Après avoir levé 2 millions d’euros en 2022 pour déployer à grande échelle sa plateforme et recruter jusqu’à 50 salariés, la startup annonce une seconde levée de fonds. WeeFin, qui a mis au point une plateforme SaaS, vise à orienter les flux financiers vers des activités plus durables. « Nos clients sont des institutions financières. Grâce à notre outil, ils peuvent évaluer et analyser la durabilité des entreprises avec qui ils travaillent », précise Grégoire Hug, qui a notamment travaillé au sein du service R&D de BNP Paribas avant de créer sa société en 2018.

WeeFin, qui compte aujourd’hui 35 clients en Europe, comptabilisant plus de 4 454 milliards d’euros d’actifs sous gestion, vient de lever 7 millions d’euros en Série A auprès du fonds d’investissement européen Iris et de Ring Capital. Un tour de table - dont le montant total atteindra 10 millions d’euros incluant du non-dilutif en fin d’année - complété par ses investisseurs historiques, Asterion et Investir&+.

La réglementation européenne porte la croissance de la startup

Grâce à ces fonds, la société, qui a déjà un pied au Royaume-Uni et au Luxembourg, veut poursuivre son déploiement à l’échelle européenne. « Nous allons ouvrir un bureau à Londres, c’est une cible stratégique pour nous car les marchés financiers y sont très développés », indique Grégoire Hug. D’autant qu’avec sa sortie de l’Europe, le Royaume-Uni présente plusieurs spécificités et notamment une réglementation différente que la startup souhaite « suivre de près. » Mais WeeFin envisage également d’ouvrir d’autres bureaux dans les pays européens et, dans tous les cas, de déployer sa plateforme un peu partout sur le continent.

Car la réglementation européenne SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) de l’Union Européenne, en vigueur depuis 2021, porte la croissance de la startup. Elle vise à fournir plus de transparence en termes de responsabilité environnementale et sociale au sein des marchés financiers, à travers la publication d'informations extra-financières et la classification des différents fonds. Ce qui oblige les acteurs financiers à mieux cibler leurs investissements et les incite à utiliser des outils comme la plateforme de WeeFin.

Dans le domaine réglementaire, la France avait d’ailleurs pris une longueur d’avance. « C’est le premier pays où la réglementation a vu le jour. Ce qui a ensuite inspiré l’Union européenne. Ça nous permet d’avoir un temps d’avance », souligne Grégoire Hug qui envisage également de recruter une centaine de salariés dans les deux ans à venir, pour déployer son outil mais également l’améliorer. Car les thématiques ESG sont complexes et couvrent des données qui vont du climat à la biodiversité, en passant par l’égalité femmes-hommes ou les droits humains. « Elles nécessitent de traiter des data toujours plus hétérogènes, provenant de divers fournisseurs selon les sujets, les objectifs de suivi ou les normes locales. » En intégrant davantage d’informations, pour assurer d’autres types de reporting, avec l’appui de l’intelligence artificielle, WeeFin espère « couvrir tous les segments de la finance durable » et à terme devenir « la plateforme de référence dans le domaine. »