Initialement développée pour les besoins du groupe Leroy Merlin, Kestra est une plateforme d’orchestration open source qui permet de piloter les processus automatisés au sein des entreprises. Concrètement, il s’agit de coordonner des workflows complexes mêlant data, infrastructure, IA et opérations métiers. Derrière un paiement, une analyse de fraude ou un pipeline d’IA, des dizaines d’étapes s’enchaînent, souvent réparties entre plusieurs systèmes et équipes.

La startup annonce aujourd’hui une levée de 25 millions de dollars en Série A, menée par RTP Global, avec la participation d’Alven, ISAI et Axeleo. L’opération porte le financement total à 36 millions de dollars et intervient dix-huit mois après un premier tour seed de 8 millions de dollars.

Une levée portée par une traction rapide et un positionnement open source

Depuis son précédent tour de table, Kestra revendique une accélération marquée de son activité. La société indique avoir multiplié ses revenus par 25 et exécuté plus de 2 milliards de workflows en 2025, soit une croissance de 20 fois sur un an. « Nous avons multiplié notre revenu par 25 en un peu plus d’un an, ce qui traduit une adoption très forte de la plateforme », souligne Emmanuel Darras, CEO et cofondateur de Kestra.

Cette dynamique explique en grande partie le timing de la levée. « L’année 2025 a été une année d’accélération très forte, à la fois sur l’open source et sur le business », explique Emmanuel Darras. « Nous avons signé plusieurs grands comptes, ce qui a validé notre positionnement et attiré l’attention des investisseurs », ajoute-t-il.

Le tour de table s’est structuré rapidement, porté par cet effet de traction. « Nous avons été approchés assez vite par des fonds. L’enjeu pour nous était aussi de faire entrer un nouvel investisseur capable de nous ouvrir des portes, notamment en Amérique du Nord et en Asie », précise Emmanuel Darras.

Cette dynamique repose sur un modèle désormais bien identifié dans l’infrastructure logicielle : une adoption initiale en open source, portée par les équipes techniques, puis une monétisation progressive au niveau de l’entreprise. 

La startup s’appuie désormais sur un portefeuille de clients grands comptes, parmi lesquels JPMorgan, Toyota, Deutsche Telekom, Bloomberg ou Crédit Agricole. « Ce sont des organisations pour lesquelles la fiabilité et la sécurité des automatisations sont déterminantes », insiste-t-il.

Ce positionnement s’inscrit dans un contexte de transformation rapide des systèmes d’information, notamment sous l’effet de l’IA. « L’orchestration devient un sujet central, car il faut être capable de piloter des enchaînements de plus en plus complexes entre données, infrastructures et modèles », observe Emmanuel Darras.

Produit, cloud et expansion internationale au cœur de la feuille de route

Avec cette Série A, Kestra entend accélérer sur plusieurs fronts. D’abord sur le produit, avec le lancement d’une offre cloud managée et le développement de Kestra 2.0, un nouveau moteur d’exécution distribué. « Nous préparons une nouvelle version de la plateforme, avec un moteur plus scalable et davantage d’observabilité », indique Emmanuel Darras.

L’entreprise prévoit également de doubler rapidement ses effectifs, pour passer d’une cinquantaine à une centaine de collaborateurs, et renforcer sa présence commerciale en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. « L’enjeu est désormais de reproduire les succès obtenus et d’accélérer leur diffusion à plus grande échelle », explique le dirigeant.

Au-delà des enjeux technologiques, cette levée doit aussi servir à structurer la notoriété de Kestra sur un marché encore en construction. « Cette opération envoie aussi un signal au marché sur la solidité de nos fondamentaux », conclut Emmanuel Darras.