux startups qu’ils peuvent les accompagner financièrement durant, en moyenne, sept ans et demi », explique Cyril Bertrand.

Autre atout du fonds vis-à-vis de ses concurrents : la présence d’un pool d’experts constamment renouvelé, et donc constamment en compétition. « la culture du service se développe énormément en France. On a choisi de fonctionner avec des experts externes car, l’expérience l’a montré aux États-Unis, les experts internes perdent assez vite en qualité car ils sont captifs. Notre travail, c’est de les sélectionner », précise Cyril Bertrand.

Enfin, celui qui se conçoit aujourd’hui comme un acteur bi-national de part sa présence en France et en Allemagne (XAnge réalise 3/4 de ses investissements dans l’Hexagone et 1/4 en Allemagne), met un point d’honneur à faire entrer un grands fonds international au moment fatidique de la série B.

« L’idéal pour les meilleurs fonds français c’est de passer le relai à l’international. C’est un peu le signe qu’on a bien fait notre travail de passage de témoin entre l’amorçage et la série B » – Cyril Bertrand

Une rigueur qui lui a permis, ces dernières années, de séduire bon nombre d’entrepreneurs à potentiel, mais également d’affiner ses exigences dans sa sélection de startups : « Il y a deux risques que l’on ne prend pas : le management, et l’idée. Pour le premier, on va avoir une attention toute particulière sur la qualité d’exécution, cette capacité à faire avancer les sujets difficiles là ou d’autres n’y arrivent pas en maintenant notamment son attention sur un sujet délicat pendant longtemps. C’est très difficile à détecter en amont, mais on le voit dans la manière dont les entrepreneurs pitchent leur projet, c’est une maquette parfaite à petite échelle. Pour le second, on va chercher des idées qui tiennent la route pendant près de 10 ans, et si on y réfléchit… il n’y en a pas beaucoup », explique Cyril Bertrand.

En revanche, le fonds ne voit aucun inconvénient à investir dans des projets comportants des risques de compétition, de concurrence, de régulation, ou de valorisation.

« Est-ce qu’on est prêts à investir dans un projet issu d’un secteur concurrentiel ? Bien sûr. Est ce qu’on est prêt à payer plus cher pour avoir un excellent deal ? bien évidemment » – Cyril Bertrand

Et si le fonds s’est concentré de nombreuses années sur les séries A, il avoue aujourd’hui se déplacer de plus en plus vers l’amont de la chaîne pour se positionner sur les meilleurs deals : « La compétition s’intensifie en France, entre les fonds. Une fois qu’un deal est signé par un autre fonds, on arrivera pas à entrer ou pas dans des conditions financières très glorieuses. On prend des risques un peu plus grands mais on se construit une position capitalistique sur les meilleur projets« , raconte Cyril Bertrand.

Une véritable tendance, qui a permis a XAnge de signer de belles opérations ces dernières années, à commencer par Neolane, cédé à Adobe en 2013 pour 600 millions de dollars. Plus récemment, Chauffeur Privé, dont XAnge entrait au capital en 2015, passait sous pavillon allemand, racheté par Daimler. Un combo réussi pour XAnge, qui ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Par

Iris Maignan

15 mai 2018 / 18H00
mis à jour le 16 mai 2018
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