14 décembre 2021
14 décembre 2021
Temps de lecture : 3 minutes
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Sweep, énième exemple de l'attrait des fonds pour les dirigeants à succès

Seulement huit mois après sa levée de fonds en amorçage, Sweep annonce avoir réuni 19,5 millions d’euros en série A. La GreenTech, qui est à l’origine d’un outil de gestion de l’empreinte carbone, a réussi à collecter cette somme du fait de l’expérience de ses fondateurs. Une énième démonstration que l’aura des dirigeants séduit les investisseurs.
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Sweep / Benjamin Schmuck

Sweep passe la seconde. La GreenTech montpelliéraine, qui a levé 4,1 millions d’euros en avril 2021, a cette fois empoché la somme de 19,5 millions d’euros. Elle a reçu le soutien de Balderton Capital, ainsi que de ses investisseurs historiques – New Wave, La Famiglia et 2050. Elle revendique ainsi le "plus important tour de table de série A communiqué par une plateforme de gestion de l’empreinte carbone". L’opération vise à poursuivre l’étayage de son portefeuille de clients en France, et surtout à l’international. Sa solution s’adressant davantage aux grandes entreprises, qui possèdent des filiales à travers le monde, elle est uniquement disponible en anglais. La startup utilisera aussi cette somme pour déployer sa fonction Initiatives, qui permet de simuler différentes stratégies de baisse des émissions.

Les fondateurs ont la faveur des investisseurs

Alors que le Boston Consulting Group (BCG) relevait en novembre que "plus de 90 % des entreprises ne mesurent pas leurs émissions de façon précise et régulière" , Sweep juge ces actions "essentielles pour mettre en place un programme climatique juste". Interrogées par Maddyness, les directions de l’impact récemment créées par des scaleups telles que Shine ou OpenClassrooms – cette dernière utilise la fonction Connect de Sweep afin de cartographier ses émissions - ne disent pas autre chose. La GreenTech aurait ainsi, à l’image de ses homologues, un boulevard pour transformer l’essai avec sa solution de gestion de l’empreinte carbone.

"Face aux avertissements scientifiques sur le climat, les entreprises subissent la pression de clients, investisseurs, régulateurs et employés pour réduire l’empreinte carbone" , note Sweep, qui dit travailler "avec plusieurs entreprises du Financial Times Stock Exchange 500, chacune responsable de 30 à 50 millions de tonnes d'équivalent CO2 tous les ans".

Le modèle économique et les perspectives commerciales de la startup à moyen terme ont, semble-t-il, convaincu les investisseurs de lui faire confiance. Mais pour Balderton Capital, qui a mené ce tour, le profil des fondateurs a notamment été déterminant. "Lorsque nous avons examiné le marché, nous avons été incroyablement impressionnés par la force de l'équipe de Sweep, ainsi que le caractère réfléchi et la maturité de leur produit" , a indiqué par voie de communiqué Bernard Liautaud, managing partner pour le fonds britannique et nouveau membre du conseil d'administration de la GreenTech à la suite de l’opération.

Il faut dire que Rachel Delacour, comme Nicolas Raspal n’en sont pas à leur coup d’essai : les co-fondateurs de Sweep, avec Yannick Chaze et Raphaël Gueller, sont à l’origine de nombreux succès entrepreneuriaux. Ensemble, ils ont notamment fondé l’outil de business intelligence Bime Analytics – revendu pour 45 millions de dollars à Zendesk courant 2015.

Rachel Delacour nous expliquait, au moment de l’amorçage en avril 2021, s’être entourée de Renaud Bettin, un expert de la stratégie carbone des entreprises – qui a co-fondé Net Zero Initiative pour le cabinet de conseil expert de la stratégie bas-carbone et l’adaptation au changement climatique Carbone 4. "Nous avons ainsi des années d’expérience dans l’analyse de données et dans la stratégie carbone" , soulignait la co-fondatrice de Sweep.

La société a donc réussi à prouver, aux yeux des investisseurs, sa capacité à constituer une équipe solide. Même si la plupart des entreprises ne font que débuter leur transition écologique, les besoins demeurent importants. Nombre d’entreprises se créent, à l’image de Fruggr, Greenmetrics ou Searoutes. Mais alors que la concurrence s’intensifie, reste à voir si toutes les entreprises actives dans le domaine trouveront leur place sur le marché.