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30 mars 2022
Emmanuel Blanchet, co-fondateur et directeur général de Deepki, et, Vincent Bryant, co-fondateur et président de Deepki.

Deepki lève 150 millions d’euros pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments

Spécialisée dans l'usage de la data au service de l'efficacité énergétique de l'immobilier d'entreprise, Deepki réalise un tour conséquent pour une startup de la ClimatTech. Ses revenus bondissent et devraient atteindre 30 millions d'euros en 2022.

2021 a été une année record pour les montants levés par les startups engagées dans la transition écologique. Ainsi, 32,3 milliards de dollars d’investissements réalisés en capital-risque à destination des startups de la Climate Tech depuis janvier 2021, selon un rapport publié par London & Partners et Dealroom.

L’actualité de la jeune pousse française Deepki tend à démontrer que cette tendance ne va pas s’arrêter. Créée en 2014, l’entreprise, qui mesure la performance environnementale de parcs immobiliers du tertiaire, annonce une levée de 150 millions d’euros, notamment pour financer son expansion aux États-Unis. Le tour de table est mené par les fonds d’investissement européens One Peak et Highland Europe, basés à Londres, avec d’autres investisseurs comme Bpifrance ou ses investisseurs historiques Hi Inov et Statkraft Ventures.

30 millions d’euros de chiffre d’affaires prévu en 2022

Deepki, qui n’avait levé que 10,5 millions d’euros jusqu’à maintenant, s’adresse aux grands propriétaires de parcs immobiliers tertiaires, investisseurs, banques, compagnies d’assurances ou grandes entreprises comme le groupement des Mousquetaires (Intermarché) en France.

Son logiciel va chercher automatiquement de nombreuses données sur les bâtiments – factures d’énergie ou d’eau, informations de construction, en passant par l’exposition solaire, ou la proximité des transports en commun… – puis les utilise pour évaluer la performance environnementale des bâtiments, et proposer des améliorations.

La jeune pousse de 150 salariés, déjà installée en France, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie, table sur 200 recrutements en 2022, avant 400 en 2023, selon son cofondateur et directeur général Vincent Bryant. « Nous voulons nous renforcer en Europe » , « nous implanter aux États-Unis » et « réaliser des acquisitions d’acteurs concurrents qui sont de qualité mais plus petits que nous » , a indiqué à l’AFP le dirigeant de la société, Vincent Bryant. Elle a fait partie de la première promo de Green 20, ces 20 startups rès choyées par le gouvernement car positionnées sur les énergies propres de demain et la transition écologique. Elles bénéficient d’un accompagnement proche à celui du FT120

L’entreprise est suffisamment sûre d’elle-même pour publier son chiffre d’affaires, une décision rarissime chez les startups toujours très pudiques sur ce chapitre: 15 millions d’euros en 2021, et un doublement prévu à 30 millions d’euros en 2022. Les ventes sont portées par les contraintes réglementaires « de plus en plus nombreuses » en France et en Europe sur la qualité environnementale des bâtiments, a expliqué Vincent Bryant.

Tous les grands acteurs immobiliers « savent que s’ils n’ont pas des bâtiments qui sont performants d’un point de vue environnemental, il va y avoir des décotes (de valeur) sur leurs bâtiments » , a-t-il ajouté. En France, le « décret tertiaire » paru en 2019 oblige notamment tous les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m2 à prendre les mesures nécessaires pour réduire leur consommation d’énergie de 40% d’ici à 2030, 50% d’ici à 2040, et 60% d’ici à 2060.