Avec des dermatologue saturés qui peinent à absorber le flux de patients, avoir un rendez-vous peut souvent prendre de longs mois. Or quelques semaines ou mois peuvent faire la différence dans la détection des cancers de la peau. Dans ce contexte, de plus en plus de medtechs tentent d’adresser cette problématique.

C’est le cas notamment de SquareMind, une jeune pousse qui a développé une plateforme d’imagerie dopée à l’intelligence artificielle ainsi qu’un robot pour scruter la peau des patients. Aujourd’hui, la société annonce avoir levé 18 millions de dollars. L’opération a été menée par le fonds Deeptech 2030, géré pour le compte de l’État par Bpifrance, et le fonds américain Sonder Capital, fonds de venture capital lancé par Fred Moll, un spécialiste de la robotique médicale et fondateur d’Intuitive Surgical. Adamed, Calm/Storm Ventures et Teampact Ventures sont également de la partie.

Un robot pour cartographier la surface cutanée

Fondée en 2019 par Ali Khachlouf et Tanguy Serrat, l’entreprise tricolore développe plusieurs solutions pour épauler les dermatologues dans l’examen de la peau de leurs patients. L’objectif est de leur faire gagner du temps et de la précision dans le diagnostic. «Notre technologie agit comme un compagnon : elle contribue à réduire la charge cognitive, optimise le temps médical et facilite une documentation complète, permettant aux médecins de se concentrer sur la prise en charge des patients et la décision clinique», indique Ali Khachlouf, co-fondateur et CEO de SquareMind.

Son fer de lance est le robot d’imagerie Swan. Avec son bras articulé, celui-ci est en mesure de passer au peigne fin en quelques minutes l’intégralité de la surface cutanée pour la numériser et la cartographier. Les images collectées sont ensuite analysées automatiquement par un logiciel d’IA pour identifier d’éventuelles anomalies. Cela permet aussi d’assurer un suivi de l’apparition ou de l’évolution des grains de beauté dans le temps. Le robot, qui coûte près de 200 000 euros, peut être acheté par des établissements de santé ou loué pour des praticiens et structures plus modestes.

SquareMind compte s’appuyer sur sa levée de fonds pour lancer la commercialisation de Swan, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. C’est aussi un levier pour étoffer les équipes commerciales, d’ingénierie et de support client. Sur le marché, la société évolue aux côtés d’autres acteurs, comme DermaScan, une startup née chez Hexa qui veut créer des centres spécialisés dans le dépistage du cancer de la peau. Le projet a notamment séduit Céline Lazorthes (Resilience) et Jean-Charles Samuelian (Alan).