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8 décembre 2021
Programme french tech NA20
Les lauréats du programme NA20 de la French Tech Bordeaux.

French Tech Bordeaux : 20 startups à impact qui méritent d’être connues

Toutes les startups lauréates du programme NA20 (Nouvelle-Aquitaine) défendent les valeurs de la French Tech et proposent un projet engagé en faveur de sujets de société, principalement sur l’environnement et la santé.

Dégoter « les petits génies » de Nouvelle-Aquitaine. C’est l’objectif du projet NA20 (NA pour Nouvelle-Aquitaine et 20 pour le nombre de startups retenues), piloté par la French Tech Bordeaux et porté par l’ensemble des sept écosystèmes French Tech de Nouvelle-Aquitaine. Sur les 63 startups candidates, vingt ont été sélectionnées et annoncées le 7 décembre pour la première édition. Il s’agit de Aquassay, Axioma, Comerso, Ertus Group, EthicDrinks, FACIL’iti, Geev, Gouach, Résurrection, Keenat, Lynxter, Materrup, Minuit sur terre, Les Nouvelles Fermes, PolymerExpert, Primobox, Sanodev, Synapse Medicine, Toopi Organics et Trizzy. Toutes ont su « proposer un projet engagé en faveur de sujets de société et peuvent avoir un impact sociétal », principalement concernant l’environnement et la santé, indique Cyril Texier, président de French Tech Bordeaux


L’innovation avant tout 

En 2021, French Tech Bordeaux a représenté 640 entreprises adhérentes et 28 000 emplois (contre 380 entreprises adhérentes et 20.000 emplois il y a deux ans). « La Nouvelle-Aquitaine est un territoire d’entrepreneurs et d’entrepreneuses. D’autant plus que la pandémie de Covid-19 a fait déplacer la population mais également les entrepreneurs en régions » . Fort de ce constat, Cyril Texier a voulu s’inspirer des programmes French Tech Next40/120 qui offrent un soutien aux entreprises françaises ayant le potentiel de devenir des leaders technologiques mondiaux. « Il s’agit majoritairement de structures parisiennes. Mais il y a aussi des pépites en régions qu’il faut aider à développer », estime-t-il. 

Des pépites qui défendent les valeurs de La French Tech – innovation, croissance et création d’emplois sur le territoire, impact sociétal positif, préservation de l’environnement, gouvernance responsable – et qui pourront bénéficier d’une belle exposition. « Nous jouons les entremetteurs. Lorsque nous organisons des événements, ceux-ci rassemblent plusieurs centaines de personnes. Il y a une réelle effervescence », explique Cyril Texier. Adhérer à cet écosystème bouillonnant offre donc une grande visibilité aux startups, tant au niveau local que national. « La French Tech, ce n’est pas seulement de la Tech mais c’est de l’innovation avant tout. On peut innover dans l’alimentation, l’éducation, l’agriculture… » Cyril Texier prévoit déjà de refaire un classement NA20 l’année prochaine. Et il ambitionne même plus : « Notre idée est sûrement duplicable dans d’autres régions. » 

Les 20 lauréats annoncés le 7 décembre : 

Aquassay : La startup basée à Limoges s’adresse aux grands acteurs de l’industrie hydrique pour leur proposer un usage et un traitement de l’eau tournés vers la performance industrielle et environnementale. Elle s’appuie sur un modèle économique double : les prestations de services sur site, et sa solution SaaS complète. Ses outils permettent de réduire de 75% la consommation d’eau d’une usine automobile ou encore la baisse de 95% des rejets de pollutions non conformes d’un site pétrochimique.

Axioma : Cette startup de Brive-la-Gaillarde conçoit, produit et distribue des biosolutions à base d’agencements complexes d’extraits de plantes. Ceci est destiné à stimuler naturellement les processus physiologiques des productions agricoles végétales et animales. L’entreprise a déjà signé des contrats avec des distributeurs mondiaux et dispose désormais d’une usine de 3500 m2. 

Comerso : La startup née en 2013 dans l’Agenais mais installée à Bordeaux a fait de l’anti-gaspi son crédo. Elle connecte les acteurs de la distribution, de la restauration, de la logistique, de l’industrie ou de la production, avec un « écosystème de récepteurs » parmi lesquels les associations, les acteurs du déstockage, de l’alimentation animale, de la méthanisation ou du compost. Depuis sa création, elle estime avoir sauver des poubelles 33000 tonnes de marchandises. 

Ertus Group : La startup bordelaise a développé un ERP viti-vinicole visant à aider les professionnels du vin à mieux maîtriser leur production, à passer des certifications environnementales, à mieux respecter les normes et les dosages ainsi que les gestes de sécurité des personnels. Elle aide aussi à respecter les zones à traiter et les zones interdites (ZNT rivières et riverains), à prévenir le voisinage lors des interventions phytos et à éviter des mélanges interdits. 

EthicDrinks : La société créée à Bordeaux en 2019 propose du vin « respectueux de l’environnement, sans aucune concession sur le produit, sur ses composants d’emballage et de transport ». Vin bio mais surtout aucun capsule, bouchon en liège bio issu de forêts durables, bouteille allégée issue de verre recyclé, étiquettes en papier recyclé, emploi de colle végétale à base de pomme de terre, emballage éco-conçu, zéro plastique dans l’entreprise, compensation de toutes les émissions carbone… Les expéditions se font également en camion roulant au bioéthanol ou en train. 

FACIL’iti : Basée à Limoges, Facil’iti propose un appui technologique aux 33% de la population mondiale qui souffre d’un handicap ou d’une perte d’autonomie qui ont besoin d’adapter leur navigation sur internet ou sur les applications. Cette solution gratuite pour l’utilisateur permet une adaptation sur-mesure de l’affichage des outils digitaux à plus de 20 handicaps ou troubles de navigation sans refondre le site web et vient rendre la lecture et l’utilisation plus aisées.

Geev : La startup spécialisée dans l’anti-gaspillage veut « donner une seconde vie à des millions d’objets et d’aliments tout en recréant du lien social et de la solidarité localement ». Depuis trois ans, elle a permis de donner une seconde vie à 21.280 tonnes d’objets et de sauver 175 tonnes de nourriture à fin septembre 2021. Pour cela, elle démocratise le don d’objets et de nourritures entre particuliers mais aussi vers les professionnels. 

Gouach : La startup bordelaise s’est fixé un sacré défi : construire la première batterie électrique pour vélo et trottinettes qui est entièrement réparable, de façon simple et sûre, en moins de 10 minutes. L’entreprise souhaite réduire le volume des déchets électroniques et abaisser de 70% le bilan carbone des batteries. 

Résurrection : La startup anti-gaspi veut redonner vie à des ingrédients comme le marc de pomme issu de la fabrication du cidre pour en faire notamment des biscuits apéritifs sains. Leur but est de « créer de la valeur à partir des résidus de l’industrie agroalimentaire », explique la jeune entreprise de Canéjan. Un site de production ouvrira en janvier. 

Keenat : Installée à Villenave-d’Ornon, Keenat propose aux collectivités et entreprises des services de sensibilisation, de collecte des mégots, chewing-gums ou encore masques qui polluent les rues. La matière est ensuite transformée, plutôt qu’être incinérée ou enfouie.

Lynxter : A Bayonne, la startup spécialisée dans la fabrication additive conçoit des imprimantes 3D professionnelles et industrielles, modulables, évolutives et multi-matériaux, dans le cadre d’un écosystème ouvert. Cela permet aux lignes de production de pallier les problèmes et pannes, aux bureaux d’étude d’itérer à moindre coût différentes versions du produit et au milieu médical de nouvelles solutions de traitement, plus adaptées. 

Materrup : La startup installée dans les Landes s’attaque à l’empreinte carbone du secteur du BTP. La société a mis au point des bétons de terre bas carbone destinés à la construction et à l’aménagement urbain. Elle entend limiter l’importation de ciment en s’appuyant sur une ressource locale et abondante : l’argile. « Si le béton Materrup remplace 50% du béton traditionnel en France, l’évitement carbone serait de 2,5 millions de tonnes de CO2 par an, soit 25% des objectifs nationaux à horizon 2030 », estime l’entreprise. 

Minuit sur Terre : La startup installée entre la Gironde et la Dordogne conçoit des chaussures et des sacs en matières végétales et recyclées : raisin, pomme, céréales, bouteilles plastiques repêchées en Méditerranée… Les produits sont 100% recyclés, de la semelle aux lacets, les emballages recyclés et recyclables. Zéro plastique dans les colis et zéro composant d’origine animale. Pour l’instant, les produits sont réalisés au nord du Portugal mais espère pouvoir localiser sa fabrication en France. 

Les Nouvelles Fermes : Entre maraîchage, agro-industrie et startup, Les nouvelles fermes mise sur l’aquaponie. Il s’agit d’un élevage de truites et de plantes dans un même système. Les excréments produits par les poissons servent de source de nutriments aux plantes, ce qui permet de maintenir un environnement sain pour les poissons. Cela permet de n’utiliser ni engrais, ni antibiotiques, ni traitement chimique. La startup va ouvrir une seconde ferme à Mérignac lors du premier semestre 2022. 

Primobox : Labellisée Entreprise Numérique Responsable, la société de Pessac vise à dématérialiser tous les documents liés aux ressources humaines (bulletins de paie, contrats de travail, etc) afin de lutter contre l’utilisation massive de papier au sein des entreprises en leur proposant de dématérialiser le tout. 

Sanodev : À Limoges, Sanodev propose aux acteurs de l’agriculture, l’agroalimentaire, l’industrie, le secteur médical, l’utilisation de technologies physiques (lumière pulsée, UV statiques, micro-ondes, plasma et arcs électriques) pour désinfecter, désherber, renforcer et traiter, en respectant l’environnement et la santé et des usagers tout en assurant la réduction de l’utilisation de produits chimiques conventionnels. Elle est notamment créatrice de la LP Box, solution de désinfection par lumière pulsée efficace contre le coronavirus.

Synapse Medicine : Dans le domaine de la santé, Synapse Medicine intervient en soutien aux médecins et pharmaciens afin de les aider à prescrire le traitement adéquat à leurs patients. Le but est d’éviter le mauvais usage des médicaments, responsable de 130.000 hospitalisations évitables et de 30.000 décès chaque année rien qu’en France. Le public le plus concerné étant les séniors, régulièrement amenés à être exposés à des interactions médicamenteuses importantes. –

Toopi Organics : Près de Bordeaux, Toopi Organics propose de collecter l’urine humaine, la transformer et la valoriser en fertilisants biologiques pour l’agriculture. L’urine est collectée dans les zones urbaines et les produits sont distribuées dans les zones rurales. « Le produit Toopi dépense 167 fois moins de CO2 qu’un engrais minéral à surface égale. 1% de l’urine humaine collectée en France équivaut à 1 mois d’eau potable économisé », énumère ainsi la startup.

Trizzy : La startup installée en Charente propose un « assistant zéro-déchet » qui accompagne les collectivités et les entreprises dans la gestion et la réduction de leurs déchets, en favorisant l’économie circulaire locale, le réemploi et le lien social. Trizzy dispense ainsi renseignements, conseils anti-gaspi, et recense les acteurs pertinents autour de ce thème via un chatbot. 

Maddyness, partenaire média de La French Tech Bordeaux