En matière d’entrepreneuriat, les femmes sont encore largement sous-représentées, mais la dynamique est encourageante. C’est ce qui ressort du baromètre 2025 de l’entrepreneuriat féminin réalisé par Infogreffe, le groupement d’intérêt économique (GI.E) des greffes des tribunaux de commerce français.

Dévoilée en marge de la Journée internationale des droits des femmes, cette étude vise à dresser le portrait des femmes qui créent et développent des entreprises en France. Pour cela, Infogreffe a épluché les données issues des greffes des tribunaux de commerce du 1er janvier au 31 décembre 2025, avant de les comparer à l’année précédente.

Les femmes entreprennent à 40 ans en moyenne

Ainsi, Infogreffe indique que les femmes représentent 31,1 % des immatriculations, pour un total de 231 053 entreprises créées, un pourcentage en hausse de 12,7 % par rapport à 2024. En analysant les dirigeantes à la tête de ces entreprises, la structure révèle que le profil type d’une entrepreneuse est une femme de 40,1 ans, un peu plus jeune qu’en 2024 (41 ans). Néanmoins, cet âge moyen reste un peu plus élevé par rapport aux entrepreneurs masculins (39,3 ans). «L’écart demeure faible et confirme un rapprochement progressif des parcours entrepreneuriaux», observe Infogreffe.

«Les données 2025 confirment que l’entrepreneuriat féminin est installé, structuré et diversifié. Les femmes entreprennent à 40 ans en moyenne, investissent tous les secteurs et participent activement aux modèles d’entreprise à impact. La donnée certifiée permet aujourd’hui d’objectiver cette réalité économique», estime Jean Christrophe, directeur d’Infogreffe.

Un chiffre d’affaires loin de la moyenne

Cette analyse est cohérente avec l’analyse de l’entrepreneuriat féminin réalisée par la cabinet d’expertise comptable en ligne Dougs. Ce dernier, qui a passé au peigne fin les données de 4 129 entrepreneuses clientes, indique qu’une entrepreneuse a, en moyenne, entre 35 et 44 ans. «L’entrepreneuriat représente pour certaines une seconde carrière mais aussi un modèle plus flexible», souligne Dougs.

Le cabinet révèle aussi que le chiffre d’affaires médian annuel des entrepreneuses s’élève à 26 330 euros, quand le chiffre d’affaires moyen annuel atteint 61 979 euros. Par conséquent, les femmes se tournent davantage vers le statut de micro-entreprise (67 % selon l’Insee). La SASU est également plébiscitée pour celles qui veulent structurer davantage leur activité (45 % d’après les profils féminins analysés par Dougs).

De son côté, Infogreffe indique les femmes représentent 36 % des entreprises individuelles, 36,5 % des SCI et 23,7 % des SAS. «Ces données confirment une présence qui ne se limite plus aux structures les plus simples et traduisent une montée en puissance dans des montages juridiques plus structurés», analyse la structure.

Les services et l’impact comme secteurs plébiscités

Quant aux secteurs où l’on retrouve le plus d’entrepreneuses, celui des services (59,3 %) arrive très largement en tête. La santé humaine et de l’action sociale (54,6 %) et de l’administration publique (51,9 %) sont les autres secteurs où il y a le plus d’entreprises créées par des femmes. Le secteur de l’administration publique enregistre la plus forte progression annuelle, avec un bond de 133,3 % sur un an. Des progressions sont aussi à saluer dans les arts, spectacles et activités récréatives (+23,4 %), l’enseignement (+22,4 %), le commerce et la réparation automobile (+18,2 %) et l’industrie manufacturière (+14,1 %). Dans cette dernière, les femmes représentent désormais 49,3 % des créations.

L’entrepreneuriat est également bien représenté dans les projets à impact. Les entreprises créées par des femmes représentent ainsi 30,4 % des entreprises de l’Économie sociale et solidaire, soit 765 structures (+22 % en un an). Elles sont également à la tête de 32,4 % des entreprises à mission, soit 285 entreprises.

Dans un registre moins joyeux, les entrepreneuses représentent 27,1 % des sociétés radiées, soit 131 102 entreprises. Dans le détail, leur part s’élève à 23,3 % des ouvertures de procédures collectives (16 478 procédures, +4,5 %) et à 16,9 % des injonctions de payer, soit 27 593 décisions (+1,4 %).