La French Tech va-t-elle enfin devenir un pourvoyeur de champions pour la Bourse de Paris ? La Caisse des Dépôts (CDC), bras financier de l'État, a annoncé jeudi son souhait de «faire émerger des champions européens du numérique», en participant à l'introduction en Bourse de 5 à 10 entreprises de la French Tech d'ici 2030, dans le cadre plus large d'un plan de 18 milliards d'euros autour du numérique.

«L'Europe ne peut plus subir la compétition technologique mondiale : la souveraineté numérique est un impératif stratégique», a déclaré le directeur général de cette institution financière publique, Olivier Sichel. «Nous faisons le choix d'investir, de coopérer et de faire émerger des solutions souveraines, pour protéger nos données et renforcer notre puissance», a-t-il dit.

Le Next 40 comme rampe de lancement ?

L'introduction prochaine en Bourse de licornes françaises a longtemps été un vœu pieux, avec en toile de fond un attrait des places de marchés américaines plus fort que celui de la Bourse de Paris. Beaucoup de sociétés non-cotées, détenues principalement par des fonds d'investissement, attendent la bonne fenêtre pour se lancer. Le programme «Next 40» d'accompagnement par l'État, qui inclut notamment le géant du rendez-vous médical en ligne Doctolib, la société de services financiers pour les entreprises Qonto ou encore le spécialiste des portefeuilles sécurisés de cryptomonnaies Ledger, résonne d'ailleurs avec l'indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40.

La Caisse des Dépôts souhaite par ailleurs «accélérer la transition numérique des territoires», via la Banque des Territoires, et «rendre les Français acteurs de leur quotidien numérique, en facilitant l'accès aux services numériques du quotidien» et en en proposant de nouveaux. Elle débloque pour cela une enveloppe de 18 milliards d'euros d'ici 2030, dans le cadre d'un plan baptisé «Horizon Numérique 2030». Une tranche est réservée à son propre développement numérique, comme en témoigne l'annonce d'un contrat avec le groupe informatique Sopra Steria en vue du «déploiement» et de «l'adoption des meilleurs outils d'intelligence artificielle générative au sein du groupe».

La modernisation des outils numériques de la Caisse des Dépôts est un combat de longue date pour Olivier Sichel. Peu après son arrivée en 2018, le dirigeant avait mis maladroitement en avant sur BFM Business sa volonté «d'emmener» l'institution «dans le XXIe siècle», évoquant le défi du numérique pour des salariés en moyenne plus âgés et la mise à disposition prochaine d'outils comme une messagerie, un réseau social, un annuaire et «un intranet qui fonctionne».