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La crise, accélérateur d’une économie à impact ?

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Par Anne Taffin - 01 mai 2020 / 08H00

En pointant les faiblesses de la France, le Covid-19 replace sur le devant de la scène des métiers sous-estimés et interroge sur notre système économique. Ce virus pourrait-il faire bouger les lignes politiques vers une stratégie économique plus durable ?

Le coronavirus a déjà tué plus de 20 000 personnes en France et 200 000 dans le monde. Il pourrait également faire disparaître ceux qui construisent l’avenir dont notre monde a besoin : un avenir durable, résilient et écologique”. C’est par ces mots que débute une tribune dans laquelle des acteurs de l’économie à impact réclament 1 milliard d’euros pour aider le secteur. Comme les autres pans de l’économie, cette branche particulière, doit faire face à une baisse drastique de ses revenus.

SOS, secteur en détresse !

Les mesures prises par l’État pour tenter de juguler les hémorragies de trésorerie des entreprises ont étonnamment du mal à s’appliquer aux acteurs de l’ESS. “On constate un véritable laisser de côté des petites startups et associations qui ne sont pas dans un schéma de levée de fonds classique et sont sous-capitalisées” , s’indigne Eva Sadoun, fondatrice de Lita.co et co-présidente de Tech For Good France. Le gouvernement peut avoir la tentation de « considérer que l’urgence est à la sauvegarde d’une économie sinistrée plutôt qu’à la transition sociale et environnementale et à l’évolution vers un nouveau modèle de croissance«  , ajoute Jean Moreau, co-fondateur de Phenix et co-président de Tech For Good France. Leur statut hybride, qui leur permet de ne pas dépendre des subventions étatiques, devient aujourd’hui un caillou dans leurs chaussures. Les difficultés de l’ESS à bénéficier de ces dispositions financières souligne “le manque de reconnaissance de leur rôle par l’État” , estime Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS. 

Les investisseurs s’avèrent frileux aussi. Pourtant, les entreprises de l’ESS opèrent souvent une gestion en bon parent, loin du cash burn des startups de la tech classique, ce qui leur permet d’être assez résilientes. Certaines entreprises s’en sortent un peu mieux. “Les grosses associations ou structures sont soutenues par les acteurs institutionnels qui ont déjà beaucoup investi dedans et ne veulent pas y perdre” , souligne Eva Sadoun. Les subventions sont majoritairement et naturellement redirigées vers le secteur médical. Mais il ne faudrait pas que ces soldats en première ligne cachent la forêt qui oeuvre en silence.

Un secteur porteur de sens mais aussi d’emplois 

Concernant l’aide alimentaire, le logement ou encore le soutien aux sans domicile fixe, la demande est toujours là. Les entreprises et associations à impact poursuivent toujours leurs activités mais elles “ne sont plus financées par les corporates qui ont d’autres priorités”, poursuit Eva Sadoun. L’arbitrage n’est pas simple pour le gouvernement. “L’emploi est encore un mot clé en France et l’État préfère sauver l’économie à court terme”  , explique Jean Moreau. Paradoxalement, les structures de l’ESS recrutent 2,5 fois plus que les entreprises classiques selon le collectif #NousSommesDemain. “Nous recevons énormément de CV et pas uniquement de jeunes mais aussi de personnes en fin de carrière qui ont envie de donner du sens à leurs actions” , ajoute le fondateur de Phenix.

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À trop laisser de côté ces acteurs, l’État pourrait aussi finir par s’en mordre les doigts. “Beaucoup d’entreprises sociales risquent de mourir si aucune aide financière ne leur est apportée”, poursuit Eva Sadoun. Si c’est le cas, gare à l’effet boomerang ! Leurs actions compensent une partie de celles que devraient mener le gouvernement et c’est bien à lui qu’elles incomberont en cas de disparition. “Bercy a tendance à oublier les coûts évités qu’elles permettent” , interpelle Eva Sadoun . Si aucun effort n’est fait pour préserver ces emplois, c’est tout une partie de la jeunesse, très engagée, qui pourrait se retrouver le bec dans l’eau. 

Le secteur répond présent dans la crise

Comme tout système, celui de l’Hexagone a ses faiblesses et le Covid-19 ”agit comme un révélateur des dérèglements du modèle économique dans lequel nous vivons, qui creuse les inégalités et nuit à l’environnement” , estime Marine Creuzet, responsable de la communication du Groupe SOS .
Face aux difficultés rencontrées par le pays, les entreprises de l’ESS n’ont pas tardé à se mobiliser pour y répondre comme 1083 qui a modifié sa chaîne de production pour fabriquer des masques. Epicery a choisi d’offrir son application à tous les commerçants pour leur permettre de vendre plus facilement leurs produits tandis qu’Hacktiv, la plateforme d’appel au bénévolat du Groupe SOS, a aidé plusieurs villes à mobiliser des volontaires. De nombreux mouvements de solidarité ont émergé pour soutenir les commerces de proximité comme « Sauvons nos commerces ». Au niveau de l’éducation et de l’occupation des enfants, les startups ont aussi répondu à l’appel et aux besoins des parents en offrant une partie de leurs solutions comme Pandacraft. Les associations et les startups comme Entourage restent également mobilisées auprès des personnes sans domicile fixe. Le secteur ne faiblit pas mais reste en avant garde pour apporter son aide et fait preuve d’une grande adaptation.

Les Français·es ont répondu aux appels lancés par tous ces acteurs et se sont montrés solidaires. Et cet engagement ne devrait pas faiblir une fois le déconfinement venu. Selon une étude Kantar et PWC d’avril 2020, 62% ont l’intention de continuer à être solidaires envers les commerçants qui souffrent et ceux qui ont oeuvré positivement depuis le début du confinement. Une consultation citoyenne menée par le Groupe SOS, la Croix Rouge, WWF France, Unis Cité, Mouvement UP a récolté plus de 600 000 participations. Les premières tendances qui se dessinent sont la consommation locale la relocalisation des activités et la revalorisation de certains métiers.

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Un mouvement renforcé par la crise

Si Hugues Sibille se veut confiant et combatif , il est aussi réaliste. “Nous sommes dans un momentum, il y a beaucoup de risques mais aussi d’opportunités qui s’ouvrent pour l’ESS”. La crise ne modifiera pas du jour au lendemain les comportements et la frustration engendrée par le confinement pourrait bien pousser, dès le 11 mai, des milliers de citoyens et citoyennes dans les boutiques. “Il faudra voir quels nouveaux équilibres nous allons trouver dans les années qui viennent et faire le maximum pour ne pas tomber dans le business as usual d’avant” , conclut le directeur du Labo de l’ESS. Le combat continue, porté par une prise de conscience.  

Afin de faire entendre la voix de ses entreprises, le collectif #NousSommesDemain, qui regroupe des acteurs sociaux, de la Tech For Good France et en transition (leboncoin, le Slip Français), veut se transformer en alternative au Medef. “Nous voulons présenter une autre figure de l’entrepreneuriat, plus jeune et en transition face à un Medef dont les propos semblent venir d’un autre temps” , souligne Jean Moreau. L’entrepreneur fait sans doute référence à la proposition du consortium d’annuler certaines mesures environnementales dont on avait déjà forcé l’accouchement aux forceps. “La digitalisation des acteurs de l’ESS, via des formations gratuites par exemple, sera aussi un point essentiel”, estime également Jessica Laïk, déléguée générale de Tech For Good France.

Le mouvement est en marche, renforcé dans ses convictions par une crise qui remet en perspective les valeurs qui nous tiennent à coeur. La France et l’Europe s’apprêtent à injecter des milliards pour relancer l’économie, espérons que leur boussole ne les éloignent pas trop du climat et des avancées sociales. 

Par

Anne Taffin

01 mai 2020 / 08H00
mis à jour le 04 mai 2020
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