Après le pic exceptionnel de mars (1,512 Md€ dopés par AMI Labs), avril fait figure de retour sur terre : -75% en montants d’un mois sur l’autre. La comparaison avec février 2026 (406,9M€) montre également un léger recul (environ -8%). Autrement dit : avril n’est pas un effondrement, mais un mois plus modeste, sans locomotive au sommet du classement.
Sur un an, l’écart est plus net : avril 2025 affichait 590M€. L’écosystème lève donc beaucoup moins qu’il y a un an à la même période avec, là encore, une explication simple : en 2026, le podium reste contenu (50M€ au plus haut) et aucun tour de croissance n’est venu gonfler la statistique.
La répartition par stades confirme cette idée : en avril, on recense 27 amorçages, 12 séries A et 6 séries B, sans série C ni late stage. Même dans le mois le plus faible de 2026 en valeur, les tours intermédiaires restent nombreux (18 opérations en A/B). À l’inverse, l’absence totale de late stage explique ces 375M€ : ce mois-ci, la French Tech finance surtout l’early et le mid-stage, sans ces très gros tickets qui, certains mois, permettent de changer d’échelle. Par ailleurs, le ticket moyen s'établit à 8,3M€, contre 40,8M€ en mars, 11,3M€ en février et 18,2M€ en janvier.
L’IA recule après mars, mais reste bien présente
Ce mois-ci, 13 startups ayant recours à l’IA ont levé 88,1M€, soit environ un quart des montants d’avril. Le mois précédent, l’IA représentait près des trois quarts du total, portée par AMI Labs. En avril, on revient à un niveau plus habituel, comparable à certains mois de 2025 hors pics.
Les principales levées IA du mois dessinent un tableau plus diffus, avec plusieurs tickets intermédiaires : Kestra (21,7M€), SquareMind (15,4M€) et Audion (13M€) en tête. Derrière on retrouve des levées plus modestes avec HrFlow.ai (6M€), Cobl (6M€), SCorp-io (5M€) ou encore AI6 Technologies (4M€. Autrement dit : moins de flambée statistique et plus de granularité.
Voici les levées de fonds des startups ayant recours à l'IA ce mois-ci :
Deeptech en tête et un peloton très serré derrière
Côté secteurs, avril est beaucoup plus lisible que mars : pas de domination écrasante d’une seule verticale, mais une hiérarchie où plusieurs secteurs se tiennent en ordre dispersé. La deeptech arrive nettement en tête avec 94,8M€, portée par deux opérations structurantes (Aura Aero et Univity notamment), ce qui suffit à faire la différence dans un mois sans méga-tour.
Derrière, quatre secteurs se tiennent dans un mouchoir de poche :
- Divertissement & loisirs (38,6M€) : un score élevé qui rappelle que l’entertainment peut encore produire de vrais tickets quand une ou deux opérations se concrétisent.
- IT & IA (30,2M€) : un niveau sans comparaison avec les mois précédents (0M€ en mars, 4M€ en février et 13,8M€ en janvier)
- Greentech (26,6M€) : le secteur se maintient dans le haut du tableau, après un mois de février très performant (81,3M€).
- Biotech (26,3M€) : une présence solide, dans la continuité d’un retour en grâce des sciences de la vie sur les derniers mois.
Île-de-France toujours dominante
Sur le plan géographique, l’Île-de-France capte 298,7M€, soit près de 80% des montants, avec 27 opérations. La région reste donc largement dominante, mais la concentration est bien moins extrême qu’en mars (où l’IDF représentait 97% du total).
Derrière, l’Auvergne-Rhône-Alpes (28M€) se distingue, notamment via ROSI et plusieurs tours medtech/biotech. La Bretagne s’invite grâce à un seul deal significatif (Agriodor, 15M€). Les Hauts-de-France cumulent 10M€ sur deux opérations, la Nouvelle-Aquitaine 8,5M€, la Bourgogne-Franche-Comté 6,7M€, tandis que PACA (4,3M€), Centre-Val de Loire (1,7M€), Normandie (1,1M€), Grand Est (0,5M€) et Pays de la Loire (0,5M€) ferment la marche avec des tickets très modestes. Au total, on retrouve 11 régions représentées, signe d’une diffusion géographique plus large qu’en mars, même si l’essentiel de la valeur reste centralisé.