Décryptage#Étude
17 novembre 2020

Les métiers « utiles » gagnent des galons face à l’informatique pour les reconversions

Lorsqu'ils envisagent une reconversion, les Français privilégient aujourd'hui les métiers "utiles" qui présentent l'avantage de nécessiter des formations courtes. Plus rémunérateurs, les métiers de l'informatique restent prisés mais pâtissent d'un temps de formation plus long.

L’informatique, ça recrute ; les startups créent des emplois ; il y a une pénurie de développeurs… Autant d’affirmations que l’on a l’habitude d’entendre pour vanter les mérites de s’orienter ou se reconvertir dans les métiers du numérique. C’est tout à fait vrai. Mais ce n’est plus la voie royale vers l’emploi, en tout cas pas forcément celle que choisissent les reconverti·e·s. Avec la crise, les priorités ont été bousculées et d’autres professions ont gagné leurs lettres de noblesse.

Une étude Codingame, qui a analysé les besoins de main d’oeuvre déclarés par Pôle Emploi, les métiers en tension recensés par LinkedIn ainsi que les temps moyens de formation pour les postes concernés, a ainsi établi le top 10 des métiers qui permettent de retrouver un emploi dans la conjoncture actuelle. Si les postes informatiques (spécialiste SEO, développeur, ingénieur logiciels et ingénieur systèmes) restent bien présents dans ce classement, non seulement ils ne sont pas majoritaires, mais ils ne tiennent même pas le haut du pavé !

On retrouve ainsi les métiers de chauffeur-livreur et chauffeur poids lourd sur les deux premières marches du podium. Leur gros avantage ? Ils présentent un temps très réduit de formation – respectivement une et quatre semaines. De quoi attirer des foules dans une période où le taux de chômage risque de grimper et où le besoin d’une reconversion rapide est plus accru. Notons également que pour un même temps de formation – 144 semaines – le métier d’infirmier (sixième) est préféré à ceux de commercial ou conseiller financier.

L’informatique paye mieux

Les métiers de l’informatique ont pour eux de présenter des niveaux de salaire nettement supérieurs aux autres professions de ce top 10 – si l’on exclut toutefois les postes de commerciaux, de loin les plus rémunérateurs avec une moyenne de 52 000 euros brut par an. Quatrième juste derrière le spécialiste SEO, le métier de développeur cumule les bons points : un temps de formation relativement court (16 semaines), une pénurie de talents que la crise tend à accroître et le meilleur salaire moyen des cinq premières places, avec 39 000 euros brut annuels, loin devant les chauffeurs-livreurs (19 000 euros) ou les logisticiens (25 000 euros). « Les possibilités d’emploi dans le secteur IT sont nombreuses et devraient continuer à augmenter à l’avenir, explique ainsi l’association Codingame. Avec la crise sanitaire, le métier de développeur est devenu la colonne vertébrale du maintien de l’activité économique de très nombreuses entreprises, tous secteurs d’activité confondus.« 

Un métier qui s’est largement démocratisé ces dernières années. « Les formations courtes et autres ‘bootcamps’ pour accéder aux métiers du développement se sont multipliés de manière exponentielle, en ligne et à distance : des formats propices à la conjoncture actuelle, note encore Codingame. Ces formations ont le mérite de former des professionnels débutants immédiatement opérationnels en entreprise, dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Par ailleurs, les ressources disponibles en ligne pour apprendre le code par soi-même sont nombreuses et permettent d’apprendre de manière gratuite. »

Notons que les postes de spécialistes SEO et de développeurs sont ainsi les seuls dans le milieu informatique à être accessibles avec un temps de formation de moins de six mois. Un critère décisif pour les rendre plus attractifs que ceux d’ingénieur logiciels ou systèmes, qui occupent les neuvième et dixième places du classement. En effet, s’ils présentent des niveaux de salaire sans commune mesure avec les autres postes présentés (respectivement 48 000 et 45 000 euros brut annuels), ils nécessitent des formations beaucoup plus longues – 240 semaines chacun – peu adaptées à des envies ou des besoins de reconversion rapide voire urgente.