Nouvelle étape dans le développement de Fleet. Jusque-là auto-financée, la startup vient d’opérer un LBO pour accélérer sa croissance. Une opération d’une quarantaine de millions d’euros réalisée avec ISAI Expansion via son fonds ISAI Expansion III, qui permet d’offrir de la liquidité aux deux fondateurs, Sevan Marian et Alexandre Berriche (toujours actionnaires majoritaires), et aux salariés de l’entreprise. La société est désormais valorisée à 100 millions d’euros.
Née en 2019, elle a développé une plateforme numérique simplifiant la location, la gestion et le renouvellement du parc informatique des PME de 5 à 500 employés. Une manière pour ces entreprises de lisser leurs investissements IT dans le temps. Avec une équipe de seulement 45 salariés, Fleet indique être capable d’assurer des livraisons de matériel informatique dans plus de 120 pays en moins de 48 heures. La société compte près de 2 000 clients, à l’image de la licorne suédoise Lovable et de la startup tricolore 900.care. Elle opère dans une dizaine de pays en Europe, ainsi qu’aux États-Unis. Quant à son chiffre d’affaires, il s’élève à 30 millions d’euros, avec une croissance de l’activité qui a bondi de 92 % en 2025.
Pour améliorer la gestion du parc informatique des PME, l’entreprise tricolore a travaillé avec OpenAI pour concevoir une solution d’assistance IT intelligente renforcée à l’IA. Cet agent d’externalisation informatique directement intégré au SaaS de Fleet permet notamment de proposer des recommandations personnalisées et une aide à la décision pour le choix des ordinateurs lors de l’intégration d’un employé, de faciliter la connexion des systèmes d’information des ressources humaines, de mettre en place un suivi simplifié des commandes et des livraisons, ou encore de répondre aux questions des employés en matière d’informatique.
«Nous avons choisi un autre chemin»
Si la société était déjà sur une bonne trajectoire depuis sept ans, Alexandre Berriche et Sevan Marian ont estimé que le moment était opportun pour changer de braquet et se donner les moyens d’atteindre un objectif ambitieux : générer 100 millions d’euros de revenus d’ici quatre ans. «Cette opération marque une étape importante pour Fleet», confirme Sevan Marian, co-fondateur et CEO de Fleet. «On a vu des concurrents avec de moins bonnes performances qui ont levé des fonds. Nous avons choisi un autre chemin et c’était une bonne décision. Cela a permis de structurer l’entreprise. Mais je pense que c’est assez sain qu’il y ait de temps en temps un moment de financement. En plus, ce LBO est une opportunité pour offrir de la liquidité à celles et ceux qui ont permis à l’entreprise d’arriver là où elle est là aujourd’hui», se réjouit pour sa part Alexandre Berriche, qui est sorti de l’opérationnel il y a un an en passant de directeur général à président de Fleet.
Pour accroître son rayonnement à l’international et développer des services additionnels autour de son cœur d’activité, la société entend s’appuyer sur cette opération pour étoffer ses effectifs. Une vingtaine de recrutements sont ainsi prévus cette année. Néanmoins, les dirigeants n’ont pas la folie des grandeurs, et s’ils se disent «assez ouverts à faire build-up», se tourner vers la croissance externe n’est pas une priorité. Il faut dire que la trajectoire de la société depuis sa création en 2019, sans avoir levé de fonds, n’invite pas franchement à changer brutalement les ingrédients d'une recette qui a largement porté ses fruits depuis sept ans.