Après avoir fait sensation l’an passé à VivaTech, HABS veut passer la vitesse supérieure en 2026. En attendant la prochaine édition de la grand-messe technologique Porte de Versailles en juin prochain, la deeptech française, qui décrypte les ondes cérébrales pour détecter les émotions en temps réel, annonce une collaboration avec Microsoft autour de l’IA neurocognitive.
En effet, l’enjeu pour HABS est d’aboutir à des systèmes capables de comprendre et de s’adapter à l’état cognitif réel de l’utilisateur. Une ambition qui nécessite de s’associer à des partenaires industriels pour qu’elle se concrétise.
«HABS devient une stack de l’IA»
Cette alliance avec Microsoft revêt un volet technique. Ainsi, cette collaboration va notamment permettre à HABS d’accéder à une puissance de calcul importante avec 80 GPU H200 pour entraîner les modèles IA. Une consommation de GPU qui doit se matérieliser par un token interne appelé HPU (Human Processing Unit).
Cela va aussi donner la possibilité à la société tricolore de bénéficier d’un support technique et ingénierie pour accompagner la scabilité de cette nouvelle architecture destinée à soutenir cet écosystème naissant de l’IA neurocognitive. «L’orientation qu’on prend fait que HABS devient une stack de l’IA», souligne Olivier Locufier, fondateur et CEO de HABS.
Intégration dans l’écosystème de Microsoft
Microsoft constitue également un puissant levier d’accélération sur le plan commercial. Et pour cause, l’alliance va permettre à HABS d’intégrer sa technologie Neuro-IA au sein de l’écosystème du géant américain. Microsoft Foundry, Microsoft Fabric, Microsoft 365 Copilot, Azure et son catalogue de modèles, ou encore Windows et son écosystème d'appareils sont ainsi les terrains de jeu ciblés. Pour l'heure, il s'agit d'intégrations exploratoires pour étudier les opportunités dans ce nouveau champ d'action de l'IA. «En travaillant avec HABS sur les plateformes IA, cloud et data, nous ne répondons pas seulement aux défis actuels, nous posons les bases d’une nouvelle ère dans laquelle l’IA comprend mieux le contexte et l’intention», estime Adir Ron, directeur cloud et IA pour les startups et ISV (Independent Software Vendor) dans la région EMEA chez Microsoft.
HABS étudie aussi la co-conception de produits avec la firme de Mountain View. Une option qui s’inscrit dans une volonté plus large de créer des laboratoires communs avec des industriels, comme Microsoft, pour développer de nouveaux neuromarqueurs. Une démarche qui vise à innover et à enrichir la base technologique avec des cas d’usage concrets. «Nous ouvrons la voie à une nouvelle génération d’IA fondée sur les signaux cognitifs en temps réel, capable de s’adapter au contexte et de renforcer la prise de décision dans des environnements critiques», se réjouit Olivier Locufier.
Nouvelle levée de fonds en ligne de mire
En s’associant à des acteurs comme Microsoft, HABS espère ainsi se positionner comme l’un des fers de lance mondiaux de l’IA neurocognitive. Un domaine naissant qui peut être notamment utile dans les secteurs de la santé, de la cybersécurité, de la relation client ou encore des systèmes d’aide à la décision.
Face au potentiel à exploiter, la société tricolore cherche à boucler une nouvelle levée de fonds d’ici la fin du premier semestre 2026. «2025 a été l’année de la confirmation du marché. 2026, c’est l’année officielle de la mise en place de la Neuro-IA sur le marché», résume le patron de HABS. L’ère des systèmes d’IA responsables et conscients de l’humain n’en est donc encore qu’à ses balbutiements.