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9 juin 2022
femme fintech
© Money20/20

6 femmes qui font la FinTech à travers l’Europe

En pleine expansion, l’industrie FinTech offre des perspectives inédites à tous. Problème : la représentativité des femmes au sein de cet écosystème demeure marginale. Tant en France, qu’en Europe et dans le monde. Certaines réussissent, cela dit, à tirer leur épingle du jeu.

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6 femmes qui font la FinTech à travers l’Europe
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Ce n’est une nouvelle pour personne : en 2022, les hommes tiennent encore majoritairement les ficelles de la FinTech européenne et mondiale. Les chiffres sont parlants. Dans le monde, seulement 12 % des entreprises du secteur ont été (co-)fondées par des femmes. À l’échelle de l’Europe, cela tombe à 5 %. Tandis qu’en France, elles ne sont que 12 % à occuper un poste de direction, et moins encore à en être les fondatrices (9 %). La raison ? La FinTech souffre de la combinaison de deux industries, la finance et la technologie, où les femmes sont historiquement sous-représentées. Cela étant, une petite poignée de fondatrices et cadres influentes parviennent à se frayer un chemin. À Amsterdam (Pays-Bas), certaines d’entre elles ont participé au Money 20/20, rendez-vous incontournable de la FinTech. Tour d’horizon.

Christine de Wendel (Sunday)

Christine de Wendel

Christine de Wendel est l’une des femmes qui comptent dans le milieu français de la tech. C’est l’une des rares à avoir occupé des postes de direction dans deux « licornes », ces jeunes entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars : d’abord Zalando, géant allemand du e-commerce spécialisé dans la mode, puis ManoMano, spécialiste du matériel de bricolage et de la décoration. En 2020, elle saute le pas en lançant sa propre entreprise. Associée à Victor Lugger (qu’elle a rencontré en suivant le programme Young Leaders de la French American Foundation) et Tigrane Seydoux, elle crée la startup Sunday, une application qui propose de payer l’addition sans avoir à se lever. Déjà utilisée par quelque 5 200 restaurants en France, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis – où elle a installé son siège social, peu après sa création – et au Canada, la FinTech opérera d’ici à l’été 2022 en Italie, au Portugal, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

Elizabeth Rossiello (AZA Finance)

elizabeth Rossiello

Elizabeth Rossiello est la fondatrice et présidente-directrice générale de la FinTech AZA Finance (anciennement BitPesa). Fondée à Nairobi (Kenya) mais basée à Londres (Royaume-Uni) depuis, AZA Finance permet aux entreprises de transférer de l’argent, d’échanger des devises, d’effectuer des paiements et de régler facilement dans toutes les principales devises africaines et du G20 (y compris les devises numériques). Femme engagée, Elizabeth Rossiello ambitionne d’élargir l’accès aux technologies financières. En 2022, elle figure dans le classement des 45 femmes les plus influentes de la FinTech, réalisée par Innovate Finance.

Anne Boden (Starling Bank)

Anne boden

Anne Boden est la fondatrice et présidente-directrice générale de Starling Bank, l’une des principales néobanques du Royaume-Uni. Depuis la création de Starling en 2014, l’entrepreneuse galloise est parvenue à faire de sa FinTech une banque de premier plan, nommée « meilleure banque britannique » quatre années de suite. Avec près de 3 millions d’utilisateurs et une part de marché de 8 % auprès des entreprises britanniques, Starling a réussi à se tailler une place dans le monde concurrentiel de la FinTech, et dégage un profit, ce qui est plutôt rare dans le secteur.

Considérée comme une leader d’opinion dans le secteur des technologies financières, Anne Boden défend la place des femmes entrepreneuses dans le monde très masculin de la finance, et a été nommée à la tête d’un groupe de réflexion sur le sujet par le gouvernement. Elle a d’ailleurs reçu en 2018 l’Ordre de l’Empire britannique pour ses services à la FinTech. L’entrepreneuse a pris la parole lors de Money 20/20 pour évoquer la menace potentielle que représentent les cryptomonnaies pour la sécurité du paiement.

Éléonore Crespo (Pigment)

Éléonore Crespo est l’une des nouvelles figures de proue de la French Tech. Ancienne cadre de chez Google et investisseuse chez Index Ventures, la jeune femme a co-fondé Pigment avec Romain Niccoli (ex-Criteo) en 2019. Concrètement, la startup a développé un logiciel Saas qui permet de planifier les finances des entreprises avec une approche de la donnée dynamique. La jeune pousse a connu une croissance rapide et a levé 21,3 millions d’euros en 2020, puis 63 millions supplémentaires un an plus tard.

Simone Maini (Elliptic)

simone maini

Simone Maini est la présidente-directrice générale d’Elliptic, spécialiste britannique de l’analyse des données sur la blockchain. Titulaire d’une licence en histoire de l’Université de Cambridge, la jeune femme a débuté sa carrière dans le monde financier traditionnel à la Deutsche Bank. Elle a ensuite passé quatre ans chez Kroll, une société de conseil en risques, avant de devenir COO d’Elliptic en 2016, puis CEO en avril 2020. Alors qu’elle martèle qu’il faut plus de mixité dans la FinTech, Simone Maini voit dans les cryptomonnaies un outil d’émancipation et d’autonomie financière pour les femmes.

Samantha Seaton (Moneyhub)

samantha seaton

Samantha Seaton est présidente-directrice générale de Moneyhub, une plateforme britannique qui fournit des solutions d’open banking, d’open finance et d’open data visant à permettre aux entreprises de transformer les données en expériences numériques personnalisées et d’initier des paiements. Engagée pour plus de diversité et d’inclusion dans la FinTech, la dirigeante croit que la technologie peut bel et bien améliorer le bien-être financier de tous.

Ce qui est sûr, c’est que Samantha Seaton n’a pas qu’une corde à son arc : en plus de piloter MoneyHub, elle est directrice non exécutive de la Charities Aid Foundation Bank, co-fondatrice d’Open51 (association des femmes qui s’engagent pour transformer les services financiers et construire la nouvelle économie numérique), et membre du conseil consultatif de The Big Exchange (plateforme d’investissement à impact).

Article écrit par Segolene Forgar
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