Slush renouvelle sa gouvernance. Après Aino Bergius, qui était aux commandes de la conférence finlandaise depuis janvier 2024, c’est Noora Saksa qui a été sélectionnée pour devenir la nouvelle CEO de cet événement phare pour la tech européenne. Âgée de 25 ans, elle était auparavant directrice financière et opérationnelle de Slush depuis deux ans. Elle a également été directrice des partenariats. Autant de fonctions qui lui ont permis d’accumuler l’expérience nécessaire pour diriger Slush.

Lancée en 2008, la conférence finlandaise est gérée depuis ses débuts par une poignée d’éditants qui se transmettent le flambeau au fil des années. A l’heure actuelle, elle est ainsi gérée par une équipe permanente d’une quarantaine de personnes et 1 600 bénévoles en amont et pendant l’événement. Cette fourmilière constitue aussi un incubateur de futurs entrepreneurs : 15 % des anciens membres de l’équipe de Slush ont fini par créer leur startup après avoir contribué à l’organisation de l’événement. Parmi eux, on retrouve notamment Miki Kuusi, co-fondateur de la plateforme de livraison de repas Wolt et actuel patron de Deliveroo.

Noora Saksa formule un vœu pour la tech européenne

Avec sa scénographie qui rappelle davantage celle d’un festival électro que d’un événement B2B, ses nombreux side-events, son atmosphère légère, son line-up impressionnant, sa taille humaine et les opportunités business qui y sont possibles, la conférence finlandaise détonne dans le paysage des événements tech européens. Selon les organisateurs, Slush a accueilli 13 000 participants en novembre dernier, dont 3 500 investisseurs et 6 000 entrepreneurs. C’est l’un des meilleurs ratios startup/investisseur dans le monde.

Dans ce contexte, Noora Saksa est bien consciente qu’elle et son équipe sont attendus au tournant pour cette édition 2026, qui aura lieu au Messukeskus (le parc des expositions d’Helsinki) les 18 et 19 novembre. Et au vu du climat géopolitique actuel, la nouvelle CEO estime qu’il est vital de valoriser les champions du Vieux Continent. «Pour l’avenir des Européens, nous ne pouvons pas nous contenter de la médiocrité. Les startups sont notre meilleur atout pour la croissance, et nous avons besoin de nouvelles réussites technologiques mondiales. Pas plus tard. Pas ailleurs. Ici. Maintenant», assure-t-elle. Avant d’ajouter : «L’objectif est simple : au moins deux entreprises technologiques européennes doivent figurer parmi les dix premières mondiales d’ici 2050 en termes de capitalisation boursière. Il ne s’agit pas d’un manque de potentiel, mais d’oser créer le meilleur environnement possible pour les startups.»

Pour créer cet environnement propice, Noora Saksa mise sur un cadre plus intimiste. Slush va ainsi légèrement restreindre sa jauge pour l’édition à venir en novembre prochain. «Nous réduisons de 10 % le nombre de participants afin de vous offrir une expérience plus personnalisée. Attendez-vous à un contenu plus pertinent et à des recommandations personnalisées de notre équipe pour optimiser votre temps», écrit l’équipe de la conférence finlandaise. Par conséquent, cela signifie que Slush accueillera vraisemblablement 11 700 participants en 2026, au lieu des 13 000 lors de la dernière édition. Une position qui correspond au souhait de conserver une taille humaine, pendant que d’autres événements font la course au gigantisme comme le CES de Las Vegas et le Gitex de Dubaï.