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24 mars 2021

Olivier Mathiot devient directeur général du fonds 2050 créé par Marie Ekeland

À la tête de France Digitale en 2012, Olivier Mathiot était alors secondé par Marie Ekeland. L’investisseuse, qui a créé 2050 pour financer des projets à impact, le recrute à son tour en tant que directeur général de son fonds, qui ambitionne d'investir un milliard d’euros d’ici à 2030. Le co-fondateur de PriceMinister sera chargé d'organiser le véhicule.

2050 prend du galon. Le véhicule d’investissement, fondé fin 2020 par Marie Ekeland pour financer des projets à impact (santé, éducation, habitat, transport et assurance), est rejoint par un expert du capital-risque : Olivier Mathiot. Diverses expériences au sein de l’exécutif d’entreprises telles que PriceMinister – qu’il a co-fondée – et Rakuten ont conduit l’homme d’affaires à occuper un rôle central au sein de l’écosystème tech français. Il a notamment présidé France Digitale, l’association chargée de fédérer ce dernier, à partir de 2012 aux côtés de Marie Ekeland. À travers ces retrouvailles, les deux investisseurs disent vouloir « répondre aux préoccupations de chacun concernant le futur des prochaines générations ».

Combler un « manque » en France

Au-delà de qualités entrepreneuriales, Olivier Mathiot fait état d’un historique long comme le bras en matière d’investissements. Parmi ses cibles, des scaleups telles que Cubyn – qui a bouclé une série C à hauteur de 35 millions d’euros la semaine dernière. Au total, ce sont « plus de 40 sociétés de la FoodTech, la FinTech, l’e-commerce ainsi que la mobilité » qui ont été soutenues par le business angel. Resté membre du conseil d’administration et vice-président de France Digitale depuis 2017, date à laquelle il a quitté la présidence de l’association, Olivier Mathiot a largement recentré ses efforts sur la Tech4Good. Il conseille les entrepreneur·euse·s et sociétés de capital-risque qui s’inscrivent dans ce mouvement.

L’homme d’affaires est président non-exécutif de TheCamp, un centre d’innovation basé à Aix-en-Provence, depuis la mi-2018. Une mission qui l’encourage à réfléchir le monde de demain, à l’image de 2050. C’est pourquoi il affirme que son arrivée dans le fonds porté par Marie Ekeland « est une évidence dans [son] parcours personnel » . Olivier Mathiot juge que « le secteur financier a du mal à penser long terme et tend souvent à désaligner, sous la pression du court terme, non seulement les intérêts des entrepreneurs et investisseurs, mais aussi ceux des entreprises et de leurs clients, des citoyens et de la planète » . Celui qui avance que 2050 comble un « manque » dans le paysage français des véhicules d’investissement assure que « les meilleurs entrepreneurs sont convaincus que le moment d’agir et de changer de paradigme est venu » . Il devra fixer le cap du jeune fonds.

« Nous avons démontré que nous fonctionnons très bien ensemble au travers du succès de France Digitale, juge Marie Ekeland, qui précise qu’Olivier Mathiot aidera à « organiser la scalabilité » du modèle de 2050. Son expérience entrepreneuriale et son expertise de serial business angel feront toute la différence » . Insistant sur « la curiosité, l’énergie et la vision » du co-fondateur de PriceMinister, l’investisseuse rappelle aussi que « 2050 s’inscrit dans la durée » . « Notre mission est de concevoir l’investissement comme fertile » , argue-t-elle ainsi. De quoi remettre la spécificité de la structure sur le devant de la scène, puisqu’il s’agit d’un fonds d’investissement « evergreen » – qui, à l’inverse des fonds classiques, ne limite pas les durées d’investissement dans le temps. Pour mémoire, 2050 prévoit de lever « entre 100 et 150 millions d’euros par an, afin d’investir plus d’un milliard d’euros d’ici à 2030 ». Son premier investissement connu a eu lieu dans Withings.