Jolie prise pour C12. En effet, la startup spécialisée dans le calcul quantique annonce l’arrivée de Julien Sarry pour prendre la tête de son équipe d’ingénierie. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, le Français pourra s’appuyer sur plus de 15 années d’expérience dans la photonique et le technologie LiDAR, une technologie de télédétection prisée dans le secteur des véhicules autonomes notamment pour utiliser la lumière laser dans l’optique de mesurer la distance entre le capteur et une cible, qui peut être aussi bien une personne qu’un objet.

Julien Sarry s’est surtout fait remarquer en travaillant 8 ans pour Apple. Au siège de la firme américaine à Cupertino, au cœur de la Silicon Valley, l’ingénieur français a piloté l'intégration des modules LiDAR et caméra qui ont équipé plusieurs générations d'iPhone Pro et d'iPad Pro. Auparavant, il avait aussi fondé une startup centrée également sur les systèmes LiDAR qui avait tapé dans l’œil de l’entreprise finlandaise Vaisala, spécialisée dans les instruments de mesure environnementale. «Pendant des années, j'ai industrialisé des technologies de détection parmi les plus avancées au monde, jusqu'à les produire à très grande échelle. Le quantique est aujourd'hui à un tournant comparable : la science est là, tout l'enjeu est désormais de la rendre fabriquable, fiable et reproductible», explique Julien Sarry.

Basculer vers la phase d’industrialisation

L’arrivée de l’ingénieur tricolore est l’un des nombreux recrutements opérés par C12 ces derniers mois pour accélérer la cadence. La société compte désormais 80 collaborateurs, contre 45 il y a un an, et vise la barre des 120 d’ici la fin de l’année. Ces salariés, dont certains proviennent de la Nasa et d’OVHcloud, représentent 27 nationalités. Un foisonnement qui illustre la force d’attraction de C12 et plus globalement de l’écosystème quantique français alors qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer une rallonge d’un milliard d’euros pour la filière.

Dans ce contexte, C12 estime que le moment est venu de basculer de la recherche quantique vers la production industrielle. «L'industrialisation est le vrai défi de l'informatique quantique : c'est elle qui sépare la promesse scientifique du produit. Peu de gens au monde savent faire passer une technologie de rupture du laboratoire à la production de masse. Julien l'a fait chez Apple, à l'échelle de centaines de millions d'appareils», souligne Pierre Desjardins, co-fondateur et CEO de C12, pour justifier le recrutement de l’ingénieur français. «En rejoignant C12, il met cette expertise rare au service de notre feuille de route : un calculateur quantique universel tolérant aux fautes d'ici 2033, construit génération après génération. Son arrivée accélère notre passage de la recherche à la fabrication», ajoute-t-il. Pour financer ses ambitions, la société a notamment levé 18 millions d’euros en 2024 et décroché une subvention d’innovation de 13,9 millions d’euros en 2025 dans le cadre du plan France 2030.

Avant C12, Doctolib a également réussi il y a quelques mois à s’offrir deux cadors de la Silicon Valley. Le fer de lance de la French Tech dans la santé s’est ainsi attaché les services de Pierre Fite-Georgel (ex-Niantic) et d’Alexandre Sahyoun (ex-Meta) respectivement aux postes de VP Ingénierie et de VP Produit. La preuve que l’Hexagone a des arguments à faire valoir face à la légendaire Silicon Valley, surtout pour des Français expatriés depuis longtemps dans la région de San Francisco et qui ont envie de mettre au service de l’écosystème tricolore ce qu’ils ont appris lors de leurs années dans le moteur de la tech américaine.